02 juin 2009

Washington - Mme Judith McHale, que le président Obama a choisie pour diriger les efforts de diplomatie publique de son gouvernement, a affirmé que les États-Unis devaient trouver des moyens nouveaux et novateurs de communiquer avec le monde.
« Je suis fermement convaincue que la diplomatie publique est à la fois indissociable de notre politique étrangère et essentielle du point de vue de notre sécurité nationale », a-t-elle récemment déclaré devant la commission sénatoriale des affaires étrangères. C’est le 21 mai que le Sénat a entériné sa nomination au poste de sous-secrétaire d’État à la diplomatie publique et aux affaires publiques. Une partie importante de son travail consistera à aider le gouvernement à communiquer avec les publics étrangers, de façon à les informer et à les aider à mieux comprendre la politique des États-Unis.
« Nous devons faire un meilleur travail de communication avec les publics du monde entier, parler avec eux de tout ce que nous faisons », a-t-elle dit lors de l’entretien qu’elle a accordé le 27 mai à America.gov.
Forte de son expérience de vingt ans dans le secteur de la télévision câblée, Mme McHale est parfaitement consciente de l’ampleur et de l’importance des communications mondiales. Elle a été présidente-directrice générale de Discovery Communication pendant deux décennies. Elle a contribué à transformer cette société, parente de la Discovery Channel, entre autres, en une entreprise forte de 1,4 milliard d’abonnés dans 170 pays et dans 35 langues.
« On me demande souvent pourquoi Discovery connaît un tel succès international. Je crois que la clé du succès est la façon dont nous l’avons recherché. Nous avons réellement fait de gros efforts pour comprendre ce que veulent les gens, comment ils interprètent le message, comment ils préfèrent recevoir leur information, ce qui les intéresse. Nous les avons réellement considérés comme nos partenaires. Nous avons beaucoup fait pour comprendre leur culture. »
C’est, a-t-elle dit, cette même méthode qui va la guider dans la direction qu’elle va donner aux programmes de diplomatie publique du département d’État. Elle est d’avis que la diplomatie publique devrait viser à tenir compte des aspirations et des intérêts des publics étrangers, leur fournir les informations et les services auxquels ils accordent de l’importance, et positionner les États-Unis comme un partenaire œuvrant à la recherche de solutions partagées à des problèmes communs.
Diplômée en sciences politiques de l’université de Nottingham en Grande-Bretagne et de la faculté de droit de l’université Fordham, Mme McHale,a acquis une bonne compréhension des affaires étrangères en tant que fille de diplomate américain, qui a été en poste en Grande-Bretagne et en Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid. Cette expérience a contribué à façonner sa conception du monde.
Afin de promouvoir leurs intérêts stratégiques sur l’actuelle scène internationale, « les États-Unis doivent continuer d’aller au-delà de la diplomatie traditionnelle entre gouvernements et rechercher des moyens novateurs de communiquer directement avec les publics étrangers », a-t-elle dit.
Les nouvelles technologies médiatiques
Les nouvelles technologies de communication et les réseaux sociaux sont indispensables à la réalisation de ces objectifs à long terme, a-t-elle souligné.
« Nous devons être capables de communiquer avec des milliards de personnes dans le monde, et ce sera tout simplement impossible si nous n’utilisons pas les outils qui sont à notre portée. Nous devons recourir à la technologie moderne lorsque c’est utile. Nous devons comprendre quelles technologies sont adaptées à chaque marché particulier. » Elle a toutefois ajouté que la technologie en soi n’était qu’un outil et non une stratégie de communication globale.
Durant sa déposition devant la commission sénatoriale des affaires étrangères, elle a affirmé que les nouvelles techniques, utilisées de façon efficace et créative, pouvaient changer la donne. La technologie offre selon elle au gouvernement une chance d’appliquer un nouveau modèle de communication interactive et de collaboration au-delà des limites qui, autrefois, auraient pu empêcher les États-Unis d’atteindre des publics étrangers.
« Nous devons créer un cadre institutionnel capable de profiter pleinement des nouveaux médias, tout en sachant que ces outils doivent être judicieusement adaptés aux circonstances particulières et toujours placés au service d’une stratégie plus vaste. »
Mme McHale est en outre d’avis que la communication avec des publics étrangers ne devrait pas être la seule responsabilité du gouvernement. Il n’en a d’ailleurs pas les moyens. « Nous nous heurtons à d’importants défis, et nos ressources sont limitées. Nous devons tirer le maximum de profit des partenariats entre secteur public et secteur privé qui peuvent considérablement multiplier la portée de nos efforts », a-t-elle déclaré devant la commission sénatoriale des affaires étrangères.