20 octobre 2009

Todd Stern
Todd Stern, envoyé spécial du département d'État des États-Unis pour les changements climatiques, joue un rôle de premier plan dans l'élaboration de la politique étrangère américaine relative au climat. Principal négociateur du gouvernement Obama, il représente les États-Unis au niveau ministériel dans toutes les négociations bilatérales et multilatérales dans ce domaine. Il possède une vaste expérience des questions environnementales ainsi que d'autres questions mondiales relevant des secteurs tant public que privé.
Dans le présent article, Todd Stern expose les grands défis à relever dans le domaine du climat et les principaux remèdes à appliquer tels que les perçoit le gouvernement Obama.
Nous sommes parvenus à un moment déterminant dans le domaine du climat, et la ligne d'action dont nous déciderons aujourd'hui aura un impact profond et durable sur notre pays et sur notre planète. Les constats scientifiques sont clairs. La glace arctique disparaît plus rapidement que prévu. La calotte glaciaire du Groenland s'amenuise constamment. La fonte du pergélisol dans les toundras aggrave le risque de libération d'un volume énorme de méthane. La montée du niveau des mers risque d'être bien plus forte que l'on ne s'y attendait. Et la fonte des glaciers de l'Asie et des Amériques aggrave progressivement la problématique de l'approvisionnement en eau.
Tels sont les faits, et leur message est simple et sévère : le statu quo n'est pas soutenable.
Le temps d'agir est arrivé : il y va de la santé de notre planète.
La réunion prochaine à Copenhague de la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) offre la possibilité de mobiliser l'action collective internationale pour relever ce défi mondial. Sous la houlette du président Obama et de la secrétaire d'État Clinton, les États-Unis cherchent avec leurs partenaires du monde entier à trouver un terrain d'entente en vue d'enrayer une évolution porteuse de dommages irréversibles.
Nous reconnaissons, aux États-Unis, que nous devons assumer un rôle directeur dans les efforts mondiaux de lutte contre les changements climatiques. Il est des obligations qui nous incombent en tant que premier émetteur mondial de gaz à effet de serre. Nous savons que si nous ne réduisons pas nos émissions, il n'y a pas de solution possible au problème des changements climatiques. Et nous avons toute confiance que notre pays est capable de prendre la direction d'actions qui mèneront à l'instauration d'une économie à énergie propre au XXIe siècle.
En l'espace de huit mois seulement, le gouvernement Obama a réorienté radicalement la politique américaine relative aux changements climatiques et il donne aujourd'hui l'exemple par des mesures résolues prises sur le plan intérieur. Le Plan de redressement et de réinvestissement prévoit des investissements de plus de 80 milliards de dollars pour l'énergie propre. Le président a promulgué une nouvelle réglementation destinée à réduire la consommation de carburant et les émissions polluantes de tous les nouveaux véhicules automobiles. En outre, le Congrès envisage actuellement l'adoption d'une loi sur l'énergie propre et la sécurité visant à réduire les émissions de carbone des États-Unis de 17 % d'ici 2020 et de 83 % d'ici 2050 par rapport aux niveaux de 2005.
Mais l'action des États-Unis et des autres pays développés ne suffira pas. Plus de 80 % de l'augmentation future des émissions proviendront de pays en développement. Il n'est tout simplement pas possible de continuer d'assurer la sécurité et l'habitabilité de notre planète si les pays en développement ne jouent pas un rôle clé dans les négociations sur le climat et ne se joignent pas à nous pour agir collectivement en vue de relever ce défi commun. Ce n'est pas là une question de politique ou de moralité, de bien ou de mal, mais de chiffres et d'accumulation inexorable des émissions.
L'action face aux changements climatiques n'est pas un fardeau économique à supporter mais une chance à saisir. La relation entre une énergie propre et durable et une croissance économique robuste est la marque de l'économie mondiale du XXIe siècle. Avec le soutien voulu, les pays en développement peuvent sauter les phases les plus polluantes du développement et tirer parti des possibilités offertes par les sources d'énergies nouvelles et propres. Telle est la voie de l'avenir.
Les États-Unis appliquent une stratégie à composantes multiples pour engager la communauté internationale à intervenir et pour encourager les pays en développement à renforcer leur action.
En premier lieu, nous sommes pleinement déterminés à participer au processus de négociation de la CCNUCC. Notre équipe de négociateurs est revenue récemment de son troisième voyage à Bonn et nous continuerons de prendre part aux sessions de négociation qui mèneront à la réunion de Copenhague en décembre.
En deuxième lieu, nous avons établi un vigoureux dialogue entre 17 des plus grandes économies du monde, dont la Chine, l'Inde, le Brésil, le Mexique, la Corée du Sud, l'Afrique du Sud et l'Indonésie, par le biais de notre Forum des grandes économies sur l'énergie et le climat. Ce forum, qui s'est réuni en juillet en Italie, au niveau des chefs d'État et de gouvernement, à la suite immédiate de la réunion du G8, offre une occasion unique de mener des débats francs et ouverts entre les grandes économies du monde sur un certain nombre de questions complexes, telles que l'atténuation des changements climatiques, l'adaptation, la technologie et les finances, qui se situeront au cœur même des travaux de Copenhague.
En troisième lieu, nous concentrons aussi notre attention sur les relations bilatérales clés. Le gouvernement Obama a intensifié ses efforts de renforcement des relations sino-américaines, et les changements climatiques figurent en bonne place dans ce dialogue. J'ai accompagné la secrétaire d'État Clinton en février lors de son premier voyage en Chine, où elle a inscrit le défi des changements au rang de nos priorités. Le ministre de l'énergie Steven Chu et le ministre du commerce Gary Locke ont transmis à la Chine des messages analogues durant leurs visites subséquentes. Par ailleurs, le département d'État et le ministère des finances ont été récemment les hôtes de réunions du Dialogue stratégique et économique avec la Chine, lors desquelles les deux pays ont signé un mémorandum d'accord sur l'énergie propre et le climat. En termes simples, une solution mondiale n'est pas envisageable si nous ne parvenons pas à progresser avec la Chine. Je me suis également rendu en Inde, avec la secrétaire d'État Clinton, puis au Brésil, seul, pour consulter deux de nos grands partenaires, approfondir notre dialogue avec eux et examiner les possibilités pour nos pays de progresser et de faire en sorte que les négociations de la CCNUCC de Copenhague débouchent sur des accords opérants.
Il est rare qu'il nous soit donné une occasion aussi claire de façonner notre avenir et d'améliorer nos conditions de vie pour le bénéfice de multiples générations à venir. Les États-Unis sont fermement déterminés à parvenir à un accord international solide et j'ai pleine confiance dans notre aptitude, par des actions collectives, à relever le défi des changements climatiques mondiaux.
(Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)