Élections 2008 | Le peuple américain choisit ses dirigeants

29 juillet 2008

M. Barack Obama met l'accent sur le multilatéralisme en matière de politique étrangère

La future politique étrangère des États-Unis vue par le candidat démocrate à la présidence

 
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Barack Obama et ses conseillers sur la sécurité nationale
Le sénateur Barack Obama, lors d'une réunion avec les membres de son groupe de conseillers sur la sécurité nationale.

Washington - Les États-Unis doivent mettre fin à la guerre en Irak d'une manière responsable et jouer de nouveau un rôle primordial dans le monde pour faire face aux nouveaux défis mondiaux et pour tirer parti de nouvelles possibilités, a déclaré le candidat démocrate à la présidence, M. Barack Obama.

« Les États-Unis, a-t-il dit, ne peuvent pas relever les défis de notre siècle à eux seuls, et le monde ne peut pas le faire sans les États-Unis. À l'heure actuelle, on nous demande de nouveau de fournir un leadership visionnaire. »

Sénateur de l'Illinois, M. Obama s'opposera à M. John McCain (sénateur républicain de l'Arizona ) lors de l'élection présidentielle du 4 novembre. Les deux candidats doivent cependant recevoir préalablement l'investiture officielle de leurs partis respectifs lors de conventions nationales qui se tiendront avant la fin de l'été.

Le candidat démocrate a esquissé les grandes lignes de sa conception de la politique étrangère dans la revue Foreign Affairs de juillet-août 2007. Son article répond à l'inquiétude exprimée par certains des alliés au sujet de la possibilité que les États-Unis évitent tout engagement international après le retrait de leurs forces de l'Irak.

Ce retrait effectué d'une manière responsable constitue l'un des grands points de sa conception de la politique étrangère des États-Unis. « Après la mort de milliers de soldats et la dépense de milliards de dollars, de nombreux Américains pourraient être tentés de se replier sur eux-mêmes et de céder notre leadership dans les affaires mondiales. Ce serait là une erreur qu'il ne nous faut pas faire. Les États-Unis ne peuvent faire face aux menaces de notre siècle à eux seuls, et le monde ne peut pas le faire sans les États-Unis. »

Les États-Unis ne peuvent pas se retirer du monde ni tenter de l'obliger à se soumettre, écrit-il. « Nous devons jouer un rôle primordial dans le monde en agissant et en donnant l'exemple. Un tel leadership exige que nous remettions à l'honneur une idée fondamentale des présidents Roosevelt, Truman et Kennedy, qui est plus vraie maintenant que jamais auparavant, à savoir que la sécurité et le bien-être de tous les Américains dépendent de la sécurité et du bien-être de ceux qui vivent au-delà de nos frontières. »

Les premières mesures à prendre

Selon M. Obama, la première mesure que les États-Unis doivent prendre consiste à mettre fin d'une manière responsable à la guerre en Irak et à reporter leur attention sur le grand Moyen-Orient. Ce point de vue, que partageaient d'autres candidats démocrates à la présidence, est très différent de celui de M. McCain qui estime que les forces américaines sont en train de gagner en Irak et qu'elles doivent y rester jusqu'à ce que la sécurité soit bien rétablie sous la direction du gouvernement irakien.

« L'Irak a été une diversion de la lutte contre les terroristes qui nous ont attaqués le 11 septembre 2001, et la poursuite de la guerre par des responsables civils incompétents des États-Unis a aggravé la bévue stratégique qu'a été la décision de la déclencher », dit-il dans son article

En juin, M. Obama a convoqué à Washington la première réunion de son groupe consultatif en matière de sécurité nationale. En ouvrant cette réunion, il a déclaré: « Au lieu d'adhérer à une idéologie rigide, je tiens à revenir à la tradition pragmatique de la politique étrangère des États-Unis que les personnes présentes ici ont suivie si habilement, une politique qui cherche à se servir de tous les éléments du pouvoir des États-Unis pour protéger nos concitoyens et pour défendre nos intérêts. »

Les problèmes créés par l'invasion américaine de l'Irak ont rendu encore plus complexes le règlement des autres problèmes très difficiles du Moyen-Orient, notamment celui du conflit israélo-palestinien. En changeant la dynamique en Irak, les États-Unis pourront consacrer leur attention sur le règlement de ce conflit.

