Environnement | Protéger les ressources naturelles

21 juillet 2008

Des ministres africains s'engagent à maintenir la sécurité dans les parcs de la région des Virunga

La protection de la nature et le tourisme dans la région des Virunga en Afrique

 
Un gorille des Virungas.
Un gorille du parc national des Virunga en RDC. Il ne reste plus que 700 gorilles en Afrique.

Washington - Les ministres du tourisme et de l'environnement de l'Ouganda, de la République démocratique du Congo (RDC) et du Rwanda se sont engagés à protéger les réserves de faune et de flore et à développer le tourisme dans la région des Virunga.

Ils ont pris cet engagement lors de la clôture de la réunion ministérielle qui s'est tenue les 14 et 15 juillet à Gisenyi (Rwanda) et à laquelle ont également participé des délégués d'organismes de protection de la nature, d'administrations locales et de pays donateurs, dont les États-Unis.

La grande zone transfrontalière des Virunga (Greater Virunga Transboundary Landscape) comprend un certain nombre de parcs nationaux et de réserves naturelles situées en Ouganda, en RDC et au Rwanda. Le parc national des Virunga qui se trouve en grande partie en RDC est le lieu de conflits armés entre des rebelles et l'armée congolaise, ainsi que du trafic de charbon de bois qui encourage l'abattage d'arbres et l'empiètement de la population.

Selon la secrétaire d'État adjointe des États-Unis aux océans et aux affaires écologiques et scientifiques internationales, Mme Claudia Murray, qui a participé à cette réunion, « il est essentiel de chasser du parc national des Virunga les groupes de miliciens qui font peser une menace tant sur la population que sur la faune et la flore sauvages. Si la sécurité ne règne pas, la croissance économique suscitée par le tourisme et par les investissements réalisés dans d'autres domaines n'aura pas lieu ».

Depuis 2003, les États-Unis contribuent au développement économique et aux mesures de protection dans la grande zone des Virunga par l'intermédiaire de deux programmes de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) : le programme pour l'environnement en Afrique centrale et le partenariat des forêts du bassin du Congo.

Des écosystèmes et une population de gorilles en danger

La région des Virunga abrite des gorilles des montagnes, dont le nombre représente la moitié des quelque 700 gorilles vivant encore à l'état sauvage en Afrique. Les trafiquants de charbon de bois auraient tué délibérément 7 gorilles dans le parc national des Virunga en 2007. Cette région est riche sur le plan de la diversité biologique ; elle compte 43 % des espèces d'oiseaux de l'Afrique, 27 % de ses mammifères et 414 écosystèmes d'espèces endémiques situés tant dans les montagnes et les forêts que dans les savanes et les marécages.

Les montagnes des Virungas.
Un champs de maïs au pied d'une montagne des Virunga, un des seuls habitats restant des gorilles de montagne.

Préoccupés par l'activité des rebelles en RDC, les ministres ont déclaré que leurs gouvernements maintiendraient la sécurité dans les zones protégées situées de part et d'autre de leurs frontières. Outre des soldats et des gardes forestiers, des casques bleus de l'ONU se trouvent actuellement dans cette région.

Les milices et les trafiquants de charbon de bois empêchent les gardes forestiers, qui ont peu de moyens financiers et qui sont mal équipés, d'exercer leur métier dans la plus grande partie du parc national des Virunga.

Les ministres et des représentants d'organismes de protection de la nature ont envisagé les moyens d'augmenter les investissements dans l'infrastructure touristique et d'attirer un plus grand nombre de personnes désireuses de faire du tourisme vert. À cause de la violence actuelle en RDC, le tourisme se limite en grande partie au Rwanda et à l'Ouganda. Selon l'agence de presse Associated Press, plus de 12.000 touristes se rendent chaque année au Rwanda pour voir les gorilles des montagnes et payent quelque 500 dollars par personne à cet effet.

La pauvreté de la population locale constitue un autre problème qui a une incidence sur les réserves naturelles. Il importe de maintenir la sécurité dans les parcs nationaux de sorte que le tourisme puisse prendre de l'ampleur et fournir des moyens durables de subsistance aux familles habitant dans la région.

L'empiètement de la population sur l'habitat des animaux sauvages est aussi un problème auquel se heurtent les responsables des réserves naturelles situées dans les pays en développement, en particulier lorsque les besoins du nombre croissant d'habitants sont supérieurs aux ressources naturelles existantes. L'habitat des gorilles des montagnes dans la région des Virunga est actuellement détruit par les trafiquants de charbon de bois qui ne cessent d'abattre des arbres pour satisfaire la demande croissante de leurs clients.

La réunion ministérielle a été très fructueuse

Mme McMurray a déclaré à la presse, à Kigali (Rwanda), que la mort des 7 gorilles en 2007 était un des symptômes de l'instabilité créée par la présence de groupes de rebelles, plutôt que par le braconnage qui malheureusement avait encore lieu dans certaines zones. Les États-Unis, a-t-elle dit, craignaient que les mesures de protection mises en œuvre depuis longtemps, de concert avec la RDC, le Rwanda et l'Ouganda, soient mises à mal, tout comme les gorilles des montagnes et les habitants de zones limitrophes du parc national des Virunga.

La réunion ministérielle, a-t-elle dit, s'est attaquée carrément à ces questions et elle a été très fructueuse. Dans leur déclaration, les ministres se sont engagés à faciliter les investissements dans le secteur du tourisme et dans l'infrastructure de manière à réduire la pauvreté et à encourager la croissance économique.

« Fait très important, les ministres ont souligné la nécessité de la sécurité et de la stabilité dans le parc national des Virunga si l'on voulait y accroître l'activité économique », a-t-elle indiqué en ajoutant que les États-Unis étaient résolus à poursuivre la réalisation de ces objectifs de concert avec la République démocratique du Congo, le Rwanda et l'Ouganda.

« Nous comptons, a-t-elle ajouté, collaborer avec d'autres partenaires de la communauté internationale pour nous fonder sur les travaux de la réunion de cette semaine de manière à veiller à ce que les ressources précieuses de cette région, en tout particulier les gorilles des montagnes qui sont rares, puissent se développer à l'avenir malgré les menaces récentes. »

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