24 septembre 2008
Les deux candidats à l'élection présidentielle participeront à trois débats à partir du 26 septembre.

Washington - Les sondages indiquent que la lutte entre les deux candidats à la présidence, MM. John McCain et Barack Obama, est extrêmement serrée, mais les spécialistes de la politique pensent que cela pourrait changer avec les débats.
Les débats télévisés donnent en effet aux Américains une chance de comparer les candidats au fur et à mesure qu'ils répondent à des questions difficiles et réagissent aux imprévus inhérents à tout événement télévisé en direct.
Les résultats des sondages peuvent « être effacés en une seconde » durant les débats, a déclaré Stanley Greenberg, directeur exécutif de la société démocrate de sondage Greenberg Quinlan, le 16 septembre, lors d'une conférence de presse tenue au Centre de la presse étrangère du département d'État. M. Greenberg pense en outre que les trois débats présidentiels et le débat vice-présidentiel attireront de nombreux téléspectateurs.
« Je pense que les débats n'ont jamais été aussi importants », a déclaré aux journalistes M. Neil Newhouse, cofondateur de la société républicaine de sondage Public Opinion Strategies.
« Je pense que les enjeux de ces débats sont énormes, que les gens vont les suivre de près et prendre des décisions », a dit M. Newhouse, ajoutant que les électeurs se posaient les questions suivantes : « Serons-nous en sécurité avec Obama ? A-t-il assez d'expérience ? Suis-je certain que les politiques et les programmes de John McCain ne ressembleront pas à ceux de M. Bush ? »
« Les électeurs vont chercher les réponses à ces questions dans les débats », a-t-il affirmé.
Le format des débats est minutieusement préparé
Les débats entre les deux candidats à la présidence sont devenus un rite de la campagne électorale. Le premier débat télévisé entre les candidats des deux partis a opposé Richard Nixon à John Kennedy en 1960. Il a illustré l'effet potentiel de ces joutes et mis en lumière le fait que le style et la forme étaient aussi importants que la substance. Même si ceux qui avaient écouté le débat à la radio pensaient que Nixon avait été le plus convaincant, les téléspectateurs, beaucoup plus nombreux, étaient d'avis que Kennedy avait gagné le débat, une réaction qui a sans doute contribué à son étroite victoire.
Ensuite, il n'y a pas eu d'autre débat jusqu'en 1976. Depuis, il y en a eu à chaque élection. Depuis sa création en 1987, la Commission sur les débats présidentiels (CPD), une organisation apolitique, planifie les débats.
Cette année, le premier débat présidentiel, qui aura lieu le 26 septembre à l'université du Mississippi, sera consacré à la politique étrangère. Le second, durant lequel le public pourra poser des questions, aura lieu le 7 octobre à l'université Belmont à Nashville. Le troisième et dernier débat sera consacré à l'économie et autres questions intérieures et aura lieu le 15 octobre à l'université Hofstra de New York.
Les candidats à la vice-présidence, Joe Biden et Sarah Palin, débattront le 2 octobre à l'université Washington de Saint Louis (Missouri). Ce débat n'est limité à aucun sujet.
Le CPD a commencé à planifier les débats pour l'élection présidentielle de 2008 en 2006. Presque chaque détail, y compris comment les candidats seront placés sur la scène et qui sera dans l'auditoire - est arrêté à l'avance avec la coopération du personnel de la campagne de chaque candidat.
Chaque débat, d'une durée de 90 minutes, sera télédiffusé en direct et sera arbitré par une personnalité différente de l'information télévisée. La plupart des Américains connaissent bien ces personnalités, puisqu'il s'agit de Jim Lehrer (PBS), de Tom Brokaw (NBC) et de Bob Schieffer (CBS). Gwen Ifill, de la chaîne PBS, animera le débat vice-présidentiel.
Pour le premier et le troisième débat, c'est l'animateur qui rédige ses propres questions. Chaque question donne lieu à un segment de neuf minutes : les candidats ont chacun deux minutes pour y répondre. Il y a ensuite cinq minutes de discussion, durant lesquelles l'animateur s'assure que chaque candidat a le même temps de parole. Ces conditions diffèrent un peu de celles des débats précédents, où les segments étaient plus courts, ce qui permettait d'aborder plus de questions.
Le second débat, organisé sur le format d'une assemblée publique, permet aux électeurs qui n'ont pas encore pris de décision de poser des questions. Durant les quelques jours qui précéderont le débat, l'organisation Gallup va interroger les électeurs de la région de Nashville afin de trouver ceux qui n'ont vraiment pas encore décidé pour qui ils vont voter. Ces électeurs poseront leurs questions directement aux candidats. L'animateur prendra connaissance de ces questions à l'avance, mais il ne sera pas autorisé à les modifier.
Pour la première fois de l'histoire des débats, l'animateur posera également des questions envoyées par l'Internet. Le CPD a collaboré avec MySpace pour créer MyDebates, un site Web qui permet au public de soumettre des questions et de participer à des forums politiques. MyDebate offrira également des vidéos et des transcriptions des débats. L'animateur pourra en outre sélectionner des questions sur la santé que des Américains auront envoyées au site Web consacré à ce sujet, WebMD.
Seuls les candidats des grands partis participeront aux débats. Le CPD a en effet adopté des règles régissant la participation : les candidats doivent avoir obtenu au moins 15 % d'avis favorables dans cinq grands sondages nationaux dans les jours précédant les débats. Cela a pour résultat de limiter la participation aux candidats des deux principaux, bien que Ross Perot et John Anderson y aient pris part, respectivement en 1992 et en 1980.
Au cours des vingt dernières années, un autre phénomène important lié aux débats s'est développé : l'interprétation. Après chaque débat, des collaborateurs des deux candidats s'adressent à des membres de la presse, expliquant pourquoi leur candidat l'a « gagné ».