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20 octobre 2009

La position de l'Inde sur les changements climatiques à l'échelle mondiale

 
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Rajendra Pachauri et Al Gore
Le président du GIEC Rajendra Pachauri et Al Gore saluent le public après avoir accepté le prix Nobel de la paix pour 2007.

Rajendra Pachauri

Rajendra Pachauri préside à la fois le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et l'Institut indien de l'énergie et des ressources indiennes (TERI, The Energy and Resources Institute) de New Delhi. Il a reçu au nom du GIEC le prix Nobel de la paix 2007, qu'il partagera avec l'ancien vice-président des États-Unis Al Gore pour avoir sensibilisé l'opinion sur les problèmes que pose le réchauffement planétaire et proposé des solutions.

 

Ce phénomène préoccupe énormément l'Inde puisque le pays subit déjà les conséquences des changements climatiques dans les basses terres, qui risquent davantage d'être inondées en raison de l'élévation du niveau de la mer et de la survenue d'orages de plus en plus violents. Les glaciers de l'Himalaya qui constituent les réserves en eau de la majeure partie de l'Asie sont en train de fondre. M. Pachauri décrit sommairement certains problèmes et présente les mesures prises pour limiter les dégâts.

 

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Paysage aride en Inde
Le sous-continent indien subit des événements météorologiques extrêmes - orages, inondations, sécheresses - de plus en plus fréquents.

Le changement climatique est un sujet qui suscite non seulement beaucoup d'attention mais également un intérêt considérable en Inde, surtout depuis la visite officielle en juillet dernier d'Hillary Clinton, chef de la diplomatie américaine. Le rôle actif de l'Inde dans les échanges multilatéraux relatifs aux changements climatiques remonte en fait à l'époque de la négociation de la Convention-cadre sur les changements climatiques, parachevée en 1992. Du fait que l'Inde maintient le principe de « responsabilité commune mais différenciée », sa position en tant que pays est souvent mal perçue.

Le peuple indien s'inquiète des changements climatiques, dont les effets touchent tout particulièrement ce pays. Avec un littoral s'étendant sur 7.600 kilomètres, il ne peut que redouter une élévation du niveau de la mer : certaines régions du pays, comme celle des Sundarbans de l'autre côté du delta du Hooghly ou encore la basse terre côtière du Kutch à l'Ouest sont particulièrement menacées par la hausse du niveau de la mer. En effet, la montée - même minime - du niveau de la mer résultant d'activités cycloniques et d'ondes de tempête suffirait à mettre en péril une grande partie de ces lieux, en l'occurrence leur inondation totale, et y causerait des dégâts considérables. Dans la région des Sundarbans, en particulier, certaines îles ont déjà été submergées et d'autres devraient l'être prochainement.

Les conséquences du changement climatique en Inde s'annoncent graves et diverses. D'ores et déjà, des changements sont visibles dans la configuration des précipitations dans plusieurs régions du pays. Tandis que certaines d'entre elles connaissent une baisse sensible des précipitations et que les glaciers himalayens commencent à fondre, l'accroissement du nombre et de la fréquence des phénomènes pluvieux constitue une réelle préoccupation. Non seulement ces phénomènes constitueront-ils un danger majeur pour les personnes qui seront touchées directement, mais ils auront aussi des répercussions sur les moyens de subsistance de centaines de millions de petits exploitants dont la survie dépend uniquement de l'agriculture alimentée par les eaux pluviales. L'Inde risque également d'être confrontée à un accroissement du nombre et de la durée des inondations, des sécheresses et des canicules. Le changement climatique aura des incidences sur la santé des hommes, pas uniquement en raison de ces phénomènes mais aussi en raison de l'augmentation du nombre de maladies à vecteurs.

La société indienne est également très préoccupée par les conséquences des changements climatiques sur l'agriculture. Les recherches en cours ont déjà tendance à indiquer qu'ils ont des répercussions négatives sur les rendements agricoles. Tant que tous les pays ne seront pas en mesure de limiter les émissions de gaz à effet de serre de manière adéquate, cette tendance continuera de croître. L'Inde se distingue en matière de progrès agricole, principalement grâce à la révolution verte, mais le changement climatique constitue là encore un nouvel obstacle. La politique agricole s'est fixé comme priorité de garantir un apport alimentaire et nutritionnel adéquat à un milliard deux cent millions de personnes actuellement, et à bien plus encore d'ici une dizaine ou une vingtaine d'années. La sécurité alimentaire représente donc une préoccupation majeure dans ce pays.

Le plan d'action national sur les changements climatiques (National Action Plan on Climate Change, NAPCC) qui comprend en réalité huit composantes distinctes portant à la fois sur des mesures d'adaptation et d'atténuation, est peut-être le document de référence qui décrit le mieux les solutions que l'Inde compte adopter pour faire face aux changements climatiques. En ce qui concerne les mesures d'atténuation, la Mission nationale solaire a fixé des objectifs de production de 20.000 mégawatts d'ici 2020. Il s'agit manifestement du plan le plus ambitieux et le plus novateur jamais établi dans ce domaine. Les conséquences du changement climatique auront, sans aucun doute, une incidence considérable sur l'agriculture et les ressources en eau. Le plan d'action national comprendra des mesures d'adaptation adéquates dans ces deux domaines.

Si on examine les relations de coopération que l'Inde est en train d'établir, l'innovation technologique commune serait la plus prometteuse. Toutefois, étant donné que la position de l'Inde tient compte des dispositions et des objectifs du GIEC, le financement devrait être disponible pour faciliter les transferts de technologies propres ; une mesure qui dans bien des cas reviendrait plus cher que les systèmes conventionnels mais qui aboutirait à une baisse de la consommation d'énergie et des niveaux d'émissions. Cependant, l'activité spécifique qui présenterait le plus grand intérêt non seulement pour le gouvernement indien, mais aussi pour les entreprises, les instituts de recherche et les universitaires indiens serait de mettre au point des projets de recherche menés de concert par les instituts indiens et américains. On estime que, la main-d'œuvre technique et scientifique disponible en Inde étant beaucoup moins onéreuse, même les entreprises américaines y trouveraient leur compte. Il va de soi que dans ce cas de figure, la question du droit de propriété intellectuelle devra être clairement définie. Toutefois, étant donné que les deux pays sont membres de l'Organisation mondiale du commerce, cela ne devrait pas poser de problème majeur.

D'une manière générale, une relation stratégique entre les États-Unis et l'Inde destinée à lutter contre le changement climatique aurait des retombées non seulement pour ces deux pays mais également pour le monde entier. En effet, elle servirait de modèle à la mise en place de mécanismes similaires bien rodés entre d'autres pays développés et des pays en développement. L'Inde essaie également d'encourager des initiatives de coopération non seulement avec les pays membres de l'Association sud-asiatique pour la coopération régionale (South Asian Association for Regional Cooperation) qui se heurtent aussi aux mêmes problèmes, mais aussi avec l'Union europeenne qui a mis en place un important programme de financement des avancées technologiques en faveur des instituts européens et de ceux qui se trouvent dans les pays du tiers-monde, comme l'Inde.

Les opinions exprimées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les vues ou la politique du gouvernement des États-Unis.

(Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)

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