28 mai 2008
Service d'information du département d'État
Dès l'été 2007, avec dix-huit mois d'avance, près de deux douzaines de candidats avaient déjà lancé leur campagne électorale en vue de la présidence des États-Unis. Il s'agissait en effet, pour chacun, de s'engager sans tarder sur la longue route de l'investiture de leur parti, dont le parcours exigerait une dose considérable d'habileté, de souplesse et de persévérance. Il leur faudrait aussi beaucoup d'argent.
Combien une campagne présidentielle coûte-t-elle et comment la finance-t-on ? En 2004, le prix des campagnes républicaine et démocrate s'est élevé à plus de 1 milliard de dollars, soit 50 % de plus que lors de la campagne précédente, en 2000. D'où l'obligation, pour tous les candidats, d'amasser des centaines de millions de dollars en faveur d'une campagne visant plus de 100 millions d'électeurs. Or, la collecte et l'utilisation de ces sommes astronomiques sont soumises à des règles très strictes.
Les campagnes pour un poste fédéral, telle la présidence, sont régies par la commission électorale fédérale qui applique des lois établissant la manière dont les contributions sont obtenues ainsi que leur origine et leur montant. Tout candidat à la présidence doit créer une organisation de campagne appelée « comité politique », dotée notamment d'un trésorier responsable de l'administration des fonds reçus. Outre les candidats, les partis politiques et tout groupe de citoyens ont le droit de former un comité dit d'action politique habilité, lui aussi, à recueillir des contributions. Le montant maximum qu'un groupe ou un particulier est autorisé à verser à une campagne est limité : la limite pour un particulier est de 2.300 dollars en faveur d'un candidat donné. Celle d'un comité est de 5.000 dollars par campagne électorale et par candidat.
Tout candidat à la présidence doit embaucher du personnel, louer des locaux et payer ses déplacements. Il doit aussi consacrer de fortes sommes à la publicité diffusée à la radio et à la télévision ainsi que dans la presse et dans l'Internet. À la différence des élections législatives, qui visent un public géographiquement restreint, une élection présidentielle couvre les 50 États de l'union. C'est dire qu'en fait, on est toujours pressé par le temps : six mois seulement séparent les premières primaires du New Hampshire et de l'Iowa de l'investiture des candidats respectifs à la présidence. La pression qui s'exerce est donc énorme, pour inciter les campagnes à amasser au plus vite les montants importants nécessaires au démarrage des activités liées aux élections primaires, étapes cruciales de l'investiture.
À tel point que le financement des campagnes soulève depuis plusieurs années une vive polémique. En 2002, le Congrès a adopté une loi, la fameuse loi « McCain-Feingold », du nom de ses auteurs, visant à limiter plus strictement les dépenses des candidats. Elle a en particulier proscrit les contributions dites « non réglementées » de fonds à des groupes « indépendants », c'est-à-dire qui ne professent pas de soutenir un candidat particulier. Malgré cela, les appels persistent en faveur de limites encore plus rigoureuses.
En 2008, le nombre des candidats ayant augmenté, les contributions en ont fait autant, de même que le nombre des donateurs. De nos jours, l'Internet permet à tout un chacun de contribuer électroniquement par une simple manipulation de la souris. S'il est difficile de dire, à l'heure actuelle, combien coûtera au juste l'élection de 2008, on peut affirmer, sans crainte de se tromper, que ce montant dépassera tout ce que l'on aura vu auparavant.