17 octobre 2008
Ce débat était consacré à la politique intérieure.

Washington - Lors de leur dernier débat le 15 octobre, les candidats à la présidence des deux grands partis politiques ont lancé un appel direct aux électeurs.
John McCain, sénateur républicain de l'Arizona, et Barack Obama, sénateur démocrate de l'Illinois, se sont mutuellement critiqués à plusieurs reprises pendant ce débat, qui a eu lieu à l'université Hofstra située à Hempstead (New York) et qui a porté sur des questions de politique intérieure et également sur la personnalité des candidats.
M. McCain s'est décrit comme un réformateur confirmé qui ferait ce qu'il estimerait bon pour le pays.
« Il est très clair que j'ai été en désaccord avec le gouvernement Bush et avec les responsables de mon propre parti (…) J'ai à mon compte de grandes réussites en matière de réforme et de lutte au sein du Sénat des États-Unis. »
Pour sa part, M. Obama a déclaré qu'il fallait donner une nouvelle direction au pays et que ses propositions renforceraient l'économie américaine et amélioreraient le système éducatif.
Les deux candidats ont souligné la nécessité de mettre en œuvre de nouvelles mesures pour aider les personnes touchées par la crise financière. M. McCain a déclaré que l'un de ses dossiers prioritaires serait d'aider les Américains qui avaient du mal à payer les mensualités de leur crédit immobilier à renégocier le montant de ce crédit. M. Obama a indiqué qu'il offrirait des avantages fiscaux aux entreprises qui créeraient des emplois dans le pays.
Les candidats sont aussi convenus de la nécessité de réduire la dépendance des États-Unis envers les importations de pétrole. Si M. McCain compte le faire grâce à la construction de 45 centrales nucléaires, M. Obama a préconisé de consacrer plus de ressources à l'exploitation de l'énergie solaire, éolienne et géothermique.
Toutefois, les candidats se sont opposés sur d'autres questions telles que l'avortement. M. McCain a déclaré qu'il devait revenir aux États fédérés d'adopter des lois dans ce domaine, tandis que M. Obama a indiqué que le droit à l'interruption de grossesse ne devait pas être plus limité par les États fédérés que les droits découlant du premier amendement de la Constitution des États-Unis.
De nombreux juristes estiment que la Cour suprême pourrait examiner le droit jurisprudentiel relatif à l'avortement durant le mandat du prochain président.
Joe, le plombier

En discutant leurs propositions en matière de fiscalité et d'assurance maladie, les deux candidats ont indiqué comment ces propositions toucheraient Joe Wurzelbacher, un plombier de l'Ohio.
Tout au long de sa campagne, M. Obama s'est prononcé en faveur de l'augmentation des impôts des ménages dont le revenu était supérieur à 250.000 dollars par an. Le 12 octobre, M. Wurzelbacher a dit à M. Obama, lors d'un rassemblement politique, qu'il envisageait d'acquérir une entreprise de plomberie qui lui rapporterait plus de 250.000 dollars par an, mais qu'il hésitait parce qu'il aurait à payer plus d'impôts si le candidat démocrate était élu.
« Joe, a dit M. McCain, veut acquérir l'entreprise dans laquelle il travaille depuis des années, dix à douze heures par jour. Il voulait l'acquérir, mais lorsqu'il a vu le plan (de M. Obama) relatif à la fiscalité, il s'est rendu compte qu'il aurait à payer beaucoup plus d'impôts. Joe, je tiens à vous dire que non seulement je vous aiderai à acquérir l'entreprise pour laquelle vous avez travaillé toute votre vie, mais que je maintiendrai vos impôts à un niveau faible et que je fournirai une assurance maladie à un prix raisonnable à vous et à vos salariés. »
Quant à M. Obama, il a déclaré : « Voilà cinq ans (…) que vous avez besoin que l'on réduise les impôts. Ce que je veux faire maintenant, c'est veiller à ce que le plombier, l'infirmier, l'enseignant, le jeune créateur d'entreprise qui n'a pas encore d'argent puissent obtenir cette réduction d'impôts, et cela exige que nous procédions à des choix importants. »
En ce qui concerne l'assurance maladie, M. McCain a déclaré que si M. Obama était élu président, M. Wurzelbacher et d'autres chefs d'entreprise auraient à payer une amende s'ils décidaient de ne pas offrir une assurance maladie à leurs salariés. Ce à quoi M. Obama a fait remarquer que cette mesure ne s'appliquerait pas aux petits chefs d'entreprise comme M. Wurzelbacher.
Les candidats ont mentionné le nom du plombier une vingtaine de fois et en ont fait une vedette du débat. Alors qu'ils poursuivaient leur échange verbal, des organes d'information publiaient déjà des articles sur M. Wurzelbacher et des usagers de sites Internet tels que Facebook et Twitter échangeaient leurs opinions à son sujet. Quand leur débat a pris fin, des sites Internet proposaient déjà des casquettes et des T-shirts portant le nom de « Joe, le plombier »
MM. McCain et Obama invitent les Américains à voter en leur faveur
En conclusion, les candidats ont fait état de leurs principes et demandé à leurs concitoyens de voter pour eux.
« Les États-Unis ont besoin d'une nouvelle direction, a dit M. McCain. Nous ne pouvons pas nous satisfaire de ce que nous avons fait ces huit dernières années. Je vous demande non seulement d'examiner ce que j'ai fait, mais aussi mes propositions pour l'avenir de notre pays.
J'ai passé toute ma vie au service de notre pays (…) et j'espère que vous me donnerez la possibilité de le servir de nouveau. Ce serait un honneur pour moi. »
Pour sa part, M. Obama a déclaré : « Au cours des vingt derniers mois, vous m'avez invité chez vous. Vous m'avez fait part de l'histoire de votre vie et vous avez confirmé une fois de plus la bonté et la générosité fondamentales du peuple américain. C'est pourquoi je suis certain que des jours meilleurs nous attendent.
« Je vous promets que, si vous m'accordez l'honneur extraordinaire de servir en qualité de président, j'œuvrerai tous les jours, sans relâche, pour votre compte et pour le compte de l'avenir de nos enfants. »
Selon un sondage (CNN/Opinion Research Poll) réalisé immédiatement après le débat, 58 % des personnes interrogées pensent que M. Obama a gagné le débat, tandis que 31 % estiment que c'est M. McCain qui est le vainqueur. Il s'agit là d'une autre bonne nouvelle pour M. Obama qui, à trois semaines du scrutin, a pris de l'avance sur M. McCain d'après des sondages effectués dans tout le pays et également selon la plupart des enquêtes réalisées dans les États clés.