20 octobre 2009

Richard Graves
Jeune passionné des dossiers climatiques, Richard Graves est blogueur et militant en ligne de la Global Campaign for Climate Action (Campagne mondiale pour une action sur le climat), fondateur et directeur du projet Fired Up Media (Médias engagés), producteur associé de LinkTV EarthFocus et chroniqueur régulier de It's Getting Hot in Here (Il commence à faire chaud ici).
Selon M. Graves, les générations qui vont hériter du poids du réchauffement planétaire réclament une prise en main audacieuse des dossiers environnementaux, une politique climatique responsable et des emplois verts - et elles le disent au monde, de personne à personne et sur la Toile.
La réunion la plus importante du XXIe siècle va avoir lieu en décembre à Copenhague et ceux qui y ont le plus à gagner, ou à perdre, sont sur la touche. Le réchauffement climatique va définir ce siècle au même titre que le conflit entre le totalitarisme et la démocratie a défini le précédent. Les décisions que les dirigeants d'âge mûr prennent aujourd'hui vont façonner le monde dont les jeunes, qui représentent près de la moitié de la population de la planète, vont hériter. Dans une conjonction bizarre de la politique et de la physique, les politiciens élus aujourd'hui sont ceux qui vont déterminer les conditions dans lesquelles les gouvernements et les sociétés de demain auront à vivre. Les chefs de la planète qui vont se réunir à Copenhague feraient bien de se tourner vers les jeunes pour trouver en eux un exemple opportun de direction éclairée.
Aux États-Unis, les jeunes électeurs, dont 64 % déclarent que l'environnement compte pour beaucoup dans leurs choix politiques, montrent à l'évidence qu'ils réclament une action musclée dans ce domaine. Et nous ne demandons pas et n'avons pas seulement demandé que nos élus apportent des changements : nous nous sommes battus pour changer le paysage politique lorsque nous avons eu l'impression que l'on ne nous écoutait pas. Tous les candidats aux élections présidentielles de 2008 ont dû répondre à des questions pointues sur le réchauffement planétaire et l'environnement à chaque fois qu'ils visitaient un campus universitaire ou organisaient des assemblées publiques ou tout autre type de réunion où il ne fallait pas dépenser des centaines de dollars pour entrer.

Nous avons exigé une politique équitable en matière de climat, notamment la création d'emplois verts pour les laissés-pour-compte de l'économie de l'énergie sale, et une prise de responsabilité à l'échelle mondiale des émissions des États-Unis. Au bout du compte, 24 millions d'électeurs de moins de 30 ans se sont présentés aux urnes en novembre dernier et ont soutenu le candidat qui promettait un changement d'attitude et des mesures concrètes à l'égard du réchauffement climatique.
Mais l'heure n'est plus à demander des changements ; le moment est venu d'y travailler. Au printemps 2009, lors de la conférence Power Shift - qui se prolonge comme campagne sur les campus et comme réseau de soutien en ligne -, quelque 12.000 jeunes ont convergé sur Washington où, dans un face-à-face avec les membres du Congrès, ils ont plaidé en faveur d'une politique volontaire de lutte contre le réchauffement climatique. Plus d'une centaine de représentants de groupes de jeunes d'autres pays, dont le Royaume-Uni, la Chine, l'Australie, l'Inde et d'autres grands pays émetteurs de gaz à effet de serre, étaient présents pour définir une stratégie visant à amener leurs gouvernements à collaborer à la solution de ce problème mondial.
Il y a deux ans, j'ai représenté la délégation des jeunes du monde aux négociations des Nations unies sur le climat à Bali (Indonésie). Nous avons gratté pour trouver les ressources nécessaires pour y aller parce que nous voulions à tout prix nous faire entendre. Des chefs de groupes de jeunes du monde entier se sont rencontrés pour la première fois. Originaires de Kiribati, d'Inde, d'Australie ou des États-Unis, nous avons énoncé d'une même voix ce que nous voulions de nos dirigeants. Nous nous sommes associés à l'UNICEF pour raconter notre histoire et tous les orateurs ont réclamé un traité à la fois équitable, de grande portée et contraignant afin de protéger notre avenir.
Si vous avez jamais parlé avec des jeunes de Kiribati ou du Bangladesh qui ont tout leur avenir devant eux et qui comprennent les prévisions de la communauté scientifique concernant les conséquences du réchauffement climatique, cela vous transforme pour la vie. Nous nous efforçons de recueillir ces histoires et de les partager avec le reste du monde. Les jeunes génies de l'informatique des pays en développement œuvrent avec les jeunes militants de ces pays pour diffuser leurs histoires par l'intermédiaire de blogues, de sites Web et des nouveaux médias. Nous avons aidé à lancer des sites tels que http://whatswiththeclimate.org et http://youthclimate.org. Les jeunes des pays développés découvrent que les jeunes des pays en développement leur ressemblent et ont à relever le même défi.
La marge de victoire écrasante que les jeunes, motivés par le réchauffement climatique, ont donnée au président Obama a inspiré une explosion mondiale d'activisme chez les jeunes. Les dirigeants des groupes de jeunes aux États-Unis et ailleurs attendent de grandes choses de la nouvelle direction américaine mais ils œuvrent aussi pour transformer la réalité politique actuelle.
Une fois encore, des dirigeants venus du monde entier vont se réunir pour élaborer un traité sur le climat. Mais les choses seront différentes cette fois-ci. Les jeunes Américains qui avaient organisé la conférence Power Shift travaillent avec les jeunes d'autres pays, avec ceux du Royaume-Uni qui vont tenir leur propre conférence, avec l'Australian Youth Climate Conference (Conférence des jeunes Australiens sur le climat) qui a rassemblé 3.000 participants lors de sa conférence Power Shift à Sydney, avec les jeunes Indiens qui étaient à Bali et qui ont lancé l'Indian Youth Climate Network (Réseau des jeunes Indiens sur le climat) et œuvrent avec des universitaires, des chercheurs couronnés par le prix Nobel, et des groupes de la société civile pour faire passer dans tout le pays, qu'ils sillonnent dans des caravanes solaires, le message du changement et des énergies renouvelables.
En décembre, lorsque les dirigeants se réuniront à Copenhague, espérons que les représentants des États-Unis seront inspirés par l'esprit de résolution dont font preuve les jeunes Américains au sujet du réchauffement mondial. Je demande aux dirigeants de regarder autour d'eux parce que les jeunes seront là, à les observer, sur la touche. Mais ne vous attendez pas à ce qu'ils y restent longtemps. Si la réalité politique ne nous garantit pas un monde dans lequel nous pourrons vivre, sachez que près de la moitié de la population du globe ne permettra pas qu'une situation politique qui dérange s'immisce entre nous et notre survie.
Pour plus d'informations, consulter les sites : http://tcktcktck.org ; http://firedupmedia.com ; http://linktv.org/earthfocus ; et http://itsgettinghothere.org.
Les opinions exprimées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les vues ou la politique du gouvernement des États-Unis.
(Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)