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03 octobre 2008

Joe Biden et Sarah Palin soulignent leurs atouts politiques et défendent leur candidat

Le débat entre les deux principaux candidats à la vice-présidence des États-Unis

 
Sarah Palin lors du débat vice-présidentiel
La candidate républicaine, Mme Sarah Palin a souligné son expérience en tant que gouverneure de l'État d'Alaska.

Washington - Lors de leur unique débat télévisé de la campagne électorale 2008, le 2 octobre, les deux principaux candidats à la vice-présidence des États-Unis, le démocrate Joseph Biden et la républicaine Sarah Palin, se sont présentés pour la première fois face à face devant la nation et ont croisé le fer sur de nombreux dossiers de politique intérieure et étrangère, à commencer par leur conception des responsabilités qui leur incomberaient aux côtés du président des États-Unis.

Gouverneure de l'Alaska depuis deux ans, Mme Palin a déclaré qu'elle avait eu avec le candidat républicain à la présidence, M. John McCain, « d'excellents entretiens sur les aspects de son programme qui me seraient confiés. Il s'agit de l'indépendance énergétique du pays, de la réforme générale du gouvernement et de m'occuper des programmes d'aide aux familles ayant des enfants nécessitant des soins spéciaux. »

De plus, le vice-président des États-Unis est également président du Sénat. À ce titre, il apporte la voix décisive qui, lors de l'adoption d'un projet de loi, départage un vote nul ou assure la majorité nécessaire, des deux tiers par exemple. C'est une fonction que Mme Palin compte prendre « très au sérieux ».

De son côté, M. Biden, sénateur démocrate chevronné du Delaware, élu pour la première fois à ce poste en 1972, a déclaré qu'il serait « l'intermédiaire entre le président et le Congrès pour les affaires législatives ».

« Barack Obama m'a dit qu'il me voulait à ses côtés pour l'aider à gouverner », a déclaré M. Biden. « C'est pourquoi, lors de ses grandes décisions, je serai là pour lui offrir mes meilleurs conseils. »

L'expérience politique

Mme Palin et M. Biden ont chacun fait ressortir leurs atouts politiques, le démocrate mettant en valeur ses nombreuses années d'expérience au Sénat dans le domaine des affaires étrangères, tandis que la républicaine indiquait qu'à son poste de gouverneure de l'Alaska elle avait eu à régler des dossiers complexes relatifs à l'énergie et notamment au pétrole, l'un des principaux produits d'exportation de cet État.

Joe Biden le 2 octobre 2008
Le candidat démocrate, M. Joe Biden a déclaré qu'il comptait servir de conseiller auprès de M. Obama.

M. Biden a parlé de son rôle à la commission sénatoriale des affaires étrangères et noté en particulier ses recommandations faites il y a une dizaine d'années en faveur de l'intervention américaine en Bosnie. Il a également rappelé sa tournée récente dans la province soudanaise du Darfour, déclarant : « J'y ai vu toute la souffrance : des milliers, des dizaines de milliers de personnes ont péri et sont en train de mourir. Nous devons inciter le monde à agir. »

Évoquant ses responsabilités actuelles, Mme Palin a décrit l'Alaska comme « un gigantesque État producteur d'énergie contribuant notablement à notre objectif national d'indépendance énergétique » et où, notamment, elle administre un projet de 40 milliards de dollars de construction d'un oléoduc qui permettra d'augmenter la production pétrolière de l'État et qui, s'est-elle félicitée, ne comporte guère d'avantages fiscaux pour les sociétés pétrolières.

Plaidoyers en faveur des candidats à la présidence

S'agissant de dossiers de politique étrangère, les deux colistiers ont davantage mis l'accent sur la position de leur candidat à la présidence que sur la leur. M. Biden a indiqué que M. Obama jugeait très inquiétante la question de la course aux armements nucléaires, et souhaitait en particulier promouvoir la stabilité du gouvernement pakistanais afin de mieux juguler le terrorisme.

« Si une attaque se produit encore sur notre sol (...) elle viendra d'Al-Qaïda qui prépare son coup dans les montagnes d'Afghanistan et du Pakistan. Nous devons soutenir la démocratie » au Pakistan, a affirmé M. Biden.

Abordant à sont tour la question de la prolifération nucléaire, Mme Palin a déclaré : « Un État iranien armé, surtout de l'arme nucléaire, est quelque chose d'extrêmement dangereux à contempler. » Elle a affirmé que M. McCain et elle étaient disposés à recourir à la diplomatie mais pensaient qu'il était « dangereux » de traiter directement et sans conditions préalables, au niveau présidentiel, « avec certains de ces dictateurs qui haïssent l'Amérique et tout ce qu'elle représente ».

En politique intérieure, Mme Palin a dit que M. McCain était un politicien expérimenté dans l'art de rassembler les deux partis autour d'une cause, en l'occurrence les réformes économiques qui s'imposent. En tant que président, a-t-elle déclaré, M. McCain « débarrassera le pays de la cupidité et de la corruption à Wall Street et à Washington », octroiera aux familles des crédits d'impôts leur permettant de souscrire une assurance maladie et usera de tous les moyens possibles pour s'attaquer aux changements climatiques.

M. Biden a riposté en liant M. McCain à des programmes impopulaires engagés par le gouvernement Bush et en affirmant qu'un gouvernement Obama allait apporter de vrais changements. En particulier, a-t-il dit, M. Obama allégera la fiscalité pour la classe moyenne, modifiera les lois sur les faillites afin d'aider les propriétaires en difficulté financière et effectuera de gros investissements dans le développement des sources d'énergie de substitution.

Après cet unique débat vice-présidentiel, on attend encore deux débats entre les candidats à la présidence, prévus pour le 7 et le 15 octobre.

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