05 décembre 2008
Propos d'un haut responsable de l'Association des États caraïbes

Miami - Les pays du bassin des Caraïbes gravement touchés ces dernières années par des cyclones, par des tempêtes tropicales et par des inondations soulignent la nécessité d'une action concertée au niveau régional pour faire face aux catastrophes naturelles et souhaitent mettre fin à leur dépendance envers l'aide de la communauté internationale.
C'est du moins ce qu'a déclaré M. Luis Carpio, haut responsable de l'Association des États caraïbes (AEC), qui regroupe 28 pays et qui encourage la coopération entre les organismes chargés de prévoir les mesures nécessaires pour réduire les effets des catastrophes et d'intervenir en cas de catastrophe.
Une action concertée au niveau régional est particulièrement importante parce qu'« une tragédie encore plus terrible peut toujours éclipser nos difficultés et détourner l'aide » de la communauté internationale, a-t-il dit. Elle devient aussi encore plus essentielle vu la tendance croissante de ces phénomènes à frapper plus d'un pays à la fois.
C'est seulement dans le cadre d'une telle action que ces pays peuvent avoir les économies d'échelle nécessaires pour tirer parti de la coopération internationale exigée par l'ONU ainsi que de l'expérience accumulée en la matière dans cette partie du monde.
L'AEC, dont le siège est à Trinité-et-Tobago, constitue un forum au sein duquel les États membres peuvent échanger des informations sur leur expérience et sur les méthodes les meilleures pour réduire les risques.
M. Carpio devait participer à une table ronde sur la préparation en cas de catastrophe lors de la Conférence sur les Caraïbes et l'Amérique centrale qui s'est tenue à Miami du 1er au 3 décembre. Selon le groupe Caribbean-Central American Action, qui a organisé cette conférence et dont le siège est à Washington, le bassin des Caraïbes est l'une des parties du monde les plus sujettes à des catastrophes, ce qui menace constamment de porter atteinte à la stabilité de ces pays.
Les problèmes des petits États insulaires
Les pays en développement, en particulier les petits États insulaires, exigent une attention particulière vu leur grande vulnérabilité et leur haut degré de risque qui souvent sont bien supérieurs aux moyens dont ils disposent pour faire face à une catastrophe et pour s'en remettre. Au cours des quelques dernières années, la « férocité et la fréquence des phénomènes naturels » qui ont touché des villes dans les Caraïbes ont augmenté et le nombre des victimes et des dégâts matériels encore plus.
Les États-Unis et les autres pays participant au Sommet des Amériques ont exprimé leur soutien face aux problèmes des petits États insulaires des Caraïbes et d'autres parties du monde.
Selon le plan d'action du Sommet des Amériques, outre la vulnérabilité de leur environnement, le trafic de stupéfiants, le trafic d'armes, la criminalité et la corruption croissantes, le transport de déchets nucléaires et la vulnérabilité économique pour ce qui est du commerce, des effets du sida et de l'accroissement de la pauvreté font peser une menace sur la sécurité de ces États.
Dans une note d'information diffusée en mai 2008, le département d'État indique que le Cinquième Sommet des Amériques, qui doit se tenir en avril 2009 à Trinité-et-Tobago, portera sur une vaste gamme de questions relatives à l'environnement, notamment les catastrophes naturelles, la gestion des ressources en eau, la protection de la diversité biologique et les changements climatiques. Selon le projet de déclaration de ce sommet, les pays du continent américain visent à échanger des informations relativement à l'alerte en cas de catastrophes naturelles, à la préparation des secours, à la gestion et à la coordination des interventions et aux programmes d'aide après une catastrophe.
Cette année, les États-Unis ont apporté une aide humanitaire à Cuba, à la République dominicaine, à Haïti et à la Jamaïque à la suite des cyclones et des tempêtes tropicales qui avaient frappé ces pays en août et en septembre.
Les défis à relever
Selon M. Carpio, il est nécessaire que les pays intéressés élaborent pour réduire les risques de catastrophe des mesures efficaces qui tiennent compte de la nécessité de l'adaptation de la population aux changements climatiques. La mise en place de systèmes d'alerte ou leur renforcement exigera aussi des investissements coordonnés au niveau régional.
M. Carpio a rappelé la première conférence des États membres de l'AEC sur la réduction des risques en cas de catastrophe, qui s'était tenue en novembre 2007 à Haïti et qui visait à encourager une meilleure coopération au niveau régional.
Cette conférence a donné naissance à un document destiné à servir de guide en matière de réduction des risques en cas de catastrophe. Ce document tient compte des cinq questions prioritaires définies lors d'une conférence internationale organisée en 2005, au Japon, qui portait sur l'élaboration d'un plan d'action dans ce domaine. Il s'agit notamment de veiller à faire de la réduction des risques un objectif important, à identifier les risques, à les évaluer et à les observer de près, ainsi qu'à renforcer les systèmes d'alerte.
Lors de la Conférence mondiale sur la réduction des effets des catastrophes qui s'est tenue au Japon, les États-Unis et d'autres pays ont envisagé la mise en place d'un système mondial d'alerte pour de multiples dangers, dont les tsunamis. Ils ont également abordé la question de l'atténuation des risques de catastrophes dues aux variations climatiques et à des séismes, ainsi que la question du renforcement du rôle de la communauté internationale dans les mesures de préparation pour faire face à la sécheresse, aux incendies et aux maladies.