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23 octobre 2008

Un gouvernement Obama donnerait une nouvelle dimension aux relations avec l'Afrique

Les propos de M. Howard Wolpe au sujet de l'avenir des relations des États-Unis avec ce continent

 
Barack Obama et Wangari Maathai
Barack Obama et Wangari Maathai, la première Africaine à obtenir le prix Nobel plantent un olivier dans le park Uhuru au Kénya en 2006.

Washington - L'élection de M. Barack Obama à la Maison-Blanche donnerait une nouvelle dimension à la politique étrangère des États-Unis, surtout en ce qui concerne l'Afrique, a déclaré M. Howard Wolpe, directeur du programme Afrique au Woodrow Wilson Center for International Scholars de Washington.

« L'accession de M. Obama à la présidence aurait une énorme puissance politique symbolique sur l'ensemble du continent », a déclaré M. Wolpe au journaliste d'America.gov. « Le fait qu'un homme d'origine africaine puisse devenir président des États-Unis augmentera considérablement notre ascendant moral et nous permettra, je crois, d'avoir une influence beaucoup plus grande sur les États africains. »

M. Wolpe, ancien député et spécialiste des affaires africaines, a présidé la sous-commission des affaires africaines de la Chambre des représentants pendant 10 des 14 années qu'il a passées au Congrès. Il a également été envoyé spécial du président Clinton pour la région des Grands Lacs de l'Afrique. Il a récemment donné à America.gov ses vues sur ce que signifierait l'élection de M. Obama à la présidence, en précisant bien qu'il exprimait ainsi ses opinions personnelles d'Africaniste chevronné, et qu'il ne s'exprimait pas au nom du Wilson Center, un organisme apolitique.

Les Africains sont très enthousiasmés par l'élection présidentielle américaine, a dit M. Wolpe, et ils la suivent d'aussi près que leurs propres scrutins. Un gouvernement Obama « facilitera énormément la diplomatie nécessaire à la réalisation de progrès sur plusieurs dossiers difficiles », dont la crise humanitaire au Darfour et l'impasse politique au Zimbabwe.

À long terme, la principale difficulté pour l'Afrique consiste à bâtir des États cohésifs. Un gouvernement Obama s'attacherait particulièrement à aider les Africains à chercher des terrains d'entente et à éliminer les conflits, a-t-il prédit. « Si on ne s'attaque pas à ce problème, les perspectives de développement économique durable seront constamment remises en question. »

D'une manière générale, M. Obama est « sensible à la nature économique, sociale et politique des défis que doit relever le tiers-monde, et pas seulement en Afrique. Il fait preuve (…) d'une bien plus grande maîtrise des problèmes à régler que nombre de nos dirigeants jusqu'à présent. »

De plus, les origines de M. Obama (son père est kényan), renforcent ses sensibilités culturelles et sa compréhension des problèmes auxquels se heurtent les pays en développement, a affirmé M. Wolpe.

Faire fond sur les accomplissements des gouvernements précédents

M. Wolpe a reconnu que le gouvernement Bush avait beaucoup fait pour l'Afrique. « Si je désapprouve de nombreux aspects de la politique étrangère de M. Bush, je dois admettre qu'il y a eu une forte continuité entre ses initiatives et celles qu'avait prises le gouvernement Clinton. » L'aide a fortement augmenté, notamment par le truchement de programmes tels que la Société du Compte du millénaire et le Plan d'aide d'urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR).

« Cela est le reflet du fait que l'Afrique n'est plus l'enjeu de luttes partisanes », comme c'était le cas durant la guerre froide. Les deux partis s'entendent désormais au Congrès pour soutenir l'expansion des relations commerciales, pour éviter l'échec des États, pour lutter contre diverses maladies présentant une menace grave et pour soutenir les droits de l'homme.

Le règlement des conflits est toutefois un domaine dans lequel il y a encore du travail à faire, et il pourrait, selon lui, faire l'objet d'une attention particulière de la part de M. Obama.

Un gouvernement Obama se concentrerait sur les trois grands thèmes suivants concernant l'Afrique :

- L'accélération de l'intégration de l'Afrique à l'économie mondiale. M. Wolpe est d'avis que l'ouverture des marchés par le truchement de la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique subsaharienne (AGOA) ne règle que la moitié du problème. « L'autre moitié consiste à étoffer les capacités de l'Afrique afin qu'elle soit en mesure de profiter de ces marchés. C'est un défi fondamental qu'il faut relever. »

- Le renforcement de la paix et de la sécurité des États africains. « Le problème est qu'il existe en Afrique des sociétés divisées (…) Il s'agit donc de substituer une capacité de collaboration à une capacité de compétition. Cela exige une conception différente de la diplomatie et le recours à de nouvelles techniques pour amener les dirigeants à développer leurs propres relations de façon qu'ils puissent dépasser la mentalité du jeu à somme nulle qui est trop souvent source de conflits. »

- L'affermissement des organisations de la société civile pour enraciner la démocratie et la responsabilité, et réduire la pauvreté. « Dans le passé, l'Occident a eu tendance à considérer favorablement la société civile comme un contrepoids de la puissance des pouvoirs publics. Nous avons donc un modèle de renforcement des organisations de la société civile pour forcer le gouvernement à rester honnête. »

(Dans un entretien séparé, America.gov a demandé à Herman Cohen, ancien secrétaire d'État adjoint aux affaires africaines, quelles seraient les conséquences pour l'Afrique de l'éventuelle élection de M. McCain.)

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