07 novembre 2008
Il faudra encore des semaines pour connaître les vainqueurs de certains sièges à pourvoir au Sénat et à la Chambre des représentants.

Washington - Aux États-Unis, du fait des mécanismes visant à s'assurer que chaque vote compte, il faudra sans doute attendre des jours, voire des semaines, pour connaître le résultat de certains scrutins législatifs extrêmement serrés.
Le 4 novembre dernier, en effet, les électeurs américains ont choisi des milliers de responsables élus, dont les 435 membres de la Chambre des représentants et 35 des cent membres du Sénat.
Si l'issue de certains de ces scrutins très serrés est encore inconnue, il est clair que les démocrates vont renforcer leur majorité dans les deux chambres du Congrès, majorité qu'ils avaient acquise lors des élections de mi-mandat en 2006.
Le parti démocrate a gagné au moins 20 sièges à la Chambre des représentants et six au Sénat. Au 6 novembre à midi, cinq sièges à la Chambre et trois au Sénat n'avaient pas encore été attribués, la différence entre les résultats obtenus par les divers candidats étant trop infime pour qu'on puisse se prononcer avant le dépouillement total des bulletins.
Chaque État établit ses propres procédures de décompte des bulletins de vote. Normalement, ceux qui sont enregistrés le jour du vote peuvent être comptabilisés rapidement, alors qu'il faut plus de temps pour dépouiller les bulletins envoyés par correspondance.
Parce que la plupart des États acceptent l'envoi de bulletins par correspondance jusqu'au jour de l'élection, il peut s'écouler plusieurs jours avant que ces derniers ne soient reçus. Certains États ont déjà dépouillé tous ces bulletins, d'autres pas. De plus, de nombreux États n'ont pas encore compté leurs bulletins provisoires. Il s'agit de bulletins d'électeurs dont, le jour de l'élection, on n'a pas pu vérifier qu'ils répondaient aux conditions requises pour participer au scrutin. Or ce fait doit être confirmé pour que les bulletins de ces électeurs puissent être comptés.
Enfin, chaque État a ses propres lois concernant la façon dont ont lieu le vote, le dépouillement des bulletins et, si nécessaire, le recomptage des votes. Dans certains États, cette dernière opération a lieu automatiquement lorsque le nombre de votes séparant deux candidats est inférieur à un certain pourcentage du nombre total de votes enregistrés.

Les démocrates tentent d'obtenir 60 sièges au Sénat
À l'heure actuelle, les 49 démocrates et deux indépendants, Joe Lieberman et Bernie Sanders, qui votent avec le parti démocrate, donnent à ce dernier une étroite majorité au Sénat. Cette marge ténue signifie que ce sont les démocrates qui ont dirigé toutes les commissions sénatoriales de la 110e session parlementaire.
D'après les résultats connus du scrutin du 4 novembre dernier, la 111e session parlementaire comptera 57 sièges démocrates et indépendants. Il manque donc 3 sièges au parti démocrate pour arriver à 60.
Or ce chiffre est important parce que les règlements internes du Sénat exigent une majorité de 60 voix pour éviter une procédure par laquelle des sénateurs peuvent prolonger indéfiniment un débat, empêchant ainsi le vote, sur toute proposition de loi ou nomination. Des démocrates influents ont brigué des sièges sénatoriaux dans l'ensemble du pays, rappelant à leurs électeurs que leur objectif était d'atteindre le « chiffre magique de 60 ».
Les démocrates ont encore une chance d'atteindre ce chiffre si leurs candidats remportent l'élection dans les trois États en ballotage, à savoir le Minnesota, l'Alaska et la Géorgie. Mais il faudra peut-être attendre des semaines avant de connaître les résultats.
Dans le Minnesota, le républicain Norm Coleman s'oppose au démocrate Al Franken, un ancien comédien. Lorsque les officiels de cet État ont fini de dépouiller les bulletins, M. Coleman avait une avance de seulement 477 votes sur son adversaire, soit moins de 0,5 % des voix. Or la loi du Minnesota exige le recomptage des bulletins lorsque moins de 1 % de votes sépare des candidats. De plus, ce recomptage se fait manuellement, ce qui pourrait prendre des semaines.
En Alaska, c'est le vote par correspondance qui va départager le républicain Ted Stevens (candidat sortant) de son adversaire démocrate Mark Begich. Or les Américains suivent de près ce scrutin, parce que M. Stevens a récemment été inculpé pour corruption. Dans l'après-midi du 5 novembre, il avait 3.353 voix d'avance sur son adversaire, mais 50.000 bulletins envoyés par correspondance n'avaient pas encore été comptés.
Les Géorgiens devront également sans doute attendre des semaines pour connaître le résultat de leur scrutin sénatorial. Trois candidats étaient en lice : le républicain Saxby Chambliss, le démocrate Jim Martin et le libertaire Allen Buckley. Or la Géorgie est l'un des rares États des États-Unis à exiger que le vainqueur obtienne au moins 50 % des voix. Sinon, il doit y avoir un second tour. Or 96 % des votes ont été dépouillés, et aucun des candidats n'a atteint ce seuil.
Même si elle n'atteint pas les 60 sièges, la majorité actuelle du parti démocrate au Sénat est « très significative » et aucun des deux partis ne l'a atteinte depuis des décennies, a dit John Fortier, chercheur à l'American Enterprise Institute, lors d'une conférence de presse organisée au Centre de la presse étrangère du département d'État, le 4 novembre.
Il a précisé que même si les démocrates obtiennent 60 sièges, cela ne signifie pas qu'ils réussiront à empêcher toutes les tentatives de blocage des votes. En effet, chaque sénateur a sa propre opinion sur chaque dossier, et ne suit pas forcément les directives de son parti.