17 novembre 2008
L'équipe de M. Obama promet que la transition sera ouverte et transparente.

Washington - Dans les semaines à venir, le président élu Barack Obama va annoncer le nom des personnes qu'il a choisies pour diriger ses ministères, occuper de hautes fonctions au sein de son gouvernement et contribuer à façonner la politique des États-Unis.
Les Américains ont hâte de savoir qui va faire partie du cabinet de M. Obama. Ces principaux conseillers du président, dont la plupart portent le titre de « secrétaire » (ministre) dirigeront certains des ministères les plus importants du gouvernement des États-Unis, dont celui de la défense et des finances, ainsi que le département d'État (ministère des affaires étrangères).
M. John Podesta, l'un des coprésidents de l'équipe de transition de M. Obama, a déclaré lors d'une conférence de presse tenue le 11 novembre que l'on était en train d'étudier le curriculum vitae de nombre de candidats potentiels.
L'équipe est en outre résolue à rendre la transition entre MM. Bush et Obama « la plus ouverte et la plus transparente de l'histoire des États-Unis », a ajouté M. Podesta, et a l'intention d'informer les Américains des choix du président élu en plaçant des informations liées aux nominations sur le nouveau site Web de la transition.
Ce sont sans doute les postes liés à l'économie et à la sécurité nationale, à savoir le ministère de la défense et le département d'État, qui seront pourvus les premiers.
Le Sénat doit confirmer les nominations de M. Obama. « Cela nécessitera la coopération des deux partis du Congrès », a dit M. Podesta. « Nous espérons l'obtenir. » M. Obama ne peut pas nommer officiellement les membres de son cabinet avant le 20 janvier 2009, date à laquelle il prendra ses fonctions.
Pendant ce temps, le FBI et d'autres agences vont faire des recherches sur le passé des candidats afin que ceux-ci puissent obtenir rapidement l'autorisation de consulter des documents secrets liés à leur fonction.
Afin d'aider les futurs membres du cabinet à se familiariser avec leurs futures agences, les aides de M. Obama ont créé des équipes qui feront une évaluation complète de plus d'une centaine de ministères et agences, a précisé M. Podesta. Les futurs responsables de ces agences auront ainsi en main les informations nécessaires pour prendre des décisions stratégiques dans les domaines de la politique, du budget et du personnel avant l'inauguration.
Le rôle du cabinet
Le cabinet n'a officiellement aucune autorité collective. Il s'agit plutôt d'un groupe de personnes qui dirigent diverses entités fédérales et offrent leurs conseils au président. En outre, en vertu de la loi de 1947 sur la succession présidentielle, les membres du cabinet peuvent remplacer le président en cas d'incapacité du vice-président, du président de la Chambre des représentants et de celui du Sénat. Afin d'assurer la continuité du gouvernement en cas de catastrophe, un membre du cabinet est toujours absent des réunions officielles de l'ensemble du gouvernement, ce qui est le cas, par exemple, du discours annuel sur l'état de l'Union.
Le terme de « cabinet » n'a été utilisé qu'à partir de 1793, mais George Washington, le premier président des États-Unis, a commencé à organiser des réunions avec les responsables de ses ministères dès 1791. À l'époque, ce groupe comprenait le secrétaire d'État et de la guerre, le ministre des finances et le ministre de la justice, ce dernier étant un avocat qui travaillait sous contrat pour le gouvernement. Le ministère de la justice n'a en effet été créé qu'en 1870.
Tous ces individus doivent être choisis par le président et confirmés par le Sénat. Ils servent « au bon vouloir du président », ce qui signifie que ce dernier peut les renvoyer à tout moment.
Le vice-président et le secrétaire général de la Maison-Blanche (qui n'est pas sujet à la confirmation du Sénat) complètent le cabinet, mais le président est libre d'inviter aux délibérations qui bon lui semble.
L'élaboration du prochain cabinet
Ces dernières années, les présidents ont pris soin de créer un cabinet divers sur les plans ethnique et politique. Si le premier cabinet de l'histoire des États-Unis était composé uniquement d'hommes blancs, le groupe s'est diversifié au cours du XXe et du XXIe siècles. En 1933, le président Franklin Roosevelt a nommé la première femme au cabinet. Il s'agissait de la ministre du travail Frances Perkins. En 1966, le président Lyndon Johnson y a nommé le premier Noir, le ministre du logement et de l'urbanisme Robert Weaver.
Le cabinet du président Bush comprend deux immigrés naturalisés : la ministre du travail Elaine Chao (originaire de Taïwan) et le ministre du commerce Carlos Gutierrez, originaire de Cuba.
Tout au long de sa campagne présidentielle, M. Obama a promis de nommer des ministres de divers horizons. M. Podesta a déclaré que le président élu s'attacherait à créer un cabinet apolitique en y incluant des républicains.
Même si la diversité est un élément important, a-t-il ajouté, l'équipe de transition fera des recommandations en fonction des qualifications des candidats par rapport aux objectifs prioritaires qu'a énoncés M. Obama. L'excellence sera le premier critère de sélection.