12 janvier 2009
Les démocrates renforcent leur avantage dans les deux chambres.
Washington – En janvier de chaque année impaire, le pouvoir législatif des États-Unis se renouvelle lorsque les nouveaux membres élus en novembre rejoignent leurs collègues à l’occasion de l'ouverture de la nouvelle législature. Cette année, les parlementaires vont devoir relever une série particulière de défis.
Premièrement, en 2009, la 111e législature aura affaire à un nouveau président qui a été élu pour son programme axé sur le changement et dont le parti (démocrate) détient une majorité renforcée au Sénat comme à la Chambre des représentants.
Le Congrès et le président devront s’attaquer à une formidable série de problèmes en matière de politique tant intérieure qu'étrangère, notamment une récession croissante, l’augmentation du déficit budgétaire de l'État fédéral, deux guerres simultanées qui épuisent les ressources de l’armée américaine ainsi qu'une nouvelle crise au Proche-Orient.
L’élément prioritaire de l’ordre du jour législatif sera un plan de relance économique qui pourrait coûter entre 750 milliards et 1 billion de dollars et que les chefs de file du Congrès souhaitent adopter d’ici à la mi-février. Ceux-ci ont également l’intention de réviser ou d’adopter des lois portant sur un large éventail de sujets, dont la sécurité, la santé, l’éducation et l’environnement.
La répartition des sièges entre les partis
À ce jour, la 111e législature comprend 9 nouveaux sénateurs, dont 7 démocrates, et 54 nouveaux représentants (32 démocrates et 22 républicains), mais la composition finale du Congrès demeure encore incertaine parce qu’on ignore encore l’identité des occupants de plusieurs sièges.
Par contre, les chefs de file des deux chambres sont les mêmes qu’en 2008.
À la Chambre des représentants, Mme Nancy Pelosi (démocrate de la Californie) conserve son poste de présidente, dont le rôle est de décider des mesures qui seront soumises au débat et au vote. M. Steny Hoyer (Maryland) continuera d’être le chef de la majorité, et M. James Clyburn (Caroline du Sud) conserve son rôle de responsable de la discipline parmi les membres de la majorité.
Ils ont tous trois été élus à ces postes en 2007, après que leur parti eut obtenu la majorité lors des élections législatives de 2006. Première femme à accéder au poste de président de la Chambre, Mme Pelosi est appelée à remplacer le président des États-Unis en cas de besoin si le vice-président est dans l’incapacité de le faire.
Chez les républicains, M. John Boehner (Ohio) reste le chef de la minorité, et M. Eric Cantor (Virginie) occupera le poste de responsable de la discipline parmi les membres de la minorité.
Au Sénat, Harry Reid (Nevada) continuera de diriger la majorité, et Richard Durbin (Illinois) continuera de veiller à la discipline parmi les membres du parti démocrate. Côté républicain, ces deux postes demeurent occupés respectivement par MM. Mitch McConnell (Kentucky) et Jon Kyl (Arizona).
Renforcement de la majorité démocrate dans les deux chambres
À la Chambre des représentants, forte de 435 membres, les démocrates jouissent désormais d’une majorité de 256 sièges, alors qu’ils n’en avaient que 235 lors de la 110e législature.
Un siège est vacant du fait que M. Rahm Emanuel (Illinois) a démissionné pour devenir le secrétaire général de la Maison-Blanche du président Barack Obama. Une élection spéciale doit avoir lieu le 7 avril prochain pour pourvoir ce siège.
Les démocrates détiennent également une majorité appréciable au Sénat, puisqu’ils occupent 57 (dont 2 indépendants qui votent démocrate) des 100 sièges de cette chambre haute. Ce chiffre pourrait passer à 59, selon le règlement de la situation au Minnesota et en Illinois.
Certaines élections sénatoriales n’ont pas encore été décidées
Au Minnesota, les résultats initiaux indiquaient que le candidat républicain sortant, M. Norm Coleman, devançait son adversaire démocrate, M. Al Franken, par 215 voix, près de 3 millions de suffrages ayant été exprimés. Le nouveau dépouillement obligatoire des bulletins qui s'est achevé en janvier a donné l’avantage à M. Franken par 225 voix, mais l'action en justice intentée par M. Coleman pourrait retarder la décision pendant des mois.
En Illinois, le gouverneur de cet État, M. Bob Blagojevich, a nommé M. Roland Burris, un ancien ministre de la justice de cet État, au siège laissé vacant par M. Barack Obama. Toutefois, M. Burris n’a pas encore pu siéger au Sénat parce que les règles de cette chambre exigent qu’un nouveau sénateur présente un document qu’il n’a pas pu fournir. Le secrétaire d’État de l’Illinois a en effet refusé de certifier sa nomination parce qu’il considère que l'arrestation de M. Blagojevich pour corruption l'empêche de nommer qui que ce soit au Sénat et que de toute façon cette arrestation entache la réputation de la personne qu’il nomme. (M. Blagojevich n’a pas encore été inculpé ni jugé.)
La gouverneure du Delaware, Mme Ruth Ann Minner, a nommé M. Ted Kaufman pour occuper le siège laissé vacant par le futur vice-président, M. Joseph Biden. Deux autres démocrates devront être remplacés si le Sénat confirme leur nomination à des postes ministériels du futur gouvernement. Il s’agit de Mme Hillary Clinton (New York) au poste de secrétaire d’État et de M. Ken Salazar (Colorado) à celui de ministre des affaires intérieures.
La nouvelle législature est presque aussi diverse que la précédente. Elle comprend aujourd’hui 95 femmes (78 à la Chambre des représentants et 17 au Sénat) ainsi que 41 Afro-Américains, 31 Hispaniques, 11 Asio-Américains et 1 Amérindien.