View Other Languages

We’ve gone social!

Follow us on our facebook pages and join the conversation.

From the birth of nations to global sports events... Join our discussion of news and world events!
Democracy Is…the freedom to express yourself. Democracy Is…Your Voice, Your World.
The climate is changing. Join the conversation and discuss courses of action.
Connect the world through CO.NX virtual spaces and let your voice make a difference!
Promoviendo el emprendedurismo y la innovación en Latinoamérica.
Информация о жизни в Америке и событиях в мире. Поделитесь своим мнением!
تمام آنچه می خواهید درباره آمریکا بدانید زندگی در آمریکا، شیوه زندگی آمریکایی و نگاهی از منظر آمریکایی به جهان و ...
أمريكاني: مواضيع لإثارة أهتمامكم حول الثقافة و البيئة و المجتمع المدني و ريادة الأعمال بـ"نكهة أمريكانية

20 octobre 2009

Le défi du XXIe siècle

 
Michael Specter
Michael Specter

Michael Specter

L'écrivain Michael Specter, dont les écrits ont été couronnés à maintes reprises, est journaliste au New Yorker magazine depuis 1998. Parmi les distinctions qui lui ont été décernées figurent le prix d'excellence annuel des médias du Global Health Council (2002 et 2004) et le prix du journalisme scientifique de l'American Association for the Advancement of Science (2002). Son nouveau livre, Denialism : How Irrational Thinking Hinders Scientific Progress, Harms the Planet, and Threatens Our Lives [Le dénégationnisme : comment la pensée irrationnelle freine le progrès scientifique, nuit à la planète et menace notre existence], a paru en octobre 2009 (The Penguin Press).

 

Il faut que la réalité du réchauffement mondial vienne supplanter le débat sur la question et que des mesures soient prises d'urgence pour réduire les émissions de gaz à effet de serre avant qu'il ne soit trop tard, écrit Michael Specter dans son tour d'horizon du problème.

Il y aura toujours des gens qui refuseront d'accepter la vérité : que le sida est causé par un virus, par exemple, ou que le réchauffement mondial est un phénomène réel résultant de l'activité humaine. Mais à mesure que se confirment les données profondément inquiétantes concernant la vitesse du réchauffement, les cris des négationnistes des changements climatiques semblent enfin se taire devant la montée de sombres réalités. Ces réalités sont à la fois évidentes et subtiles : de 1961 à 1997, les glaciers du monde ont perdu près de 4.000 km3 de glace ; étant donné que l'Arctique se réchauffe près de trois fois plus que la moyenne mondiale, la calotte glaciaire du Groenland n'est peut-être déjà plus sauvable.

Agrandissement
fonte de la calotte glaciaire du Groenland
La fonte de la calotte glaciaire du Groenland apparaît à travers un iceberg à Kulusuk, non loin du cercle polaire.

Le Groenland n'est pas, tant s'en faut, le seul point de notre planète qui soit exposé à des dangers aigus de changements massifs et forcés. Selon une projection, qui n'est certes pas la plus alarmiste, il est estimé que dans les années 2080, chaque année, de 13 à 88 millions de personnes de par le monde verront leur maison inondée par la mer. Comme toujours, ce sont les pays pauvres qui souffriront le plus. Pour la première fois de mémoire d'homme, des moustiques vecteurs de maladies aussi graves que le paludisme font aujourd'hui leur apparition sur le Kilimandjaro et sur divers hauts plateaux africains, lieux qui, pendant des siècles, avaient été des zones fraîches protégées de certaines des maladies les plus dévastatrices du monde en développement.

Bien que les estimations varient, scientifiques et décideurs politiques conviennent de plus en plus que le fait de laisser les émissions se poursuivre à leur taux actuel induirait des changements dramatiques dans le système climatique mondial. Certains chercheurs comparent les changements climatiques à une vague de fond sur le point de déferler sans que personne ne puisse s'y opposer. Les problèmes ne sont certes pas faciles à résoudre, mais en dépit de ce que disent beaucoup de gens, il n'est pas trop tard pour prévenir les effets les plus graves du réchauffement climatique. Toutefois, pour en éviter les effets les plus catastrophiques, nous devrons stabiliser les émissions à leur niveau actuel au cours de la prochaine décennie, puis les réduire d'au moins 60 à 80 % d'ici le milieu du siècle.

