05 septembre 2008
Son discours d'acceptation de l'investiture du parti républicain

Washington - C'est avec « gratitude, humilité et confiance » que M. John McCain (sénateur de l'Arizona) a accepté l'investiture du parti républicain comme candidat à la présidence des États-Unis, lors de la convention nationale de ce parti qui s'est tenu à St-Paul (Minnesota). Il s'est engagé à relever les défis tels que celui du terrorisme et celui de l'énergie en tenant compte, avant toute autre chose, de l'intérêt public.
Lors du discours qu'il a prononcé le 4 septembre à la fin de la Convention nationale du parti républicain, M. McCain a critiqué de nombreux aspects du programme politique de son adversaire démocrate, M. Barack Obama (sénateur de l'Illinois), et l'inexpérience relative de ce dernier. Il a cependant ajouté que M. Obama et ses partisans avaient son respect et son admiration.
« En dépit de nos divergences, ce qui nous unit est beaucoup plus important que ce qui nous divise. Nous sommes des compatriotes, fait qui a une plus grande signification pour moi que tout autre », a-t-il dit.
Le sénateur de l'Arizona s'est déclaré favorable à l'épithète de « non conformiste », que l'on attache souvent à son nom en raison des positions impopulaires qu'il a prises tout au long de sa carrière politique et du fait qu'il a voté contre des mesures et des textes de loi qui avaient le soutien du parti républicain.
« Parfois il s'agit d'un compliment et d'autres fois non. Ce que cela veut réellement dire, c'est que je comprends pour qui je travaille. Je ne travaille pas pour un parti. Je ne travaille pour un groupe d'intérêt. Je ne travaille pas pour moi-même. Je travaille pour vous », a-t-il souligné.
Il a fait état du soutien qu'il avait apporté récemment au renfort des forces américaines en Irak, bien que l'opinion publique soit de moins en moins favorable à leur maintien dans ce pays. « Cette stratégie, a-t-il dit, a réussi et nous a sauvés d'une défaite qui aurait démoralisé notre armée, entraîné peut-être un élargissement de la guerre et porté atteinte à la sécurité de tous les Américains. »
M. McCain s'est déclaré prêt à s'occuper des nombreuses menaces qui pesaient sur la sécurité des États-Unis, en indiquant qu'il connaissait les capacités et les limites des forces armées américaines.
« Je sais, a-t-il dit, comment œuvrer de concert avec les dirigeants qui ont les mêmes aspirations en ce qui concerne un monde plus libre, plus sûr et plus prospère et comment m'opposer à ceux qui n'ont pas ces aspirations. Je sais comment garantir la paix. »
Le candidat républicain a souligné que le réseau Al-Qaïda et l'Iran continuaient de faire peser une menace sur les États-Unis et leurs intérêts. Il a critiqué les dirigeants de la Russie en les qualifiant de personnes devenues « riches par la valeur du pétrole », mais « corrompues par le pouvoir », et qui avaient « rejeté les principes démocratiques et les obligations d'une puissance responsable ».
Il s'est néanmoins engagé à avoir de bonnes relations avec la Russie, tout en déclarant qu'il ne pouvait « pas fermer les yeux devant l'agression et le non-respect du droit international qui menaçaient la paix et la stabilité du monde et la sécurité des Américains ».
En ce qui concerne la politique énergétique, M. McCain a déclaré que, s'il était élu président, il entreprendrait « le projet national le plus ambitieux depuis des décennies » afin de réduire la dépendance des États-Unis envers des pays « qui ne nous aiment guère ». Il s'est prononcé en faveur du forage de puits de pétrole dans le territoire américain, de la construction de centrales nucléaires, de l'accroissement de l'exploitation de l'énergie du vent, des marées et du soleil, ainsi que du recours au gaz naturel et aux technologies du charbon épuré.
« Il nous faut, a-t-il dit, nous servir de toutes nos ressources et mettre au point les technologies nécessaires pour sauver notre économie des dommages causés par la hausse du cours du pétrole et pour rétablir la santé de notre planète. »
Tout au long de son discours, M. McCain a fait allusion à sa captivité lors de la guerre du Vietnam et aux problèmes auxquels les autres soldats américains et lui s'étaient heurtés. « Je suis tombé amoureux de mon pays lorsque j'étais prisonnier dans un autre pays », a-t-il déclaré en ajoutant : « Mon pays m'a sauvé, et je ne peux pas l'oublier. »