30 juillet 2008
Ces conseillers représentent des idées, des formations et des méthodes très diverses.

Washington - A l'étranger, les dirigeants politiques, les journalistes et les universitaires suivent de près les déclarations relatives à la politique étrangère des candidats à la présidence des États-Unis, mais ils prêtent aussi une grande attention aux conseillers de ces candidats qui peuvent avoir une forte influence sur l'action du prochain président.
Pendant sa campagne électorale, M. George Bush s'était entouré de personnes ayant une grande expérience dans les domaines de la politique étrangère et de la sécurité nationale, et dont un grand nombre étaient de tendance « néoconservatrice ».
Cette année, les deux candidats à la présidence, qui font campagne depuis novembre 2006, ont formé au fur et à mesure leur équipe de conseillers en matière de politique étrangère. Maintenant, à moins de quatre mois de l'élection de novembre, ils doivent mieux définir leurs positions et offrir de plus amples détails à ce sujet.
Le candidat démocrate, M. Barack Obama, a un programme de politique étrangère qui met l'accent sur l'engagement multilatéral et sur la revitalisation de la diplomatie au niveau mondial, tandis que son adversaire républicain, M. John McCain, allie le néoconservatisme à un internationalisme modéré.
Éditeur de la revue National Interest, M. Nikolas Gvosdev, a déclaré lors d'un séminaire récent sur la future politique étrangère des États-Unis que même si maintes personnes pensaient que cette politique allait changer lorsque le nouveau président entrerait en fonction le 20 janvier 2009, il était irréaliste de penser que ce changement serait radical.
Il est inquiétant, selon lui, que les candidats et leurs collaborateurs laissent entendre qu'il est possible de changer du tout au tout la politique étrangère des États-Unis. Quelles que soient les divergences d'opinion entre le nouveau président et le gouvernement Bush, la politique étrangère des États-Unis continuera en grande partie d'être déterminée par des tendances qui remontent à longtemps.
En outre, dès que les deux candidats auront reçu l'investiture officielle de leurs partis respectifs, ils commenceront de recevoir des informations quotidiennes de la part des responsables des services nationaux de renseignement.
Ces informations permettent de garantir que les candidats à la présidence sont bien au courant des questions relatives à la sécurité nationale et de les empêcher de compromettre des négociations délicates en faisant des déclarations mal fondées ou peu judicieuses au cours de leur campagne. Elles contribuent aussi à maintenir la continuité des affaires de sécurité nationale d'un gouvernement à un autre.
Les conseillers de M. Obama
Le candidat démocrate a formé un groupe de conseillers qui comprend d'anciens membres du gouvernement Clinton et des conseillers de Mme Hillary Clinton, qui était sa principale adversaire lors des élections primaires. Parmi eux figurent :
- Mme Madeleine Albright et M. Warren Christopher, anciens secrétaires d'État,
- M. Wiliam Perry, ancien ministre de la défense,
- M. Gregory Craig, ancien directeur du service de planification de la politique du département d'État,
- M. Lee Hamilton, ancien membre de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants,

- M. Eric Holder, ancien ministre de la justice,
- M. Anthony Lake, ancien conseiller en matière de sécurité nationale,
- M. James Steinberg, ancien conseiller adjoint en matière de sécurité nationale,
- MM. David Boren et Sam Nunn, anciens sénateurs,
- M. Tim Roemer, ancien membre de la Chambre des représentants.
Les conseillers de M. McCain
Le candidat républicain à la présidence a cherché des républicains modérés pour former son groupe de conseillers en matière de politique étrangère et de sécurité nationale. M. Ron Scheunemann était le coordinateur pour la politique étrangère lors de la première campagne électorale de M. McCain en tant que candidat à la présidence en 2000 et il occupe de nouveau ces fonctions. Il a une grande expérience en tant que conseiller législatif républicain sur des questions relatives notamment à l'élargissement de l'OTAN, à la réforme de l'ONU et à la défense contre les missiles balistiques.
Parmi les autres principaux conseillers de M. McCain figurent :
- M. Robert Kagan, chercheur de la Fondation Carnegie pour la paix internationale, qui faisait partie des responsables de la planification de la politique au département d'État du temps du président Reagan,
- M. Stephen Biegun, vice-président des affaires internationales de la société Ford et ancien secrétaire du Conseil national de sécurité dans le gouvernement Bush,
- M. Richard Williamson, qui a occupé des postes de responsabilité en matière de politique étrangère du temps du président Reagan et des présidents Bush père et fils,
- M. Peter Rodman, chercheur de l'Institut Brookings qui a occupé des postes de responsabilité dans le domaine de la politique étrangère dans cinq gouvernements républicains.
M. McCain est aussi conseillé par M. James Woolsey, ancien directeur de la CIA, en ce qui concerne les questions de sécurité et d'énergie, ainsi que par M. Henry Kissinger, ancien secrétaire d'État, et par M. Richard Armitage, ancien secrétaire d'État adjoint.
Les premières mesures du prochain président
L'un ou l'autre des candidats aura à accomplir, une fois élu, les mêmes formalités pour former son gouvernement.
Il nommera son secrétaire d'État, son ministre de la défense et son conseiller pour la sécurité nationale qui seront tous trois chargés de le conseiller en cas de crise. Ces nominations auront lieu pendant la période allant de l'élection en novembre du nouveau président et à son entrée en fonction en janvier 2009.
Le Sénat, qui doit entériner les nominations des membres du gouvernement, le fait en général rapidement pour les membres les plus importants.