« Un leadership durable de États-Unis en faveur de la paix et de la sécurité, a-t-il dit, exigera des efforts patients et l'engagement personnel du président des États-Unis. C'est là un engagement que je ferai. »

En ce qui concerne l'Iran, M. Obama estime qu'il est nécessaire d'avoir une diplomatie musclée alliée à toute la gamme des instruments du pouvoir des États-Unis. Il a cependant fait remarquer que la politique reposant sur des menaces et sur le recours à d'autres pays pour mettre un frein aux ambitions nucléaires de ce pays ne donnait guère de résultat. « Notre diplomatie devrait viser à faire en sorte que l'Iran paye cher la poursuite de son programme nucléaire en appliquant des sanctions plus strictes et en exerçant plus de pression sur ses principaux partenaires commerciaux. »

La reconstruction des forces armées

En dehors de la diplomatie, M. Obama estime qu'il est essentiel de donner une nouvelle vitalité aux forces armées américaines pour maintenir la paix dans le monde.

« Malheureusement, a-t-il dit, l'armée de terre et le corps des marines se heurtent à une crise selon nos responsables militaires. Le ministère de la défense ne peut pas certifier qu'une seule unité de l'armée de terre aux États-Unis mêmes est tout à fait prête à intervenir en cas d'une nouvelle crise ou d'une situation d'urgence ailleurs qu'en Irak ; 88 % des membres de la Garde nationale ne sont pas prêts à être envoyés à l'étranger. »

M. Obama a indiqué qu'il souhaitait augmenter de 65.000 soldats les forces de combat terrestre de l'armée de terre et de 27.000 marines les unités de combat du corps des marines.

« Il convient de réévaluer chacun des grands programmes de défense compte tenu des besoins actuels, des lacunes sur le terrain et des menaces éventuelles », a-t-il dit en préconisant aussi des forces armées qui soient mieux instruites, notamment en ce qui concerne les langues étrangères et les connaissances essentielles en matière de combat et de soutien, et qui soient mieux équipées.

En ce qui concerne les armes nucléaires, M. Obama s'est déclaré en faveur de nouvelles mesures importantes au niveau mondial en vue de sécuriser les stocks d'armes nucléaires, de détruire une partie de ses armes et d'en empêcher la prolifération. « Les États-Unis doivent prendre la tête d'un effort mondial visant à sécuriser le stockage de toutes les armes nucléaires et de toutes les matières nucléaires dans les sites en situation vulnérable dans les quatre années à venir, car c'est la façon la plus efficace pour empêcher des terroristes de se doter d'une bombe (nucléaire). »

Une telle initiative exigera une grande coopération de la part de la Russie. Les États-Unis ne devraient pas répugner à faire pression en faveur de la démocratie et de la responsabilité en Russie, mais « ils doivent œuvrer de concert avec ce pays dans des domaines d'intérêt commun ».

Vaincre le terrorisme mondial

Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme international, les États-Unis doivent, selon lui, faire porter leurs efforts sur l'Afghanistan et le Pakistan, où le réseau Al-Qaïda est le mieux enraciné.

Il convient de mettre fin aux limites qui s'appliquent aux forces de l'OTAN en Afghanistan, d'intégrer les plans stratégiques et de poursuivre durablement la voie diplomatique pour isoler les groupes restants des talibans.

Autres propositions relatives à la politique étrangère

M. Obama préconise également :

- une coopération sans relâche et la révision des alliances des États-Unis en commençant par celle de l'OTAN,

- un nouveau cadre en Asie qui aille au-delà de la conclusion d'accords bilatéraux et de l'organisation de temps en temps de réunions au sommet,

- enfin, des investissements dans les États démocratiques et capables qui sont en mesure d'assurer la santé publique, de créer des débouchés et de produire des richesses.

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