24 mars 2009
Des représentants de gouvernements et de la société civile y voient un modèle pour l'Afrique.

Washington - Des responsables de gouvernements africains et des militants de la société civile du continent ont été témoins d'un moment mémorable de l'histoire des États-Unis quand ils se sont joints aux foules sur le National Mall, la grande esplanade de Washington, pour l'investiture historique du président Obama.
Les douze invités participaient au Programme de visiteurs internationaux du département d'État qui cible la promotion de la bonne gouvernance et la transparence. Le 19 janvier, alors qu'ils prenaient part aux activités de la Journée nationale du service, certains de ces visiteurs ont partagé leurs impressions et leurs expériences de l'occasion avec America.gov.
La journée du service, qui représentait le renouveau de « l'esprit de bénévolat » de Martin Luther King, avait le soutien du nouveau président.
Les visiteurs africains ont œuvré de concert avec des bénévoles américains dans une école de Washington où ils ont réorganisé la bibliothèque en triant des livres reçus d'autres écoles locales qui avaient récemment fermé leurs portes. Quatre visiteurs africains ont dit à America.gov que l'élection de M. Obama a marqué une ère nouvelle en politique à la fois américaine et internationale.
Le bénévolat, semblable à celui qui était promu lors de la Journée nationale du bénévolat, est ce qu'il faut en Afrique pour cultiver un esprit de fierté et de responsabilité nationales, a dit Stefanus Oratang Mogotsi, un responsable du gouvernement namibien. « Le bénévolat est l'esprit à adopter. Nous avions appris que le bénévolat est quelque chose d'important aux États-Unis. C'est ce que nous devons apprendre ; vous n'avez pas à gagner de l'argent pour toute chose que vous faites. ».
M. Mogotsi a affirmé que l'élection de M. Obama, à son avis, aidera à lancer le changement et à convaincre d'autres gouvernements, notamment en Afrique, de renouveler leur processus politique. « On dit que quand les États-Unis ont la grippe, nous, en Afrique, nous toussons. Cette élection va réellement influencer la situation en Afrique ; elle conduira les gouvernements à être ouverts, créera des moyens qui nous permettront de discuter ouvertement de questions nationales et inspirera les gens à envisager de faire partie du gouvernement et à avoir de grandes ambitions. »
Ntombentle Cordelia Peter est enseignante sud-africaine et fournit également du conseil ; elle a fait les commentaires suivants sur les possibilités qu'offre le nouveau gouvernement des États-Unis. « Jamais auparavant n'y avait-il eu un nouveau président, dans n'importe quel pays, qui eût fait l'objet de tant d'acceptation et d'appui chez lui comme à l'étranger », a dit Mme Peter à America.gov. « Le monde est d'accord avec le peuple américain quant à son choix de président. Cela se traduit en effet par une espérance renouvelée pour la paix et la stabilité dans le monde. »

Mme Peter et les autres participants à ce programme du département d'État se sont dits convaincus que l'élection de M. Obama a marqué un tournant dans la politique aux États-Unis, en Afrique et dans le reste du monde. Cela se traduit en une scène politique plus participative, une situation qui n'existe pas toujours dans certains pays africains, a dit Ayode Samuel Longe, un militant de la liberté de la presse au Nigéria.
« À mon arrivée ici, j'ai observé beaucoup d'euphorie chez pratiquement tout le monde. Cela transmet le message que cette élection n'était pas un scrutin d'exclusion mais de participation, auquel tout le monde appartient… C'est parce que les gens s'y étaient impliqués », a dit M. Longe.
Pour Peter Weah Simujla, la période qui a fait suite à l'élection du président Obama a été une célébration de l'ère nouvelle. Le peuple des États-Unis s'est exprimé et il l'a très bien fait », a dit M. Simujla. « Vous pouvez le voir dans l'enthousiasme qui couvre toute la nation ». M. Simujla, qui est directeur des affaires étudiantes à l'Institut polytechnique Stella Marris du Libéria, a ajouté : « Je pense que les Américains espéraient qu'il y aurait du changement… Maintenant l'heure du changement est arrivée, et c'est pourquoi ils sont tous nerveux, impatients et contents ».
Tous les participants au programme ont affirmé que l'Afrique partage le bonheur du peuple des États-Unis. « L'impression que ça fait est formidable, il y a des gens qui pleurent de joie, personne ne croyait que cela pouvait arriver mais tout est possible en Amérique », a affirmé M. Mogotsi à America.gov.
Les leçons apprises
Mme Peter et ses homologues sont convenus que l'élection de M. Obama représente une étape de maturité et d'acceptation du changement chez le peuple américain et le reste du monde.
Ce « niveau de maturité en politique, un niveau de tolérance, l'entente avec l'autre » à travers toutes les tendances politiques qui étaient évidents lors de cette élection, est ce qui est nécessaire dans le monde entier, a indiqué Mme Peter.
M. Longe a ajouté que l'élection du président Obama constitue un exemple du fait que l'espoir et le dur labeur peuvent mener au changement, quelque chose que l'Afrique va imiter, espère-t-il. « Nous, en Afrique, nous devrions également œuvrer pour accomplir ce qui a été accompli en Amérique. »
Abandonner les intérêts personnels et le tribalisme pour s'unir - comme cela a été démontré par l'élection de M. Obama - est de plus en plus important pour la politique, quel que soit le pays, a affirmé M. Simujla. Et d'ajouter : « Si vous devez avoir un État idéal, il doit venir du peuple, qui s'unit, œuvre de concert et lutte pour transformer la nation en ce qu'elle devrait être. »
Mme Peter a dit que tout le monde a les yeux tournés sur les États-Unis. « Alors que le président Obama entre en fonction, nous retenons notre haleine pour accueillir l'aube d'une nouvelle ère d'espérance et de rémission internationales. »