Élections 2008 | Le peuple américain choisit ses dirigeants

05 novembre 2008

Le président élu des États-Unis s'attelle à la tâche

Le gouvernement Obama devra relever d'énormes défis dans les domaines de l'économie et de la politique étrangère.

 
La Bourse de New York.
Maitriser la crise financière représente une des priorités majeures pour le nouveau président.

Washington - Barack Obama ne prendra pas ses fonctions avant le 20 janvier 2009, mais le travail qu'il doit faire pour relever les nombreux défis qui l'attendent commence immédiatement.

Alors que, dans tout le pays, le personnel de la campagne électorale vide ses bureaux, l'équipe de transition commence sa mission qui consiste à s'assurer que le gouvernement Obama sera prêt à aborder les grands dossiers économiques et de politique étrangère que doivent traiter les États-Unis.

Cette équipe de transition, qui comprend des experts dans chaque grand domaine d'activité, va commencer à préparer ses recommandations pour le président élu et l'aider à choisir les membres de son cabinet. Ces nominations devront ensuite être confirmées par le nouveau Congrès après la prise de fonctions de M. Obama.

L'équipe de transition recevra de l'aide de la Maison-Blanche. Le transfert pacifique du pouvoir d'un gouvernement à l'autre est l'emblème de la démocratie américaine, et le gouvernement Bush est résolu à faciliter ce transfert.

La planification de la transition a commencé il y a plusieurs mois. Les agences fédérales et divers services de la Maison-Blanche ont préparé des dossiers sur les principaux sujets d'actualité à l'intention de l'équipe de transition du président élu.

Les deux candidats à la présidence ont été tenus régulièrement informés des questions de sécurité nationale, et cela continuera avec M. Obama au fur et à mesure qu'il se préparera à prendre ses fonctions.

Les défis de politique étrangère

Lorsque, en janvier prochain, M. Barack Obama prendra ses fonctions, il deviendra le commandant en chef des opérations militaires en Irak et en Afghanistan.

Ces deux guerres ont été un important sujet de la campagne électorale, et les deux candidats se sont déclarés favorables au renforcement des troupes en Afghanistan. Par contre, ils n'étaient pas d'accord sur l'Irak.

M. Obama a critiqué la guerre en Irak depuis le début, et a promis de commencer à retirer les troupes américaines dès son arrivée à la Maison-Blanche, son objectif étant le retrait de la majorité des effectifs au cours des 16 premiers mois de son mandat.

Des turbines éolienne.
Selon des politologues, le nouveau président devra adopter des mesures pour atténuer les effets du changement climatique.

En plus des guerres en Irak et en Afghanistan, le gouvernement Obama devra faire face aux ambitions nucléaires de l'Iran, a dit Steven Cook, chercheur au Conseil des relations étrangères, le 29 octobre, au Centre de la presse étrangère du département d'État.

Le nouveau gouvernement devra également décider, à la lumière de tous les dossiers qui réclament l'attention du président, s'il vaut la peine que ce dernier consacre du temps et de l'énergie à engager des démarches diplomatiques sur le front arabo-israélien.

« Le Moyen-Orient a été un point central de la politique étrangère du gouvernement Bush, et il est fort probable que cela continuera d'être le cas pour le nouveau gouvernement. »

Tout au long de sa campagne, M. Obama n'a cessé de vanter les mérites d'une conception multilatérale de la politique étrangère, a déclaré Allan Lichtman, professeur à l'American University. Le 3 novembre, lors d'une conférence de presse organisée au Centre de la presse étrangère du département d'État, il a ajouté qu'il s'attendait à ce que le gouvernement Obama tienne cette promesse.

Un domaine dans lequel la coopération avec les pays étrangers est susceptible de s'intensifier est celui du changement climatique. « Je pense que Barack Obama relancera le débat avec l'Union européenne et d'autres pays, dont la Russie et la Chine, sur le problème du changement climatique. »

Les spécialistes de la politique rappellent toutefois que ce sont souvent des événements extérieurs qui façonnent la politique étrangère du président des États-Unis.

Les inquiétudes au sujet de l'économie

Après une campagne dominée par les problèmes économiques, la plupart des Américains pensent que le gouvernement Obama devra leur accorder la priorité.

« Le prochain président des États-Unis se heurtera à une énorme crise financière, et devra notamment compter avec des déficits sans précédent », a dit M. Lichtman.

« Le nouveau président va devoir faire des choix très difficiles en matière de priorités. »

Tout au long de la campagne, en effet, M. Obama a promis une baisse d'impôts pour les foyers ayant un revenu maximal de 250.000 dollars par an, et la création de nouvelles options en matière d'assurance médicale. Mais de telles mesures ne peuvent entrer en vigueur que si le prochain Congrès approuve ces projets de loi.

Du fait que les actuels problèmes économiques ont une portée mondiale et pas seulement nationale, leur règlement acquiert une dimension de politique étrangère.

Le prochain président « ne pourra pas se permettre » de négliger la politique étrangère, a dit M. Cook, « parce que nous savons que la crise financière n'est pas limitée aux seuls États-Unis. C'est une crise mondiale qui exige une solution internationale. »

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