19 novembre 2008
Pour plus de 2,6 millions de fonctionnaires de l'État fédéral, rien ne va changer.

Washington - Le président élu Barack Obama va nommer des milliers de personnes à des postes importants de son gouvernement, mais plus de 2,6 millions de fonctionnaires de l'administration fédérale vont garder le poste qu'ils occupent à l'heure actuelle.
Chaque nouveau président nomme en effet des milliers de responsables politiques, notamment des ministres, des juges fédéraux et des ambassadeurs. M. Obama a ainsi déjà nommé son futur secrétaire général de la Maison-Blanche, Rahm Emanuel, et son futur ministre de la justice, Eric Holder. Toutes ces nominations devront être confirmées par le Sénat.
Mais le président ne nomme pas que de hauts fonctionnaires du gouvernement fédéral. Des centaines de jeunes nommés par M. Obama entameront leur carrière au sein de son futur gouvernement.
Selon un manuel publié par l'imprimerie du gouvernement, quelque 8.000 emplois pourraient être ainsi à pourvoir. Ce livre, officiellement intitulé The United States Government Policy and Supporting Positions mais officieusement appelé le « Plum Book », est publié tous les quatre ans et sert de guide à ceux qui envisagent de briguer des postes politiques.
Il a été créé à la demande du président Dwight Eisenhower qui, lorsqu'il a pris ses fonctions en 1953, a voulu une liste de tous les postes politiques. Le livre d'aujourd'hui dresse la liste de tous les postes politiques du gouvernement Bush, ainsi que les noms des personnes qui les occupent et leur salaire. Certains emplois payent jusqu'à 200.000 dollars, mais la plupart sont nettement moins rémunérés. Certains postes, par exemple des conseillers à temps partiel, ne rapportent que quelques centaines de dollars par an.
Même si le livre donne la liste de 8.000 postes, M. Obama n'y nommera pas personnellement 8.000 personnes. Les ministres et autres hauts responsables peuvent en effet embaucher leur propre personnel. Par exemple, le prochain secrétaire d'État voudra sans doute choisir ses propres assistants. De plus, l'équipe de transition de M. Obama étudiera minutieusement la liste de ces postes et pourrait décider d'en éliminer ou d'en rajouter.
Les experts en politique pensent que M. Obama et son équipe de transition attribueront près de 3.000 emplois à ceux qui ont contribué à la campagne ou qui sont connus pour leurs travaux dans un domaine précis adapté au poste concerné.

Si toute transition amène de nouvelles personnes à Washington, ce changement a peu d'effet sur l'emploi des quelque 2,6 millions de fonctionnaires du gouvernement fédéral. Ces derniers occupant des postes non politiques, ils restent en place. La plupart d'entre eux ont des salaires apparentés à la classe moyenne, selon les normes américaines.
Nombre de ces employés civils ont servi plusieurs gouvernements à de hauts niveaux. Étant donné qu'il faudra du temps pour que les personnes nommées par M. Obama occupent leur poste, certains fonctionnaires de carrière assumeront l'intérim de façon qu'aucun poste important ne soit laissé vacant.
Une procédure de sélection stricte
Ceux qui souhaitent être nommés au sein du gouvernement Obama devront sans doute subir la procédure d'embauche la plus stricte de l'histoire des États-Unis. Tout d'abord, ce processus sera compétitif. Cinq jours seulement après que l'équipe de transition eut affiché des postes à pourvoir sur son site Web, Change.gov, près de 144.000 candidatures avaient été reçues.
Ceux qui prétendent à des postes de haute responsabilité doivent répondre à un questionnaire de sept pages comportant 63 questions sur leur vie professionnelle et personnelle. Les candidats doivent également fournir de nombreux détails sur leur carrière et celle de leur conjoint, leur situation financière et leurs associations personnelles.
Preuve que les temps ont changé en notre ère de technologies de pointe, les candidats sont censés décrire pour l'équipe de transition leur « présence sur l'Internet ». Cela comprend des informations sur leur courrier électronique, leurs pages sur Facebook ou tout autre blogue susceptibles d'être considérés comme offensants.
Si ce processus est aussi rigoureux, c'est que M. Obama a promis de réformer Washington. Il s'est notamment engagé à limiter l'influence des groupes de pression sur la politique publique.
Ainsi, l'équipe de M. Obama a pris des mesures visant à considérablement limiter le rôle des groupes de pressions au sein de la transition. Quiconque espère travailler pour elle ne peut pas avoir tenté d'influencer, au cours des douze derniers mois, la politique dans le domaine auquel il est assigné, et ne peut être actuellement employé par un groupe de pression.
Le président lui-même est limité dans ses choix. Il est par exemple improbable qu'un membre de sa famille puisse travailler pour le gouvernement fédéral. La loi fédérale interdit en effet à tout responsable public de nommer, d'employer ou de promouvoir un membre de sa famille dans l'agence « où il est assigné ou sur laquelle il exerce sa juridiction et son contrôle ».