21 janvier 2009
Le président est la première personne de couleur à diriger un pays à majorité blanche.

Washington - Ornée du drapeau des États-Unis, la façade ouest du Capitole, siège à Washington du Congrès américain, a été le point de mire, pendant un bref moment, le 20 janvier, de l'attention du monde entier alors que Barack Obama prêtait serment en tant que président et prononçait son discours d'investiture, demandant à tous les Américains de relever les défis auxquels ils sont actuellement confrontés, et proclamant au reste du monde que l'esprit du peuple américain « est plus fort et ne peut être brisé ».
La diffusion en direct sur les chaînes de télévision et sur Internet de la cérémonie d'investiture du président Obama a unifié des auditoires du monde entier. En même temps, les chaînes de télévision aux États-Unis rapportaient aux Américains les réactions du public dans divers endroits, dont l'école fréquentée par M. Obama pendant 4 ans, en Indonésie, et le village natal de son père à Kogelo, au Kénya.
L'épopée de l'ancien sénateur de l'Illinois jusqu'à la Maison-Blanche, où il exerce aujourd'hui les fonctions de président des États-Unis, est une histoire qui a inspiré aussi bien les Américains et que les non-Américains.
Au-delà du fait que M. Obama est le premier président afro-américain de toute l'histoire américaine, il est aussi le premier dirigeant de couleur d'un pays à majorité blanche.
Et cela a une signification particulière pour de nombreux Africains, qui sont fiers de la lignée kényane de M. Obama. Rendant hommage à son patrimoine, le nouveau président a invité trois membres de sa famille kényane à se joindre aux célébrations à Washington.
« Il est le premier du genre », a écrit un Sud-Africain à America.gov, ajoutant : « Je suis fier d'être un Noir ».
Réactions internationales
Le Kénya n'était pas le seul pays à célébrer l'investiture en tant que patrie des ancêtres de M. Obama. Moneygall, une petite ville irlandaise près de Dublin, s'est parée du rouge, blanc et bleu du drapeau américain, à cette occasion : l'arrière-arrière-arrière-grand-père de celui-ci, du côté de sa mère, aurait quitté cette ville pour émigrer aux États-Unis en 1850.
En Inde, et malgré le froid de la soirée, nombreux étaient ceux qui ont suivi en direct, à la télévision, l'investiture alors qu'elle se déroulait, à 21 heures pour eux, se rassemblant dans des restaurants pour la regarder sur le petit écran. Au Pakistan voisin, des écoliers avaient marqué cette occasion, plus tôt dans la journée, en prenant part à un service religieux de prière en faveur de la paix dans le monde.
Au Pérou, les guérisseurs ont pratiqué un ancien rituel andin, appelé « Jatun Sonjo » ou « Grand Cœur », qui, à l'origine, était dédié aux dirigeants de la civilisation Inca. Pendant cette cérémonie, les guérisseurs ont, entre autres, scandé le nom de M. Obama tout en agitant des crécelles et lancé des pétales de fleur sur sa photo.
Pour sa part, la ville japonaise Obama a fêté l'investiture du président Obama par une cérémonie dans un temple bouddhiste, suivie d'une fête de style hawaïen avec des danses hula en l'honneur du 50e État américain, Hawaï, où M. Obama est né. Le nom d'origine kényane du président, Obama signifie « petite plage » en japonais, et la ville d'Obama est maintenant devenue célèbre à cause de cette coïncidence.
Un lecteur ougandais du site Internet America.gov a fait remarquer que Barack, le prénom de M. Obama, signifie « bénédiction » en swahili. Il écrit : « Que le Seigneur vous bénisse au cours de cette période extraordinaire de votre vie en tant que dirigeant (des États-Unis). »
Symbole du pouvoir de l'individu et d'engagement
L'investiture de M. Obama offre diverses raisons, à tout un chacun, de se réjouir, par-delà son patrimoine : pour certains, son arrivée à la Maison-Blanche représente un accomplissement pour tous ceux de sa génération - une génération dite « post baby-boom », d'après la Seconde Guerre mondiale ; pour d'autres, elle représente un nouveau départ dans les relations entre l'Amérique et le reste du monde.
Une personne qui a visité le site Internet America.gov, aux Pays-Bas, s'est félicitée de certaines remarques dans le discours d'investiture de M. Obama, notant « sa mise en garde contre la cupidité et ses commentaires sur les manquements du gouvernement sortant… Je me sens en sécurité, de nouveau, dit-elle, et la haine contre l'Occident va bientôt diminuer maintenant ». Et d'ajouter l'espoir que les gens « ne vont pas s'attendre à trop, trop vite », de la part de M. Obama.
Un lecteur au Canada d'América.gov s'est félicité de l'amélioration de l'image de marque des États-Unis auprès du public. Il écrit : « En tant que Canadiens, nous ressentons la douleur qui vous afflige et nous sommes heureux de partager avec vous cette grande joie ».
Ce sentiment a été répercuté dans un commentaire en provenance de l'Afrique du Sud. Un lecteur a écrit à America.gov que si les États-Unis peuvent « trouver la paix et la prospérité, alors il est plus que vraisemblable que jamais que le reste du monde suivra ».
« Notamment les pays du tiers monde », dit-il. « Chaque fois que les États-Unis éternuent, nous en souffrons les conséquences. »