Élections 2008 | Le peuple américain choisit ses dirigeants

23 janvier 2009

La diaspora africaine célèbre l'élection de M. Obama

Diaspora africaine pour le changement a organisé, le 18 janvier, à Washington, un bal officieux à l'occasion de cet événement.

 
Angélique Kidjo
Angélique Kidjo, une chanteuse béninoise, durant sa prestation lors du bal d'investiture organisé par African Diaspora for Change.

Washington - Des immigrés africains et leurs enfants ont célébré l'élection du nouveau président américain, M. Barack Obama, se félicitant des changements positifs qu'il apportera, disent-ils, aux États-Unis et dans leurs pays d'origine.

African Diaspora for Change (Diaspora africaine pour le Changement) - est un groupe qui a été formé, en premier lieu, pour appuyer M. Obama pendant sa campagne électorale. Devenu, depuis, une association apolitique, il a organisé, le 18 janvier, un bal officieux à l'occasion de l'investiture du président afro-américain. L'événement a pris place au nouveau Centre Harman pour les Arts, de Washington ; le bal alliait du divertissement de style africain à des discours et à une collecte de contributions en faveur de projets éducatifs aux États-Unis et à l'étranger.

Le thème du bal était « Je suis le changement », empruntant ces mots à une phrase prononcée par M. Obama, qui est de père kényan et de mère américaine et qui devait prêter serment deux jours plus tard, le 20 janvier, pour devenir le 44e président des États-Unis.

De nombreux membres de la Diaspora africaine pour le changement - dont des Érythréens, des Éthiopiens, des Ivoiriens, des Kényans, des Somaliens, et des Soudanais - avaient fait beaucoup d'efforts personnels pour que ce changement voie le jour, frappant à plus de 13.000 portes et organisant des petites fêtes locales pour encourager le vote en faveur de M. Obama.

Le bal d'investiture, qui a mis l'accent sur l'éducation, s'est doublé d'une collecte de fonds pour la fondation Batonga, qui appuie l'enseignement secondaire et les études supérieures des filles africaines, et pour First Book (Premier Livre), un groupe qui distribue de nouveaux livres aux enfants des communautés défavorisées aux États-Unis et au Canada.

La chanteuse-compositrice béninoise et lauréate du prix Grammy de musique, Angélique Kidjo a joué, pendant ce bal, son rôle habituel mais aussi celui de fondatrice de l'organisation Batonga ; elle a non seulement chanté pour les quelque 500 personnes dans l'auditoire mais les a aussi encouragées à contribuer à l'éducation des petites Africaines.

Mme Kidjo, qui est ambassadrice de bonne volonté de l'UNICEF, a expliqué que « batonga » est un mot qu'elle a inventé quand elle était taquinée à l'école à une époque où l'éducation des filles n'était pas acceptée. La définition de « batonga », selon elle : « Laissez-moi tranquille. Je ferai ce que je veux, je serai qui je veux ».

« L'éducation est la seule chose qui peut guider l'Afrique vers la démocratie et la croissance économique durable », notamment l'éducation des filles, qui est encore entravée par la discrimination fondée sur le sexe de la personne, affirme Mme Kidjo. L'éducation peut aider les jeunes Africaines à éviter les mariages et la maternité précoces qui limitent leurs possibilités dans la vie, a-t-elle ajouté.

« M. Barack Obama a prouvé au monde entier que vous pouvez faire des rêves et avoir des espérances et les concrétiser si vous avez une bonne éducation et de la détermination… et que cela n'a rien à voir avec la couleur de votre peau », a dit Mme Kodjo.

Concert de tambours
Une prestation de batteurs de tambours lors du bal d'investiture de African Diaspora for Change le 18 janvier 2009.

Première vice-présidente de First Book, Octavia Jackson a annoncé l'intention de son organisation de fournir, en 2009, 10.000 livres à des fillettes qu'appuie la Fondation Batonga, et ce, alors que son programme s'étend à d'autres pays étrangers.

Mme Jackson a dit que les programmes tels que First Book sont essentiels, étant donné que 80 % des programmes pour les tout-petits - jardins d'enfants et garderies - dans les quartiers défavorisés des États-Unis, « n'ont accès à aucun livre ou manuel ». « Nous souhaitons répandre l'esprit de cette investiture au niveau international parce que je sais qu'en travaillant tous ensemble, nous pouvons créer le changement nécessaire », à la fois ici aux États-Unis et en Afrique.

La baronne Valérie Amos, qui est originaire du Guyana et a été présidente de la Chambre haute du parlement du Royaume-Uni, a qualifié l'élection de M. Obama d'événement « qui représente une transformation réelle de façon remarquable ».

« Si vous pensez qu'ici, aux États-Unis, vous êtes les seuls à être enthousiasmés par ce qui se passe dans ce pays, je peux vous dire que c'est une occasion historique pour le monde entier », a affirmé Mme Amos à l'auditoire.

« Ce que nous espérons voir est un retour des États-Unis à un rôle positif dans le monde entier », et M. Obama « n'est pas seulement votre président, il est aussi notre président », a-t-elle déclaré.

Witney Schneidman a occupé le poste de sous-secrétaire d'État adjoint pour les affaires africaines dans le gouvernement de M. Clinton et était conseiller de M. Obama, dans ce domaine, au cours de la campagne électorale. Il a fait l'éloge de ce qu'il a décrit comme un effort sans précédent accompli par cette campagne pour impliquer la diaspora africaine.

« Vous n'avez jamais vraiment fait partie du dialogue politique d'un candidat à la présidence, et nous avions décidé de changer cela », a dit M. Schneidman. « Nous voulions que la communauté somalienne au Minnesota se mobilise (en faveur de M. Obama), que les Éthiopiens en Virginie aillent dans leurs communautés pour les encourager à voter, nous avons tendu la main aux Congolais, aux Nigérians, aux Sénégalais, aux Sud-Africains dans tout le pays, et ils ont tous répondu, et c'était extraordinaire. »

« Quand viendra l'heure pour le gouvernement de M. Obama de mettre en œuvre sa politique, la communauté de la diaspora africaine va avoir un rôle important à jouer… Ce gouvernement aura besoin de votre aide pour accomplir tout ce que nous voulons accomplir en Afrique », a dit M. Schneidman.

Le député démocrate Donald Payne représente l'État du New Jersey à la chambre basse du Congrès américain où il préside la sous-commission sur l'Afrique et la santé internationale ; également chef de file du Congressional Black Caucus, le groupe influent de députés noirs, M. Payne a été nommé président honoraire du bal du 18 janvier.

Rappelant la longue histoire du mouvement des droits civiques, il a souligné qu'il reste encore du travail à faire. « Si, dans ce pays, il y a un jeune qui n'a pas accès à une éducation décente, ou un policier qui se comporte avec brutalité envers un citoyen, ou une personne qui perd son domicile, ou cherche du travail, alors notre tâche n'est pas achevée. Vous devez continuer à faire des efforts pour la mener à bien », a dit M. Payne.

Amina Salum Ali, l'envoyée de l'Union africaine aux États-Unis, a dit que l'élection de M. Obama représente « l'aube d'une nouvelle ère sur la scène politique américaine ». Mme Ali a résumé l'esprit de la soirée quand elle a terminé son discours en entraînant la foule à scander avec elle « Oyay, America », « Oyay, Africa » et enfin, de sa voix la plus forte, « Oyay, Obama ! »

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