Élections 2008 | Le peuple américain choisit ses dirigeants

29 janvier 2009

Le président Barack Obama

 

Le président Barack Obama

Barack Obama, le 44e président des États-Unis, a un passé qui sort de l'ordinaire. Né d'un père kényan et d'une mère blanche issue de l'Amérique profonde, il se fait découvrir sur la scène nationale en galvanisant son auditoire lorsqu'il prononce le discours principal à la convention nationale du parti démocrate tenue en 2004, dans lequel il déclare :

« Il n'y a pas une Amérique progressiste et une Amérique conservatrice - il y a les États-Unis d'Amérique. Il n'y a pas une Amérique noire et une Amérique blanche et une Amérique latino-américaine et une Amérique asiatique ; il y a les États-Unis d'Amérique (...) Nous formons un seul peuple, nous tous prêtant allégeance au drapeau, nous tous œuvrant à la défense des États-Unis d'Amérique. »

Cette année-là, il est élu sénateur, représentant l'Illinois au Congrès. Tout juste quatre ans plus tard, il obtient l'investiture du parti démocrate comme candidat à la présidence et remporte la victoire en battant le candidat républicain, John McCain.

Les premières années

Les parents de Barack Obama sont issus de milieux très différents. Sa mère, Ann Dunham, est née et a grandi dans une petite ville du Kansas. Quand sa famille s'installe à Hawaï, elle fait la connaissance de Barack Obama père, étudiant boursier kényan qui est inscrit à l'université d'Hawaï. Ils se marient en 1959 et, le 4 août 1961, Barack Obama naît à Honolulu. Deux ans plus tard, son père quitte sa nouvelle famille, d'abord pour continuer ses études de troisième cycle à Harvard, ensuite pour occuper un poste d'économiste dans l'administration kényane. Le jeune Obama ne reverra son père qu'une seule fois, à l'âge de dix ans.

Il a six ans quand sa mère se remarie, cette fois à un cadre de l'industrie pétrolière, de nationalité indonésienne. La famille va vivre en Indonésie et, quatre ans durant, le jeune garçon fréquente une école de Djakarta, la capitale. Il finit par regagner Hawaï pour vivre avec ses grands-parents maternels le temps de poursuivre ses études secondaires.

De nouveau, il quitte Hawaï, cette fois pour Los Angeles, où il fera deux années d'études à Occidental College. Il se rend ensuite à New York pour poursuivre ses études à l'université Columbia, dont il sort titulaire d'une licence en 1983.

Les années passées dans l'Illinois

Barack Obama obtient un poste de rédacteur financier dans une société de consultants à vocation internationale sise à New York, mais le quitte au bout de deux ans pour partir à Chicago en 1985. Là, il est animateur de quartier pour une coalition d'églises des quartiers sud de la ville, où vit une population afro-américaine pauvre, durement touchée par la fermeture des aciéries.

Après trois années d'efforts soutenus, il décide de s'inscrire à la faculté de droit de l'université Harvard, où il se distingue en étant le premier Afro-Américain à être président de la prestigieuse revue Harvard Law Review et à sortir diplômé magna cum laude en 1991.

Il regagne alors sa ville d'adoption, Chicago, où il travaille comme avocat spécialiste des droits civiques, enseigne le droit constitutionnel à l'université de Chicago et participe à des campagnes d'inscription sur les listes électorales à Chicago pour appuyer la candidature de démocrates. En 1992, il épouse Michelle Robinson, elle-même diplômée de la faculté de droit de Harvard. Barack et Michelle Obama ont deux filles : Malia, âgée de dix ans, et Sasha, âgée de sept ans.

En 1996, Barack Obama brigue son premier poste électif et intègre ainsi le corps législatif de l'Illinois en qualité de sénateur démocrate représentant Chicago. Au cours de ses huit années au Sénat de l'Illinois, il contribue à la réforme du financement des campagnes électorales, à la réduction des impôts des travailleurs à faible salaire et à l'amélioration de la juridiction pénale de l'État.

La scène nationale

Après avoir brigué sans succès un siège au Congrès en 2000, Barack Obama se présente en 2004 comme candidat au Sénat des États-Unis. Il obtient haut la main l'investiture du parti démocrate en remportant une plus grande proportion des suffrages (53 %) que ses six adversaires réunis.

Son discours brillant et inspirant à la convention nationale du parti démocratique en 2004, dans lequel il souligne la nécessité de transcender les divisions partisanes et plaide en faveur d'une « politique de l'espoir » et non du cynisme, le catapulte sur la scène nationale. L'automne venu, il remporte aisément le siège convoité au Sénat en obtenant 70 % des suffrages

La présidence

Barack Obama est l'un des plus jeunes présidents des États-Unis. Né vers la fin de la génération du « baby boom » (1946-1964), il est aussi le premier président à avoir atteint la majorité dans les années 1980. L'atmosphère dans laquelle il a grandi tranchait profondément sur la phase tumultueuse que traversait la société dans les années 1960 et qui avait façonné les vues des premiers « baby boomers ».

Pour expliquer l'attrait indubitable qu'il a auprès des Américains de toutes tendances politiques, la journaliste Larissa MacFarquhar, de la revue New Yorker, offre ce point de vue : « Ses prises de position lors des votes comptent parmi les plus progressistes au Sénat, mais il a toujours plu aux républicains, peut-être parce qu'il discute des objectifs progressistes en termes conservateurs. »

Quant au journaliste E.J. Dionne, qui tient une chronique politique au Washington Post, c'est peut-être lui qui résume le mieux la confluence due au heureux hasard de la candidature de Barack Obama et de l'air du temps aux États-Unis en écrivant :

« Le changement, et non l'expérience, tel était le mot d'ordre. Les grands coups de brosse, et non la maîtrise des détails, telle était la vertu la plus prisée dans les discours électoraux. Une rupture franche avec le passé, et non un simple retour à des jours meilleurs, telle était la promesse la plus chérie. »

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