Élections 2008 | Le peuple américain choisit ses dirigeants

12 septembre 2008

Les candidats à la présidence et l'Amérique latine

Les conseillers de MM. McCain et Obama font état de divergences en matière de libre-échange

 
Otto Reich
M. Otto Reich, conseiller auprès de M. McCain (candidat républicain) au sujet du continent américain.

Washington - MM. John McCain et Barack Obama sont tous deux d'avis que les pays de l'Amérique latine et du bassin des Caraïbes doivent offrir de meilleures possibilités économiques à leur population, mais ils sont tout à fait en désaccord sur certains points, notamment en ce qui concerne la ratification de l'accord de libre-échange entre les États-Unis et la Colombie, ont déclaré à America.gov les conseillers des candidats à la présidence.

La position de M. McCain

Selon un ancien haut responsable du département d'État, M. Otto Reich, qui conseille M. McCain (candidat républicain) au sujet du continent américain, le manque de possibilités économiques équitables est la principale cause des nombreux problèmes auxquels sont en proie les pays de l'Amérique latine et du bassin des Caraïbes, tels que l'immigration clandestine, le trafic de stupéfiants et la criminalité organisée.

« Un grand nombre de ces problèmes, a-t-il dit, ne se prêtent pas à des solutions faciles. » Cette partie du monde comprend des États qui sont au bord de la faillite et qui sont gouvernés par des « démagogues » désireux d'exploiter la situation.

L'Amérique latine n'a pas réussi à trouver la bonne formule de développement économique équitable, a-t-il fait remarquer en ajoutant : « J'entends par là une situation où existe l'égalité des chances, mais évidemment pas l'égalité des résultats, pour échapper à la pauvreté. »

Une solution consiste à accroître l'accès au marché américain des produits de ces pays dans le cadre d'échanges libres, loyaux et équitables.

M. Reich s'est déclaré d'avis qu'il incombe à l'Amérique latine, et non pas aux États-Unis, de résoudre ses problèmes, à l'exception du fait que les États-Unis doivent ouvrir leur marché aux produits latino-américains. Le Mexique et le Chili sont deux pays qui tirent de grands avantages des accords de libre-échange conclus avec les États-Unis, tout comme ceux-ci le font.

C'est probablement sur le libre-échange entre les États-Unis et l'Amérique latine que les positions de MM. McCain et Obama (candidat démocrate) sont les plus différentes, ce à quoi on a peu prêté attention jusqu'ici, a dit M. Reich.

Dan Restrepo
M. Dan Restrepo, le principal conseiller de M. Obama pour les affaires relatives au continent américain.

Cette divergence devrait constituer un avertissement pour les Latino-Américains, car le Congrès à majorité démocrate, qui œuvrera évidemment de concert avec un président démocrate, bloque déjà la ratification des accords de libre-échange conclus avec la Colombie et le Panama, malgré les pressions du gouvernement Bush.

Selon M. Reich, non seulement l'équipe de M. Obama accuse à tort le gouvernement Bush de ne pas écouter les autres pays du continent américain, mais elle se trompe aussi en prétendant que le candidat démocrate va pouvoir modifier complètement la politique latino-américaine des États-Unis en adoptant quelque chose de semblable à l'Alliance pour le progrès, qui avait visé dans les années 1960 à renforcer la coopération économique entre les États-Unis et les pays latino-américains.

La position de M. Obama

Le principal conseiller de M. Obama pour les affaires relatives au continent américain, M. Dan Restrepo, a indiqué que le candidat démocrate était d'avis qu'il était nécessaire de combler le vide créé par la politique latino-américaine du gouvernement Bush.

M. Obama, a-t-il dit, est en faveur de l'établissement de partenariats avec les pays du continent américain de sorte que toutes les couches de la société puissent jouir de la démocratie, des possibilités économiques et de la sécurité. Ses propositions soulignent la nécessité de résoudre les problèmes auxquels se heurte la population de ces pays, car « ce qui est bon pour l'Amérique latine l'est aussi pour les États-Unis ».

À propos des connaissances des candidats relativement à l'Amérique latine, M. Restrepo, qui fait partie d'un centre de réflexion de Washington (Center for American Progress), a déclaré que les dizaines de voyages que M. McCain avaient effectués dans cette partie du monde ne voulaient dire qu'il avait une bonne connaissance de la situation de ces pays. Si M. Obama ne s'est pas rendu en Amérique latine, cela ne veut pas non plus dire qu'il est peu au courant des affaires latino-américaines, comme le prétendent les conseillers de M. McCain.

« Ce qui compte, a-t-il dit, ce n'est pas d'aller dans ces pays pour se faire prendre en photo ; ce qui compte, c'est d'avoir des idées pour faire progresser les relations » entre les États-Unis et ces pays.

En ce qui concerne le libre-échange, a-t-il expliqué, M. Obama comprend que les échanges commerciaux constituent un élément important des relations avec les pays latino-américains, mais ils ne doivent pas être le seul élément de ses relations, comme c'est le cas avec la politique actuelle et comme ce le serait si M. McCain était élu président.

M. Obama estime que les États-Unis ne peuvent pas ratifier l'accord de libre-échange avec la Colombie tant que ce pays n'aura pas fait des progrès pour ce qui est de mettre fin à la violence dont font l'objet les syndicalistes et des responsables de la société civile.

La Colombie, a-t-il dit, est arrivée à un moment très important pour consolider les immenses progrès qu'elle a réalisés dans le domaine de la sécurité et pour s'attaquer aux auteurs des actes de violence dirigés contre les syndicalistes.

S'il est élu président, a souligné M. Restrepo, M. Obama poursuivra le soutien des États-Unis à ce pays pour lui permettre de continuer de faire des progrès dans le domaine de la sécurité.

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