12 novembre 2008
Ils ont été nombreux à suivre les résultats de l'élection présidentielle à la télévision, à la radio et à l'ambassade des États-Unis.

Nairobi (Kénya) - Après des semaines de nouvelles et de conversations incessantes au sujet de la candidature de M. Barack Obama à la présidence des États-Unis, les Kényans ont accueilli son élection avec liesse et avec de grandes attentes non seulement pour les États-Unis, mais aussi pour eux-mêmes. Dans de multiples villes du pays, des milliers d'habitants sont descendus dans la rue pour célébrer, ce qui est tout à fait différent de la violence qui avait accueilli l'élection de leur propre président il y a un an.
À travers le monde, une multitude de personnes ont célébré la victoire de M. Obama en tant qu'événement important de l'histoire des États-Unis, mais peut-être aucun autre pays ne s'est passionné autant pour M. Obama que le Kénya. Le pays natal du père de M. Obama a suivi de près sa campagne électorale car il le considère comme un membre de la famille.
Dès 7 heures du matin le 5 novembre, alors que les premiers rayons de soleil illuminaient le ciel au-dessus du Nairobi, le temps semblait s'être arrêté : tout le pays regardait la télévision ou écoutait la radio pour apprendre que son enfant chéri avait obtenu suffisamment de suffrages du collège électoral pour devenir le prochain président des États-Unis.
Les manifestations de liesse, dont certaines pouvaient être entendues sous les tentes qui couvraient la pelouse de la résidence de l'ambassadeur des États-Unis à Nairobi et que les nombreuses stations kényanes de télévision et de radio ont diffusées en direct, semblaient faire croire que M. Obama avait été élu président du Kénya.

Le président du Kénya, M. Mwai Kibaki, a été parmi les premiers à adresser ses félicitations à M. Obama. Il a proclamé le 6 novembre fête nationale en honneur de l'élection à un poste aussi élevé d'un enfant du Kénya. Le vice-président du Kénya, M. Kalonzo Musyoka, s'est rendu à l'ambassade des États-Unis à la fin de la matinée pour transmettre les félicitations du gouvernement kényan.
L'ambassadeur des États-Unis, M. Michael Ranneberger, avait invité quelque 2.500 Kényans à se joindre au personnel de l'ambassade et à des ressortissants américains pour suivre les résultats de l'élection présidentielle à sa résidence dès 5 heures du matin. Des cars de ramassage scolaire amenant un millier d'élèves du secondaire et d'étudiants ont commencé d'arriver à 4 h 45, car personne ne voulait manquer une minute des résultats de l'élection, alors que les bureaux de vote fermaient aux États-Unis. Des hommes politiques, des membres du gouvernement, des chefs d'entreprise et surtout les étudiants ont suivi très attentivement le dépouillement des bulletins de vote.
Après que M. John McCain eut accepté sa défaite et M. Obama sa victoire, M. Ranneberger a pris la parole devant ses invités en liesse et fait état de la dureté extrême de cette compétition, de l'importance accordée aux questions en jeu plutôt qu'à la personnalité des candidats, de la diversité de l'électorat et du prochain passage du pouvoir. Il a également déclaré que l'élection de M. Obama ne pourrait que renforcer les relations entre les États-Unis et le Kénya.
Pour sa part, un haut responsable kényan a déclaré que ses compatriotes avaient appris de l'élection américaine qu'ils devaient faire campagne non seulement pour leur propre tribu, mais aussi pour toutes les tribus, comme MM. Obama et McCain avaient montré qu'ils étaient disposés à parler à tous les Américains pendant leur campagne rude, mais non violente.
Au Kénya, les organes d'information, les sources gouvernementales et le peuple dans la rue déclaraient tous que les États-Unis avaient montré qu'ils étaient un pays qui respectait ses idéaux, que tout homme ou toute femme pouvait devenir président des États-Unis et que le passage du pouvoir d'un parti à un autre pouvait avoir lieu sans violence.
Dans l'élection présidentielle des États-Unis, les Kényans semblent voir un reflet de leur propre démocratie naissante. Certains d'entre eux ont souligné la nécessité d'ouverture et de non-exclusion dans la vie politique du pays et également la nécessité de s'attaquer à la corruption et au tribalisme et d'adopter des réformes institutionnelles de sorte que les Kényans puissent voir se réaliser leur espoir d'un véritable régime démocratique.
M. Thomas J. Dowling occupe le poste de conseiller des affaires publiques à l'ambassade des États-Unis à Nairobi.