Élections 2008 | Le peuple américain choisit ses dirigeants

28 juillet 2008

M. John McCain compte consolider la position des États-Unis dans le monde

La future politique étrangère des États-Unis vue par le candidat républicain à la présidence

 
John McCain
Le sénateur John McCain, lors d'un discours à Los Angeles (Californie).

Washington - Les États-Unis ont besoin d'une politique étrangère qui puisse consolider leur position dans le monde, mettre fin au terrorisme et établir une paix durable, a déclaré le candidat républicain à la présidence, M. John McCain.

« Notre prochain président devra rallier des pays du monde entier autour de causes communes comme seuls les États-Unis peuvent le faire », a-t-il dit. Vaincre le terrorisme est à son avis la grande tâche nationale de notre temps en matière de sécurité, et l'Irak est le point central dans cette lutte incessante.

Sénateur de l'Arizona, M. McCain s'opposera à M. Barack Obama (sénateur démocrate de l'Illinois) lors de l'élection présidentielle du 4 novembre. Les deux candidats doivent cependant recevoir préalablement l'investiture officielle de leurs partis respectifs lors de conventions nationales qui se tiendront avant la fin de l'été.

Sa conception du monde

Ancien aviateur de la marine des États-Unis et parlementaire de longue date, M. McCain a esquissé les grandes lignes de sa conception de la politique étrangère dans la revue Foreign Affairs de novembre-décembre 2007 et les a développées lors du discours qu'il a prononcé le 26 mars devant le World Affairs Council à Los Angeles.

Selon le professeur Douglas Foyle, de l'université Wesleyan, le discours de Los Angeles réaffirme les convictions néoconservatrices qui influencent la conception du monde du candidat républicain. « Il parle de l'idéalisme allié à des tendances réalistes, mais il parle aussi de Dieu et du destin des États-Unis, ce qui est très néoconservateur. »

Doctrine politique qui a vu le jour dans les années 1960, le néoconservatisme souligne que la politique étrangère est la plus grande responsabilité du gouvernement. Les néoconservateurs tendent à considérer que les États-Unis sont la seule superpuissance du monde, qu'ils ont un rôle indispensable à jouer pour établir l'ordre dans le monde et pour l'y maintenir, a expliqué le professeur John McGowan, de l'université de la Caroline du Nord.

Directeur d'études au Conseil des affaires étrangères, M. Gary Samore estime que M. McCain est aussi bien un néoconservateur qu'un internationaliste traditionnel. « Il y a un aspect de la politique étrangère des États-Unis dont des gouvernements tant démocrates que républicains ont fait état, à savoir la nécessité de refaire le monde à notre image, a-t-il dit. C'est tout à fait américain, et sa manifestation la plus récente est due à un gouvernement républicain conservateur. »

Sa position à l'égard de l'Irak et de l'Iran.

Contrairement à M. Obama, M. McCain affirme que la coalition dirigée par les États-Unis en Irak obtient de bons résultats.

Dans son article paru dans la revue Foreign Affairs, il déclare : « Les conséquences d'un échec seraient terribles. On ne peut pas désirer la disparition de la guerre en Irak, et c'est un mauvais calcul d'importance historique de croire que les conséquences d'un échec se limiteront à un gouvernement ou à un parti. C'est une guerre des États-Unis, et son issue touchera chacun de nos concitoyens pendant des années. »

M. McCain est opposé à un retrait prématuré des forces américaines de l'Irak. Cette stratégie, a-t-il dit, compromettrait l'aptitude des États-Unis à faire face à de nouvelles menaces pesant sur leur sécurité nationale et sur les intérêts régionaux.

Selon lui, la lutte contre le réseau Al-Qaïda en Afghanistan est liée à la réussite dans ce pays, mais aussi à la réussite au Pakistan. Il est essentiel, a-t-il dit, d'empêcher que le Pakistan ne devienne un autre refuge pour ce réseau.

« Des groupes ont déjà trouvé refuge dans ce pays, et la « talibanisation de la société pakistanaise » progresse », a-t-il indiqué. Il convient de « renforcer la capacité du Pakistan de s'opposer à la création de refuges par les insurgés et de scolariser les enfants en dehors des écoles islamiques de tendance extrémiste, ainsi que de soutenir les Pakistanais modérés. »

Pour ce qui est de l'Iran, M. McCain préconise un ensemble de mesures vigoureuses, aussi bien politiques qu'économiques, en vue de mettre un frein aux ambitions de ce pays dans le domaine nucléaire et à son soutien au terrorisme.

« Si l'Organisation des Nations unies n'est pas disposée à agir, a-t-il dit, les États-Unis doivent se placer à la tête d'un groupe de pays de même sensibilité afin d'appliquer des sanctions multilatérales efficaces, telles que des restrictions sur l'exportation d'essence raffinée, en dehors du cadre de l'ONU. En outre, on ne doit pas renoncer à la possibilité d'une action militaire : Téhéran doit comprendre qu'il ne peut pas gagner une épreuve de force avec le reste du monde. »

L'accroissement des forces armées

M. McCain est aussi convaincu que les États-Unis ont besoin d'une nouvelle architecture nationale en matière de sécurité pour faire face aux défis du XXIe siècle. Il compte accroître les effectifs de l'armée de terre et du corps des marines pour les faire passer de 750.000 hommes et femmes à 900.000.

En outre, il est en faveur de l'augmentation des effectifs des forces spéciales, des groupes des affaires civiles, de la police militaire et des unités de renseignement militaire, ainsi que de l'enseignement accru dans les écoles civiles et militaires de langues essentielles telles que l'arabe, le chinois, le persan et le pachtoun.

Il préconise aussi un nouveau cycle de négociations sur la maîtrise des armements avec la Russie. « Alors que nos deux pays possèdent la plus grande partie des armes nucléaires du monde, a-t-il dit, il nous incombe tout particulièrement d'en diminuer leur nombre. J'estime que nous devrions réduire nos forces nucléaires au niveau le plus faible que nous jugeons nécessaire. »

Autres propositions relatives à la politique étrangère

Parmi les autres mesures que M. McCain envisage de prendre s'il est élu président des États-Unis figurent :

- la création d'une nouvelle agence de renseignement suivant le modèle de l'Office des services stratégiques pendant la Seconde Guerre mondiale (qui est devenu par la suite l'Agence centrale de renseignement ou CIA), mais qui serait plus agile, plus petite et plus sensible à la nécessité de faire face aux crises dans le monde,

- l'accroissement des capacités en matière de reconstruction après un conflit,

- la recréation de l'Agence d'information des États-Unis afin de redynamiser la diplomatie publique du pays,

- la création d'une Ligue des démocraties qui pourrait agir de concert avec l'Organisation des Nations unies ou par elle-même en cas d'inaction de cette dernière,

- la revitalisation du partenariat transatlantique, l'exclusion de la Russie du groupe des Huit (grands pays industriels) et l'incorporation dans ce groupe du Brésil et de l'Inde,

- le renforcement de la coopération entre les alliés asiatiques, notamment de la coopération en matière de défense avec certains pays de l'Asie du Sud-Est,

- la reconnaissance du fait que les relations entre les États-Unis et la Chine peuvent être avantageuses pour les deux pays et pour la zone Asie-Pacifique, mais aussi que ces relations devraient se fonder sur des intérêts communs plutôt que sur des valeurs communes « tant que la Chine ne s'orientera pas vers une libéralisation politique »,

- l'entretien de rapports avec les pays africains amis dans les domaines politique, économique et sécuritaire,

- enfin, l'amélioration des relations avec certains pays du continent américain.

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