14 novembre 2008
La période de transition avant l'entrée en fonctions du nouveau président

Washington - L'équipe de transition du président élu, M. Barack Obama, applique un ensemble de règles destinées à limiter la participation de membres de groupes de pression (« lobbyistes ») à ce que le codirecteur de cette équipe, M. John Podesta, a décrit « comme la transition la plus ouverte et la plus transparente » de l'histoire des États-Unis.
En vertu des règles annoncées le 11 novembre, l'équipe de transition ne peut pas accepter de contributions financières de groupes de pression ou de dons de groupes d'intérêt particulier. Toute personne désireuse de collaborer à la transition ne peut pas avoir exercé les fonctions de « lobbyiste » pendant les douze derniers mois dans le domaine auquel elle serait affectée.
En outre, il est également interdit à tous ceux qui participent à la transition de faire pression sur le futur gouvernement Obama pendant les douze prochains mois dans le domaine dans lequel ils travaillent pendant la transition.
Ces règles « sont les plus strictes » qu'une équipe de transition ait jamais adoptées jusqu'ici, a déclaré M. Podesta à la presse le 11 novembre à Washington. Elles font suite à celles que M. Obama avait appliquées pendant sa campagne électorale afin d'interdire la contribution de groupes de pression à sa campagne et elles font partie de son engagement à changer le mode de fonctionnement de Washington et à limiter l'influence des groupes de pression.
M. Podesta, qui a occupé les fonctions de secrétaire général de la Maison-Blanche de 1997 à 2001 du temps du président Clinton, a déclaré que M. Obama avait décidé d'appliquer des règles strictes pour mettre fin à la pratique consistant, pour d'anciens hauts responsables du gouvernement et de l'administration fédérale, à travailler pour des groupes de pression et à devenir des « lobbyistes » après avoir quitté leurs fonctions officielles.
Les lobbyistes ont acquis une mauvaise réputation auprès du public qui les considère comme exploitant l'expérience qu'ils ont accumulée au sein du gouvernement et de l'administration fédérale pour défendre les intérêts de grosses sociétés et de grands groupes.
Toutefois, d'anciens lobbyistes ont réfuté l'accusation selon laquelle leurs collègues constituaient en quelque sorte des mercenaires intellectuels, en faisant remarquer que toutes les causes et tous les groupes d'intérêt avaient leurs défenseurs, qu'il s'agisse des associations professionnelles, des groupes de consommateurs, des universités ou des administrations des États fédérés.
M. Podesta a indiqué que ceux qui observeraient la période de transition jusqu'à l'entrée en fonctions du président Obama, le 20 janvier prochain, pourrait constater que cette transition était efficace, organisée, bipartite, plus ouverte et plus transparente que les précédentes.
Lors de la conférence de presse qu'il a donnée le 11 novembre, il a annoncé que des équipes allaient recueillir des informations sur une centaine de ministères, d'organismes et de commissions de l'État fédéral ainsi que sur la Maison-Blanche afin d'aider des membres du futur gouvernement Obama à prendre des décisions en matière de politique, de budget et de personnel avant le 20 janvier.
Ces équipes seront informées des programmes, des projets et des opérations en cours par des responsables du gouvernement Bush. M. Obama prendra des décisions à la suite de l'obtention de ces informations.
M. Podesta a souligné que M. Obama souhaitait faire en sorte que tout soit prêt pour son entrée en fonctions le 20 janvier, mais qu'il reconnaissait que jusqu'à cette date il n'y avait qu'un seul président et que c'était le président Bush qui était à la tête du gouvernement.
Les offres de soutien et d'aide du président Bush à l'équipe de transition montrent, selon M. Podesta, qu'aux États-Unis les candidats peuvent s'opposer avec énergie les uns aux autres et critiquer mutuellement leurs idées pendant une élection, mais que, lorsque cette élection est finie, tout le monde s'unit en vue de la réalisation d'un but commun.
« Je pense, a-t-il dit, que nous devons tous tirer fierté du fait que nous avons une fois de plus montré au monde le pouvoir de notre démocratie et réaffirmé que tout était possible dans notre pays lorsque nous nous unissions. »