13 juin 2008
Service d'information du département d'État
Les candidats à l'élection présidentielle de 2008 diffèrent quant à leurs positions relatives à diverses questions politiques. Cependant, ils sont tous de l'avis que, parmi tous les défis auxquels les États-Unis sont confrontés, celui du changement climatique est d'une importance incontournable.
En juin, le sénat américain entamera un débat général sur la Loi sur la sécurité climatique des États-Unis, dont les auteurs sont MM. John Warner, sénateur républicain de la Virginie, et Joe Lieberman, sénateur indépendant du Connecticut.
Pour répondre aux inquiétudes croissantes suscitées par le changement climatique, la loi sur la sécurité climatique établirait un système appelé « cap and trade » ; c'est-à-dire un mécanisme de « plafonds et échanges » qui fonctionne de la manière suivante :
Une limite est fixée à la pollution que peut produire une entreprise donnée. Dans le cadre de cette limite, l'entreprise possède donc, en quelque sorte, un « droit de polluer ». Si l'entreprise arrive à réduire ses émissions en-deça de la limite, elle peut alors vendre ses « droits » restants à une autre entreprise qui n'y arrive pas, où pour laquelle les travaux de réduction de la pollution coûteraient trop cher. Ainsi ce système permet aux entreprises de contrôler leurs dépenses tout en satisfaisant à un plafond global d'émissions.
Les défenseurs du système affirment qu'il ferait progresser les technologies d'énergie propre, qu'il éviterait aux Américains de classes ouvrière et moyenne de devoir payer des prix élevés pour l'énergie, et qu'il garderait un grand nombre de métiers désirables à l'intérieur des États-Unis. Plusieurs groupes environnementaux importants se sont déclarés favorables à la Loi sur la sécurité climatique.
Ses détracteurs, cependant, craignent que l'imposition d'une réduction d'émissions de gaz à effet de serre puisse se traduire par une hausse du coût de l'électricité et de l'énergie, et donc par des conséquences néfastes sur l'économie américaine. Comment maintenir l'équilibre entre une économie nationale stable et la transition vers l'énergie propre sera sûrement une des questions majeures évoquées lors des débats présidentiels à venir.
Une chose est certaine : que ce soit un républicain ou un démocrate qui remporte l'élection en novembre, le prochain président appuiera des mesures visant à freiner le réchauffement climatique. L'approche choisie dépendra du candidat et de sa position relative aux divers moyens de répondre à ce défi.
Mme Hillary Clinton, qui a uni ses forces à celles de M. Barack Obama à la fin de la campagne des primaires, a proposé d'instaurer une économie dite « verte » qui produirait plus de 5 millions d'emplois. Elle a également prôné l'accroissement des investissements dans les sources d'énergie renouvelables, la réduction de la consommation d'électricité et l'adoption de meilleures normes de consommation d'essence pour les véhicules.
M. John McCain a qualifié d'obligation patriotique le maintien de la salubrité de l'air et de l'eau, ainsi que l'exploitation durable des terres. Il est favorable à l'emploi des lois du marché pour accélérer la commercialisation des technologies avancées telles que l'énergie nucléaire. M. McCain est l'auteur principal d'une proposition sénatoriale qui vise à réduire les émissions de gaz carbonique de 65 pour cent d'ici l'an 2050. Il est d'avis que le changement climatique représente une question de sécurité nationale.
Selon M. Barack Obama, le gouvernement des États-Unis est responsable des conditions climatiques et environnementales pour les générations futures. Il a proposé d'investir 150 milliards de dollars durant la décennie à venir dans le développement des biocarburants et dans la promotion des énergies renouvelables. M. Obama chercherait aussi à créer un Forum mondial sur l'énergie qui rassemblerait les principaux pays consommateurs pour favoriser les discussions internationales sur ce thème.