09 juillet 2008
Il exprime aussi son inquiétude au sujet de la hausse des cours des céréales et du pétrole.

Washington - Les huit grands pays industriels (groupe des Huit ou G8) sont convenus que les effets nuisibles des émissions de gaz à effet de serre sur l'environnement exigeaient que l'on réduise ces émissions de 50 % d'ici à 2050 si l'on voulait atténuer le réchauffement climatique, a déclaré le conseiller du président Bush pour les affaires économiques internationales, M. Dan Price, lors de la conférence de presse qu'il a donnée le 8 juillet au Japon.
Pendant leur réunion au sommet qui a eu lieu dans l'île japonaise d'Hokkaïdo, les chefs d'État et de gouvernement du G8, qui se compose de l'Allemagne, du Canada, des États-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon, du Royaume-Uni et de la Russie, ont reconnu, selon M. Price, qu'il était nécessaire que toutes les grandes puissances économiques, qu'il s'agisse de pays industriels ou en développement, prennent des mesures concrètes à cet effet et que seule une action concertée de leur part permettrait d'atteindre l'objectif consistant à stabiliser le niveau des émissions des gaz à effet de serre.
Ils ont adopté une déclaration sur l'environnement dans laquelle ils soulignent leur volonté de « prendre la tête de la lutte contre les changements climatiques » et de « parvenir d'ici à décembre 2009 à un accord mondial dans le cadre du processus engagé par la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques ».
Le G8, a indiqué M. Price, a établi un lien solide entre l'objectif de la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la mise au point de nouvelles technologies. Auparavant, il traitait ces deux questions séparément, ce qui avait pour effet d'affaiblir les résultats dans ces deux domaines.
« Tous les dirigeants, a-t-il dit, comprennent maintenant que les progrès que nous ferons cette année seront essentiels pour rendre possible la conclusion d'un vaste accord international dans le cadre de l'ONU à la fin de l'année prochaine. La déclaration du G8 constitue une contribution importante tant pour les négociations de l'ONU que pour le processus des grandes puissances économiques. »
De son côté, M. James Connaughton, qui est à la tête des conseillers du président Bush dans le domaine de l'environnement, a déclaré que le G8 était convenu en 2007 de fixer un objectif commun pour le long terme. « Ce que le G8 vient d'offrir aujourd'hui, a-t-il dit, est une conception de ce que cet objectif pourrait et devrait être, mais qui peut être réalisée uniquement avec l'accord de toutes les autres parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. »
À l'instigation du président Bush, a dit M. Price, le G8 s'est engagé à consacrer 10 milliards de dollars par an à la recherche et au développement dans le domaine des nouvelles technologies, et les États-Unis vont investir près de la moitié de ce montant en vue de satisfaire une multitude de besoins dans ce domaine.
En vue d'aider les pays en développement à mettre aussi au point de nouvelles technologies dans le domaine énergétique, le G8 a adopté la proposition des États-Unis visant à créer un Fonds des technologies propres et de le doter de plus de 5 milliards de dollars. Ce fonds permettre de réduire le coût du financement des projets d'énergie propre dans des pays en développement et de mobiliser un plus grand montant de fonds publics et de capitaux privés.
Sécurité alimentaire et énergétique
Dans une autre déclaration, les chefs d'État et de gouvernement des États membres du G8 expriment leur profonde inquiétude au sujet de la hausse considérable des cours des céréales et du pétrole dans le monde ainsi que de la pénurie de vivres dans un certain nombre de pays en développement. « L'incidence négative de cette tendance récente pourrait faire plonger des millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté et ralentir ainsi les progrès accomplis sur la voie de la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement », indiquent-ils dans leur déclaration.
Les chefs d'État et de gouvernement déclarent qu'il convient d'accroître les capacité de production et de raffinage pendant qu'on étudie les causes de la hausse du cours du pétrole et ils s'engagent à consacrer plus de 10 milliards de dollars à l'aide alimentaire, à des interventions en matière d'alimentation, à la protection sociale et à des mesures destinées à augmenter la production agricole dans les pays touchés. « Dans l'immédiat, disent-ils nous faisons face aux besoins urgents des personnes dont la situation est la plus vulnérable. »
« La sécurité alimentaire nécessite également un marché mondial et un système commercial stables pour l'alimentation et l'agriculture. L'augmentation des prix alimentaires vient renforcer les pressions inflationnistes et crée des déséquilibres macro-économiques, notamment dans certains pays à faible revenu », font remarquer les chefs d'État et de gouvernement dans leur déclaration.
Ils ajoutent que, afin d'améliorer les perspectives économiques de nombreux pays à faible revenu, ils feront tout leur possible de manière à mener à bien les négociations commerciales internationales dites de Doha visant à réduire les obstacles au commerce.
Selon M. Price, les chefs d'État et de gouvernement ont été en général d'accord sur l'importance de la conclusion, dans le cadre des négociations de Doha, d'un accord équilibré susceptible d'avoir des effets positifs et concrets dans les domaines de l'agriculture, des produits industriels et des services. Toutefois, a-t-il dit, la libéralisation du commerce ne peut pas être seulement le fait des grands pays industriels. « Étant donné le grand volume des échanges commerciaux entre les pays en développement, il faut que les grands marchés émergents contribuent aussi à l'ouverture des marchés et à la libéralisation du commerce pour que les négociations permettent comme prévu de sortir des millions de personnes de la pauvreté. »