22 mai 2008
La victoire de M. Obama en Oregon et celle de Mme Clinton au Kentucky

Washington - M. Barack Obama, l'un des deux candidats démocrates à la présidence, a passé, le 20 mai, le cap de la majorité des délégués élus du parti démocrate, mais il lui faut encore le soutien de quelque 370 délégués pour recevoir l'investiture.
Il a remporté, le 20 mai, l'élection primaire démocrate en Oregon, État situé dans le nord-ouest du pays et qui compte un grand nombre d'habitants de tendance progressiste. C'est aussi le seul État du pays où les élections ont lieu exclusivement par correspondance. À la suite du dépouillement de 88 % des bulletins de vote, M. Obama avait une majorité de 16 points de pourcentage.
Le même jour, sa rivale, Mme Hillary Clinton, l'a battu avec une majorité de 35 points de pourcentage au Kentucky, État dont la population blanche et la classe ouvrière sont importantes, tout comme dans l'État limitrophe de la Virginie occidentale, où elle l'a également emporté haut la main le 13 mai.
Afin d'être investi par le parti démocrate, un candidat doit obtenir la majorité des suffrages (2.026) des délégués à la convention de ce parti, qui comprennent les délégués élus et les « super-délégués » qui sont des délégués non élus.
Les organes d'information et les partis politiques utilisent leur propre formule pour calculer le nombre des délégués obtenus par un candidat. Il s'agit souvent d'estimations car les cadres des partis au niveau de chaque État peuvent prendre des jours, voire des semaines, pour établir le nombre exact de ces délégués. Selon l'organisme « The Green Papers », M. Obama aurait obtenu, en date du 21 mai, 1.655 des 3.253 délégués élus et Mme Clinton 1.498.

De nombreux organes d'information comprennent dans leurs calculs les super-délégués qui ont fait connaître à l'avance leur intention de vote. Ces super-délégués sont des parlementaires et des cadres du parti qui peuvent voter pour le candidat de leur choix. Il s'ensuit qu'ils peuvent changer d'avis avant la convention du parti, et certains d'entre eux l'ont déjà fait.
En date du 21 mai, 304 des 797 super-délégués avaient indiqué qu'ils comptaient voter pour M. Obama, tandis que 277 super-délégués se sont prononcés en faveur de Mme Clinton.
Lors du discours qu'il a prononcé le 20 mai, M. Obama s'est déclaré être à portée de main de l'investiture du parti démocrate pour la présidence des États-Unis, vu la majorité des délégués qu'il avait obtenue. Il a décidé de prononcer son discours en Iowa, qui est le premier État où il a été victorieux et où le nombre des indécis est important. Les candidats démocrate et républicain à la présidence accorderont donc une attention particulière à cet État cet automne. M. Obama a remercié ses nombreux partisans de l'Iowa qui avaient voté pour lui en plein hiver et qui avaient suscité un grand élan en sa faveur dans les autres États.
À Louisville (Kentucky), Mme Clinton a déclaré son intention de poursuivre sa campagne vu que ni M. Obama ni elle n'avaient obtenu un nombre suffisant de délégués pour recevoir l'investiture du parti démocrate. Des élections primaires doivent encore avoir lieu à Porto-Rico le 1er juin et dans les États du Dakota du Sud et du Montana le 3 juin.
Elle a indiqué qu'elle allait continuer de défendre les électeurs de la Floride et du Michigan, qui avaient voté en grand nombre pendant l'automne 2007, mais dont les délégués ne pourront pas participer à la convention du parti démocrate. En effet, le Comité national du parti démocrate a pris cette décision parce que ces États avaient organisé leur élection primaire avant le 5 février contrairement aux règles du parti.
Mme Clinton a remporté la majorité des suffrages dans ces deux États et soutient que les électeurs méritent d'être représentés par leurs délégués. Pour sa part, M. Obama soutient qu'il serait injuste de compter ces délégués étant donné que les candidats n'y ont pas fait campagne.
Les deux candidats se sont rendus en Floride le 21 mai. Mme Clinton cherchera à encourager les dirigeants du parti démocrate à compter les délégués de cet État, tandis que M. Obama s'adressera aux électeurs qui sont susceptibles d'être offensés du fait que leurs suffrages ne joueront aucun rôle pour l'investiture du candidat à la présidence. Selon des politologues, leur campagne dans cet État est importante car il s'agit d'un État clé pour l'élection présidentielle, comme on a pu l'observer en 2000.