30 juin 2008
Service d'information du département d'État
La situation économique s'est hissée au premier rang des préoccupations des Américains en cette saison électorale 2008. La flambée des prix des aliments et de l'essence, combinée au resserrement du loyer de l'argent, ont ébranlé la confiance publique et relancé le débat sur la politique fiscale du pays.
La question du fisc occupe une place toute spéciale dans la société. Par tradition culturelle et historique, les Américains, forts de leur esprit d'indépendance et d'innovation, estiment que tout travailleur, tout créateur d'entreprise doit pouvoir empocher la majeure partie de ce qu'il gagne. Ce trait de caractère quasi national remonte à la guerre d'Indépendance de 1776 qui fut déclenchée par la rébellion des colons d'Amérique contre les taxes imposées par la couronne d'Angleterre. « Pas d'imposition sans représentation », tel fut leur cri de ralliement révolutionnaire.
Le fisc et le service qui en est chargé, l'IRS, ont été, tout au long de l'histoire, de puissants leviers politiques. Aujourd'hui, la situation économique suscite des appels à la suspension de la taxe fédérale sur l'essence. On demande aussi d'imposer plus lourdement les grosses sociétés pétrolières, dont les bénéfices sont montés en flèche, ne serait-ce que pour leur infliger une petite leçon d'égalitarisme.
Chez les politiciens, ce ne sont pas les idées de réforme fiscale qui manquent. Certains militent en faveur d'un taux fixe d'impôt sur le revenu pour tout contribuable, quel que soit son niveau de revenu. D'autres réclament une « fiscalité équitable », où l'impôt sur le revenu serait supprimé, le service du fisc aboli et le tout remplacé par un simple impôt national sur les ventes au détail.
D'une façon générale, le parti démocrate ne rechignerait pas à augmenter les impôts, surtout sur les catégories les plus riches de la société. Les républicains préféreraient les réduire. D'ailleurs l'une des premières mesures du gouvernement Bush a été d'alléger certains impôts. La reconduction de ces allégements, dont la plupart devraient arriver à expiration en 2010, est devenue l'un des points les plus litigieux de la campagne électorale.
M. Barack Obama, le candidat démocrate présumé, souhaite laisser expirer les allégements accordés aux plus riches et affecter les nouveaux revenus à des programmes sociaux, de santé notamment. Il préconise la suppression des dégrèvements fiscaux sur la vente d'actions et sur les dividendes, de manière à soulager la classe moyenne. Il réclame aussi des incitations fiscales qui soient de nature à encourager les entreprises américaines à ne pas se délocaliser.
Le candidat républicain présumé, M. John McCain, après s'être opposé aux réductions d'impôts du gouvernement Bush, souhaiterait maintenant les proroger, tout en simplifiant le code fiscal de manière à éliminer les échappatoires dont profitent certains intérêts particuliers.