16 janvier 2009
Elle s'attache à trouver l'équilibre entre ses obligations publiques et familiales.
Washington - Le 20 janvier, Michelle Obama, en tant qu'épouse du président Barack Obama, deviendra la « première dame » des États-Unis. Elle formera alors avec son mari l'image d'un couple qui, selon toute vraisemblance, devrait transformer le visage que l'Amérique offre au monde. Ce faisant, elle sera appelée à jouer un rôle inédit dans l'histoire des États-Unis, présentant à la fois des possibilités enthousiasmantes et des écueils.
La première dame des États-Unis n'est ni élue ni rémunérée. Elle a toutefois de nombreuses responsabilités publiques, même si elles sont parfois de nature cérémonielle, symbolique ou tout simplement pratique. En tant que première dame, Michelle Obama représentera son pays dans ses déplacements à l'étranger et présidera aux dîners officiels et autres fonctions importantes organisées à la Maison-Blanche. Il est également fort probable qu'elle continuera de rencontrer des citoyens partout aux États-Unis, comme elle l'a fait durant la campagne électorale de 2008.
Les premières dames modernes consacrent également une grande partie de leur temps à l'avancement de programmes publics de leur choix. Michelle Obama a déjà fait savoir qu'elle s'intéressait particulièrement au bien-être des familles militaires, et les démarches qu'elle entreprendra en leur nom viseront certainement à attirer l'attention sur leurs intérêts.
Sur un plan plus personnel, Michelle Obama a dit aux journalistes qu'elle avait l'intention de remplir ses obligations de « maman en chef » auprès de ses deux filles, Malia et Sacha, au fur et à mesure que celles-ci s'adapteront à leur nouvel environnement au 1600 avenue de la Pennsylvanie. Ce travail d'équilibriste n'a rien de nouveau pour les nombreuses mères qui essaient de répondre aux exigences de leur emploi tout en essayant de trouver du temps pour leur mari et leurs enfants.
Une présence dynamique
Michelle Obama a un curriculum impressionnant. Diplômée de l'université de Princeton et de la faculté de droit de l'université Harvard, elle est une avocate accomplie et ancienne administratrice d'un hôpital. Ses compétences professionnelles seront un atout dans la gestion quotidienne de la vie à la Maison-Blanche.
Âgée de 45 ans, elle sera la plus jeune première dame depuis Jacqueline Kennedy, qui avait 31 ans lors de son arrivée à la Maison-Blanche en 1961. Comme l'ont fait avant eux John Kennedy et son épouse, Barack et Michelle Obama - un couple jeune et dynamique perçu comme les successeurs naturels des Kennedy - pourraient ouvrir une nouvelle ère à Washington.
Durant son séjour à la Maison-Blanche, Jacqueline Kennedy s'est en effet imposée comme emblème du style, préférant un look simple qui indiquait une rupture avec sa prédécesseure, Mamie Eisenhower. En choisissant l'Américain Oleg Cassini comme son couturier personnel, Jacqueline Kennedy a également transformé la fortune de l'industrie américaine de la mode.
Aujourd'hui, les magasins de mode espèrent que Michelle Obama, élégante et sophistiquée, aura une influence semblable et contribuera à relancer les ventes dans un climat économique difficile.
Même si la récession économique risque d'imposer une certaine retenue sur les festivités liées à l'investiture, la nature historique de l'arrivée au pouvoir du premier président afro-américain des États-Unis garantit que les célébrations seront particulièrement joyeuses.
Dans les jours qui précèdent l'investiture, les avis vont bon train sur ce que la première dame portera lors des bals officiels. Robin Givhan, une journaliste du Washington Post spécialiste des questions de mode, a récemment écrit dans un article : « La robe de bal (…) fait partie du tableau qui doit inspirer fierté, joie et optimisme » et, qu'on le veuille ou non, la robe de la première dame « frappe l'imagination populaire ».
Éliminer les barrières
Un essai paru dans le numéro de janvier 2009 de Vogue, rédigé par l'un des rédacteurs de ce magazine, résume bien la fascination du public pour la future première dame : « Nous avons hâte de voir quelles fêtes elle va organiser, et comment elle va décorer les lieux, élever ses enfants et s'adonner à ses autres passions. »
Nombre de ses concitoyennes se retrouvent dans Michelle Obama. Dans un article paru le 1er décembre dans le magazine Newsweek, la journaliste Allison Samuels a écrit : « L'influence de Michelle pourrait s'exercer bien au-delà du superficiel. Lorsque son mari lèvera la main pour prêter serment, elle deviendra l'Afro-Américaine la plus célèbre du monde. »
Son rang de première dame lui offrira une occasion d'éliminer les stéréotypes qui circulent au sujet des femmes noires et « sur un plan plus général, d'éduquer le monde au sujet de la culture afro-américaine », a écrit Mme Samuels. « Mais Michelle a, par-dessus tout, et indépendamment de ce que peut faire son mari, le pouvoir de changer la façon dont les Afro-Américains eux-mêmes conçoivent leur vie et leurs possibilités. »
Ses propres succès, tout comme ceux de son époux, illustrent le concept américain de la mobilité sociale. Michelle Obama, qui a grandi dans les quartiers modestes du sud de Chicago, habitera bientôt à la Maison-Blanche.
Liza Mundy, auteure de Michelle : une biographie, prévoit que Mme Obama va s'épanouir dans son nouveau rôle. Lors d'une allocution prononcée à Arlington (Virginie) le 12 janvier, Mme Mundy a déclaré que la prochaine première dame était parfaitement préparée à relever ce nouveau défi extraordinaire.