04 septembre 2008
La candidate à la vice-présidence, Sarah Palin, prononce son premier discours national.

St-Paul (Minnesota) - Lors de la Convention nationale du parti républicain, les délégués ont officiellement investi, le 3 septembre, M. John McCain (sénateur de l'Arizona) comme leur candidat à la présidence des États-Unis.
État par État, les délégués ont voté verbalement, laissant le soin à la délégation de l'Arizona d'exprimer les suffrages qui ont donné à M. McCain la majorité nécessaire pour obtenir l'investiture.
Pour de nombreux délégués, le clou de la soirée a été le discours de la candidate à la vice-présidence, Mme Sarah Palin. Gouverneure de l'Alaska qui était peu connue jusqu'ici, Mme Palin a prononcé son premier discours sur la scène nationale. Elle a commencé par déclarer : « J'accepte l'appel à aider le candidat de notre parti à la présidence à servir et défendre les États-Unis. »
« Nous sommes censés gouverner avec intégrité, avec bonne volonté, avec des convictions claires et avec le cœur de quiconque est prêt à servir. Je m'engage envers tous les Américains à me conduire dans cet esprit en qualité de vice-présidente des États-Unis. »
Même avant son apparition sur le podium, des délégués criaient son nom et brandissaient des pancartes en sa faveur. Dans les couloirs du Centre Xcel Energy, où se tient la convention, des personnes s'étaient rassemblées devant des postes de télévision pour regarder la gouverneure de l'Alaska prononcer son discours.
Mme Palin a raconté aux délégués républicains et aux téléspectateurs son histoire aussi bien personnelle que politique. Âgée de quarante-quatre ans et mère de cinq enfants, elle a décrit sa famille comme connaissant les mêmes hauts et bas que n'importe quelle autre famille, les mêmes problèmes et les mêmes joies.
Elle a également fait état de ses réalisations en qualité de gouverneure en disant qu'elle avait fait voter des lois sur l'éthique, lutté contre les groupes de pression et réduit les dépenses inutiles. Elle a dit que, en tant que gouverneure de l'Alaska, elle était à la tête d'un État dont les ressources pétrolières et gazières étaient abondantes, laissant entendre par là qu'elle avait une très bonne connaissance des questions énergétiques.
La présidence de M. McCain vue par des responsables du parti républicain
Mme Palin et des responsables du parti républicain ont donné un aperçu de ce que ferait M. McCain s'il était élu président des États-Unis. Ils ont indiqué qu'il chercherait à exploiter de nouvelles sources d'énergie, à réduire les impôts, à créer des emplois, à encourager le libre-échange et à limiter l'intervention de l'État.

Lorsque M. McCain sera président, a dit Mme Palin, « nous allons mettre en place un plus grand nombre d'oléoducs et de gazoducs, construire des centrales nucléaires, créer des emplois en ayant recours aux techniques du charbon propre et en exploitant davantage les sources d'énergie solaire, éolienne, géothermique et autres ».
« Les familles ne peuvent pas gaspiller une partie de plus en plus importante de leur salaire pour acheter de l'essence et du fioul », a-t-elle dit.
Pour sa part, l'ancien maire de New York, M. Rudy Giuliani, a déclaré que l'économie et la souveraineté des États-Unis dépendaient du forage de puits de pétrole qui permettrait de réduire la dépendance du pays à l'égard du pétrole étranger. M. McCain est en faveur de forages au large des côtes américaines.
En ce qui concerne l'économie, M. Giuliani a déclaré : « M. McCain suscitera les changements qui sont nécessaires pour créer des emplois et la prospérité (…) Il réduira les dépenses publiques de manière à renforcer le dollar. Il accroîtra le libre-échange de sorte que notre pays soit encore plus compétitif. »
Ancienne PDG de la société Hewlett Packard, Mme Carly Fiorina a dit pour sa part : « Si les Américains font le bon choix (…) ils garderont une plus grande partie de l'argent qu'ils gagnent en travaillant dur. Les petites entreprises comme les grandes créeront des emplois dans notre pays et susciteront une croissance économique vigoureuse. Les États-Unis seront de nouveau un excellent endroit pour créer une entreprise. »
Quant à l'ancien gouverneur de l'Arkansas, M. Mike Huckabee, il a déclaré que M. McCain limiterait l'intervention de l'État dans la vie des Américains. « John McCain ne veut pas le genre de changement qui permet à l'État de prélever davantage sur votre salaire, de choisir votre médecin et l'école de votre enfant. »
De nombreux autres orateurs ont également critiqué le programme politique de l'adversaire de M. McCain, le démocrate Barack Obama, en ce qui concerne la fiscalité, la politique étrangère et la sécurité nationale.
Les qualités de chef de M. Obama n'ont pas été mises à l'épreuve, a dit M. Giuliani. « John a été mis à l'épreuve, ce qui n'est pas le cas de Barack Obama. Les périodes difficiles exigent des dirigeants qui sont forts. Ce n'est pas le moment d'apprendre sur le tas. »
La plus grande partie du discours de Mme Palin a porté sur M. Obama. Elle a particulièrement critiqué ses propositions en matière de politique énergétique et sa position relative à la guerre en Irak.
« En politique, il y a des candidats qui se servent du changement pour promouvoir leur carrière », a-t-elle dit au sujet du slogan de M. Obama en faveur du changement. « Il y a aussi ceux qui, comme John McCain, se servent de leur carrière pour encourager le changement. »
Il est prévu que les délégués investissent, le 4 septembre, Mme Palin comme la candidate du parti républicain à la vice-présidence des États-Unis. M. McCain doit prononcer son discours d'acceptation également le 4 septembre.