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28 janvier 2009

Le président Obama courtise les républicains au Congrès

Il cherche à garantir l'adoption de son programme de relance économique.

 
Barack Obama le 27 janvier 2009
Le président Obama s'adresse à la Chambre des représentant au capitole le 27 janvier 2009.

Washington - Désireux d'obtenir l'accord des deux partis en faveur d'un vaste programme de stimulation de l'économie américaine, le président Barack Obama s'est rendu, le 27 janvier, au Capitole aux fins d'entretiens avec les chefs de file républicains du Congrès des États-Unis.

M. Obama a déclaré que son empressement à dialoguer avec le parti de l'opposition était dû au simple fait que le pays, plongé comme il l'était dans la crise économique, avait besoin de ce programme dit « de relance et de réinvestissement » destiné à créer des millions d'emplois et à rétablir la croissance économique.

Or, pour que ce plan, dont le coût atteint peut-être 825 milliards de dollars, puisse être appliqué, le Congrès doit le voter. Pour favoriser ses chances d'adoption, M. Obama en a déjà modifié certaines dispositions en vue d'apaiser les inquiétudes exprimées par des chefs de file des deux partis.

Le parti démocrate auquel appartient le président détient la majorité tant à la Chambre des représentants qu'au Sénat. Selon les observateurs, bien que les membres démocrates du Congrès ne partagent pas tous le point de vue de M. Obama, le plan présenté par ce dernier devrait recevoir l'aval d'un nombre suffisant d'entre eux pour en assurer l'adoption. Néanmoins, le président cherche à rallier aussi un nombre maximum de républicains.

Le débat au Congrès

Il est habituel que les républicains et les démocrates ne s'accordent pas sur la voie à suivre dans le domaine économique. Tel qu'il se présente actuellement, le programme prévoit qu'environ les deux tiers du budget soient consacrés à des projets d'infrastructure créateurs d'emplois, le dernier tiers allant à des réductions d'impôt.

Les principaux membres démocrates du Congrès, aussi bien que les conseillers économiques de M. Obama, estiment qu'effectivement des projets d'infrastructure seraient un moyen sûr de créer des emplois : ils estiment à entre 3 et 4 millions le nombre d'emplois qui proviendraient d'activités telles que la modernisation d'écoles et le développement du secteur des sources renouvelables d'énergie. C'est du moins l'avis qu'a exprimé, le 25 janvier, M. Lawrence Summers, président du comité des conseillers économiques de la Maison-Blanche, lors d'une émission télévisée d'actualités politiques.

« Lorsque l'État dépense un dollar pour créer un emploi, la personne qui occupera cet emploi verra son revenu augmenter. Son revenu augmentant, elle pourra dépenser davantage, ce qui va stimuler la création d'autres emplois », a-t-il déclaré.

Invité à cette même émission, le chef de la minorité à la Chambre John Boehner, député républicain de l'Ohio, a dit que les membres de son parti voyaient la situation d'un autre point de vue : « Si nous laissons les ménages garder une part plus forte de ce qu'ils gagnent, ils l'investiront ou la dépenseront, et tout cela sera bon pour l'économie. » C'est pourquoi M. Boehner et d'autres républicains influents préfèrent un plan de relance qui augmente les crédits d'impôts et accorde moins d'importance aux dépenses d'infrastructure.

Courtiser les républicains

Bien qu'il n'ait sans doute pas besoin des votes des républicains pour faire adopter son plan économique, M. Obama souhaite que cette initiative de grande envergure soit entérinée par les deux partis.

C'est dans ce dessein que le président s'est rendu au Congrès aux fins d'entretiens séparés avec les chefs de file républicains de la Chambre et du Sénat respectivement. Auparavant, il s'était entretenu par téléphone avec les chefs de file démocrate pour les encourager à renoncer à une disposition du projet de loi qui mécontentait les républicains à la Chambre.

Entre les deux réunions au Capitole, M. Obama a déclaré à la presse qu'il avait eu un excellent échange d'idées avec les républicains. « En ce qui concerne mon plan, il existe des divergences philosophiques de la part des républicains qui sont légitimes et que je respecte. Je ne m'attends pas à un accord à 100 % avec mes collègues républicains, mais j'espère que nous pourrons laisser la politique de côté et nous atteler au travail que les Américains attendent de nous », a déclaré le président.

« Évidemment, certaines divergences sont ressorties au sujet du plan de sauvetage économique », a déclaré de son côté M. Boehner à l'issue de son entretien avec M. Obama. « Je crois que nous partageons la conviction sincère que nous devons mettre en œuvre un plan qui marchera, qui relancera notre économie, qui créera des emplois et qui contribuera à maintenir ces emplois aux États-Unis. »

« Le président est sincère quand il déclare qu'il veut travailler avec nous, écouter notre point de vue et essayer de trouver un terrain d'entente », a dit le député républicain.

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