Est-ce possible ? Certainement. Mais cela exigera en proportions égales des sacrifices et des mesures scientifiques (et que les Américains et les Européens renoncent à s'attendre à ce que la Chine et l'Inde réduisent leurs émissions aussi rapidement que l'Occident devrait s'y mettre, et cessent de prétexter les progrès limités de ces deux pays pour ne rien faire.)

À l'échelle humaine, chacun peut faire beaucoup. C'est ainsi que, selon une étude de 2008 de la Carnegie Mellon University, si nous nous abstenions de consommer de la viande et des produits laitiers ne serait-ce qu'un jour par semaine, nous ferions davantage pour réduire notre empreinte carbone collective que si toute la population des États-Unis se mettait à consommer des aliments de production locale toute l'année. En fait, la production d'un kilogramme de bœuf dégage autant de gaz à effet de serre qu'une petite voiture sur 110 kilomètres.

Le moyen le plus important de limiter les émissions de carbone est de leur imposer un prix, soit par le biais d'impôts, soit au moyen d'un système de plafonnement et d'échange. À l'évidence, lorsque la pollution est peu coûteuse, il y a peu d'encouragement à cesser de polluer. Et le coût de la pollution est actuellement bien trop bas. Le Protocole de Kyoto n'a jamais été ratifié par les États-Unis parce que le gouvernement Bush et le Congrès craignaient qu'il n'en résulte de fortes pertes d'emplois ; le gouvernement Obama, en revanche, et un nombre croissant de parlementaires comprennent que les coûts réels du réchauffement mondial seront (et le sont déjà dans de nombreux cas) considérablement plus élevés que si on agissait comme s'il n'y avait pas de problème. Les crises induites par le climat présentent le risque de déstabiliser des régions entières du monde.

Mais comment pouvons-nous réduire les émissions de carburants fossiles ? Un moyen consiste, à l'évidence, à en consommer moins. Un autre est de développer de nouveaux types de carburants, qui ne nuisent pas à notre environnement, et c'est ce à quoi s'emploient un certain nombre de spécialistes. Aux États-Unis, des scientifiques tels que Craig Venter, directeur de l'équipe qui a remporté la course du séquençage du génome humain, cherchent actuellement à produire des microbes qui pourraient aider les États-Unis à réduire leur dépendance à l'égard des hydrocarbures tout en diminuant spectaculairement leurs émissions de gaz à effet de serre. Des initiatives analogues sont en cours dans tout le pays. En Californie, par exemple, Amyris Biotechnology, qui a déjà créé un antipaludéen de synthèse, a réussi à produire trois microbes capables de transformer le sucre en carburant, dont un qui transforme la levure et le sucre en une forme viable de carburant diesel. La société Amyris a annoncé que d'ici à 2011, elle produirait plus de 750 millions de litres de carburant diesel par an, preuve irréfragable de notre aptitude à créer de nouvelles formes d'énergie sans détruire l'atmosphère. Le gouvernement Obama a indiqué, par des paroles et par des ressources financières, qu'il appuierait de tels efforts, ce qui, dans un monde dominé par la puissance politique des intérêts inféodés, n'a pas été facile.

En tout état de cause, sans coopération internationale, aucun de ces efforts ne fera pencher la balance. Nombreux sont ceux qui commencent à le comprendre, et c'est pourquoi, par exemple, dans des pays tels que l'Indonésie, des écologistes ont commencé à payer des exploitants forestiers pauvres pour qu'ils n'autorisent pas le saccage de leurs forêts ombrophiles par de grosses sociétés. J'espère seulement qu'il ne faudra pas qu'une catastrophe se produise pour nous amener tous à faire face aux graves défis auxquels nous sommes confrontés - ou à reconnaître le fait que nous avons la capacité et les moyens de les relever.

Les opinions exprimées dans le présent article ne reflètent pas nécessairement les vues ou la politique du gouvernement des États-Unis.

(Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)

Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?