07 janvier 2009
Sa priorité pour les prochaines semaines demeurera l'économie.

Washington - Quand le 111e Congrès des États-Unis a entamé sa séance d'ouverture, le 6 janvier, deux personnalités politiques, qui espéraient représenter leurs États respectifs au Sénat, étaient absentes.
La Constitution des États-Unis stipule qu'une nouvelle législature doit être convoquée, à midi, le 3 janvier, tous les 24 mois, coïncidant avec l'année impaire, à moins que la législature sortante n'en décide autrement par voie de vote. Le Congrès sortant avait désigné la date du 6 janvier 2009 pour l'inauguration de la législation suivante.
La majeure part de cette journée a été consacrée aux affaires courantes. Nancy Pelosi a été réélue sans difficulté à la présidence de la Chambre des représentants, après quoi elle a dirigé la prestation de serment de tous les députés.
À la Chambre haute, tous les sénateurs nouvellement élus, y compris ceux qui venaient d'être reconduits à leurs postes, ont prêté le serment administré par le vice-président Dick Cheney en sa qualité concomitante de président du Sénat.
La controverse au Sénat
Le 111e Sénat a entamé sa première séance avec deux sièges vacants, un chaque pour les États de l'Illinois et du Minnesota. Bien qu'il ne soit pas anormal d'avoir des sièges inoccupés au Congrès, les circonstances de la situation actuelle sont inhabituelles.
Peu après avoir remporté la victoire à l'élection présidentielle, M. Barack Obama a démissionné du Sénat où il représentait l'Illinois. Dans cet État, la loi exige du gouverneur, en l'occurrence Rod Blagojevich, de nommer son successeur. Ce dernier serait tenu alors de se présenter aux prochaines élections générales, prévues en novembre 2010.
M. Blagojevich, qui fait actuellement l'objet d'une enquête portant sur des allégations de corruption, a nommé l'ancien ministre de la justice de l'Illinois, Roland Burris pour remplacer M. Obama au Sénat des États-Unis. Le gouverneur Blagojevich est accusé d'avoir tenté de réclamer des pots-de-vin en échange de cette nomination sénatoriale mais il n'y a aucun indice que M. Burris ait été impliqué dans cet incident.
De nombreux membres de l'assemblée de l'État de l'Illinois et du Congrès fédéral considèrent que tout sénateur désigné par M. Blagojevich serait éclaboussé par les allégations de corruption. Et parmi les personnes de cet avis, on compte le secrétaire d'État de l'Illinois, Jesse White, qui a refusé de signer le document qui aurait confirmé la nomination faite par le gouverneur.
Les règles du Sénat fédéral exigent de tout nouveau sénateur de présenter ce document de certification paraphé par le secrétaire de leur État. Mais quand M. Burris est arrivé au Sénat, le secrétaire de celui-ci, qui supervise un grand nombre des fonctions administratives de la Chambre haute, lui a barré l'accès.

Selon M. Burris, on lui a indiqué qu'il n'avait pas les lettres de créance adéquates, qu'il ne serait pas accepté, qu'on ne le conduirait pas à son siège et que sa présence ne serait pas autorisée dans l'enceinte.
« Je ne cherche aucune sorte d'affrontement. Je vais consulter mes avocats et nous déterminerons quelle devra être notre prochaine démarche », a dit M. Burris devant le Capitole, le siège du Congrès. Ses avocats ont indiqué qu'ils tenteraient de discuter de la situation avec les principaux membres du Sénat pendant qu'ils examineraient les options dont ils disposent.
Le Sénat a également préféré ne pas accepter la présence d'Al Franken, qui devait représenter l'État du Minnesota, après que celui-ci eut remporté son siège à l'issue d'un scrutin extrêmement serré, selon les autorités électorales. Un nouveau décompte manuel, qui a pris deux semaines et vient seulement d'être achevé, indique que M. Franken - un comédien devenu homme politique - ne l'a emporté que de 225 voix parmi 2,9 millions de suffrages exprimés.
Le sénateur républicain sortant Norm Coleman a porté plainte devant les tribunaux pour protester contre les résultats officiels accordant la victoire à son rival. Le décompte initial, effectué le jour même de l'élection, indiquait que M. Coleman avait environ 200 voix de plus que M. Coleman. La loi du Minnesota interdit aux autorités de l'État de certifier les résultats de l'élection tant qu'une procédure judiciaire est en cours.
« Nous sommes conscients des sensibilités des deux parties s'agissant d'une élection aussi serrée », a dit le chef de la majorité à la Chambre haute, le sénateur Harry Reid. Il a ajouté qu'il espérait que M. Coleman accepterait les résultats officiels, permettant ainsi aux autorités du Minnesota de certifier la victoire de M. Franken.
Il y a actuellement un seul siège vacant à la Chambre basse : celui du député de l'Illinois Rahm Emamuel, qui a démissionné pour devenir secrétaire général de la Maison-Blanche, dans le gouvernement de M. Obama. D'autres sièges vont prochainement se libérer : le sénateur Joe Biden abandonnera le sien quand il prendra ses fonctions de vice-président, de même que d'autres députés et sénateurs quitteront leur siège pour devenir membres du cabinet de M. Obama.
L'économie : une priorité pour le 111e Congrès
Les membres de la 111e législature examineront et adopteront des projets de loi portant sur une vaste gamme de sujets, notamment la sécurité, la santé publique, l'éducation et l'environnement. Mais ils ont déjà fait clairement savoir, de même que les membres du prochain gouvernement, que l'économie est leur objectif principal.
Lorsque le président Obama prêtera serment le 20 janvier, les États-Unis entameront une période relativement rare « de gouvernement unifié », c'est-à-dire que le même parti politique, en l'occurrence le parti démocrate, contrôlera la Maison-Blanche, la Chambre des représentants et le Sénat.
Mais tous les démocrates ne votent pas de manière uniforme dans tous les domaines ; c'est pourquoi M. Obama devra œuvrer de concert avec les Républicains pour faire en sorte que ses priorités législatives se concrétisent.
Le 5 janvier, MM. Obama et Biden se sont entretenus avec les chefs de file des deux partis au Congrès, des objectifs du nouveau gouvernement dans le cadre d'un ensemble de mesures visant à relancer l'économie. Affirmant « que les affaires du public ne peuvent pas attendre », M. Obama a encouragé les membres du Congrès à adopter, dans ce domaine, des projets qu'il pourrait signer dès son entrée en fonctions.
Suite à cette rencontre, Mme Pelosi a dit : « Nous nous sommes engagés à œuvrer de concert, de manière bipartisane, avec grande civilité et discipline fiscale. Et je suis sûre que le débat sera passionné ».