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31 octobre 2008

Les candidats à la présidence et les électeurs fixent leur attention sur l'économie

Les derniers jours avant l'élection présidentielle

 

Washington - La plupart des Américains vont élire un nouveau président en pensant que la question essentielle a trait à l'économie du pays et à la fiscalité. Toutefois, les arguments des candidats durant les derniers jours de leur campagne risquent de jeter dans la perplexité les électeurs au lieu de les éclairer.

Alors que la campagne électorale du candidat républicain John McCain et du candidat démocrate Barack Obama est sur le point de prendre fin, les candidats, leurs messages publicitaires et leurs partisans semblent passer presque autant de temps à critiquer l'autre camp qu'à exposer leur plan économique. Chaque candidat soutient que son adversaire s'apprête à détruire le « rêve américain » d'une classe moyenne qui serait forte et prospère.

Le débat relatif à la fiscalité fait ressortir les différences entre les classes sociales. M. Obama fait valoir que son plan ne prévoit une augmentation des impôts que pour les ménages dont le revenu net est supérieur à 250.000 dollars. En revanche, selon lui, M. McCain, qui souhaite proroger la série de réductions d'impôt mise en œuvre par le président Bush, cherche plus à défendre les intérêts des personnes fortunées et des grandes entreprises.

Aux États-Unis, l'impôt sur les personnes physiques et sur les entreprises se fonde sur le revenu net, c'est-à-dire sans les déductions autorisées par la loi. Les taux d'imposition sur le revenu des personnes physiques et des entreprises sont différents et augmentent progressivement en fonction du montant de ce revenu. Le taux maximum est de 35 % pour les personnes physiques et 39 % pour les entreprises, bien que ce taux diminue légèrement pour les entreprises les plus grandes et les plus rentables.

« Il ne s'agit pas de changement lorsque John McCain veut accorder une réduction d'impôt de 700.000 dollars au PDG moyen des 500 grosses sociétés figurant sur la liste de l'hebdomadaire Fortune », déclare M. Obama dans le discours qu'il prononce dans divers États ces derniers jours. « Il ne s'agit pas de changement lorsqu'il veut donner 200 milliards de dollars aux grosses sociétés ou 4 milliards à des sociétés pétrolières ou encore 300 milliards aux banques de Wall Street qui nous ont mis dans ce pétrin. Il ne s'agit pas de changement lorsqu'il propose un plan fiscal qui ne réduit pas d'un centime les impôts de plus de 100 millions d'Américains qui font partie de la classe moyenne. »

M. McCain et ses partisans répliquent que M. Obama souhaite appliquer une forme de socialisme américain qui reviendrait à prendre l'argent de personnes et d'entreprises qui réussissent pour financer les nouveaux programmes de l'État fédéral. L'état-major de la campagne de M. McCain souligne que cette politique nuirait aux Américains car elle entraverait la croissance économique et les entreprises répercuteraient les nouveaux impôts sur les consommateurs en augmentant le prix de leurs produits et de leurs services.

M. McCain cherche à bien faire comprendre ce point en ayant recours à un simple slogan, par l'intermédiaire d'un habitant de l'Ohio, Samuel Wurzelbacher, qui est devenu connu dans tout le pays sous le nom de « Joe, le plombier ».

Il y a quelques semaines, M. Wurzelbacher a déclaré à M. Obama, qui était de passage dans sa ville, qu'il envisageait d'acquérir la plomberie dans laquelle il travaillait, mais que le plan du candidat démocrate en matière de fiscalité lui serait défavorable s'il réussissait trop bien. M. Obama lui a répondu qu'il ne voulait pas punir ceux qui réussissaient, mais que lorsque la richesse était mieux répartie tout le monde en profitait.

M. McCain et ses collaborateurs se sont emparés de cette déclaration au sujet de la répartition de la richesse pour montrer que M. Obama avait des idées proches du socialisme qui nuiraient aux simples particuliers désireux d'accroître leur revenu. Depuis lors, le candidat républicain a fait appel à M. Wurzelbacher pour qu'il participe à des rassemblements politiques et il diffuse un message publicitaire télévisé montrant plusieurs Américains qui déclarent tous : « Je suis Joe, le plombier. »

Lors d'un discours récent, il a dit : « Cette élection revient à savoir comment vous voulez que l'argent que vous avez gagné à la sueur de votre front soit dépensé. Voulez-vous le garder et l'investir dans votre avenir ou voulez-vous qu'il soit pris par la personne la plus progressiste qui ait jamais brigué la présidence ? »

Dans ses discours, M. Obama rejette les critiques de M. McCain tout en soutenant que l'État doit veiller à ce que non seulement ceux qui ont de l'argent et de l'influence, mais aussi tous les Américains désireux de travailler aient la possibilité de réussir.

« C'est comme cela que nous créons non seulement un plus grand nombre de millionnaires, mais aussi un plus grand nombre de familles de la classe moyenne, dit-il. C'est comme cela que nous garantissons que les entreprises ont des clients qui sont en mesure d'acheter leurs produits et leurs services. C'est comme cela que nous avons toujours développé l'économie américaine, du bas vers le haut. John McCain appelle cela du socialisme. Moi je l'appelle l'égalité des chances, et il n'y a rien de plus américain que cela. »

Les déclarations des deux camps, souvent enflammées et parfois amusantes, offrent peu d'informations sûres susceptibles d'instruire les électeurs. Un fait que les deux camps négligent de mentionner est que, quel que soit le candidat qui sera vainqueur, il ne pourra rien faire sans l'accord du Congrès et sans les crédits budgétaires votés par celui-ci.

Comme il est très probable que les démocrates resteront majoritaires à la Chambre des représentants et au Sénat, il serait difficile à M. McCain, s'il était élu président, de faire adopter ses propositions. M. Obama aurait plus de chances de voir les siennes approuvées par le Congrès, mais non sans de grandes modifications de la part des parlementaires.

En outre, le nouveau président des États-Unis, quelle que soit son appartenance politique, aura à faire face au ralentissement économique et au fort accroissement du déficit de l'État fédéral.

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