11 juillet 2008
Le pronostic morose des républicains du Congrès devrait n'avoir qu'un faible effet sur la course présidentielle de M. McCain.

Washington - Aux États-Unis, la course à la présidence continue de faire les manchettes de la presse écrite mais de nombreuses élections législatives commencent elles aussi à chauffer. Plusieurs mois avant le jour des élections, les politologues prédisent déjà d'importantes victoires législatives pour les démocrates.
Parmi les milliers de responsables qui seront élus le 4 novembre, figurent cette année l'ensemble des 435 membres de la Chambre des représentants et 35 membres du Sénat. Les politologues et les membres des partis suivent avec vif intérêt des dizaines de courses extrêmement compétitives sur l'ensemble du territoire.
La cote du Congrès est pour l'instant faible - avec seulement 19 % des personnes interrogées au cours d'un sondage d'opinion de Gallup/USA Today approuvant le travail du Congrès. Or, ce taux d'appréciation est sensiblement plus faible pour les républicains que pour les démocrates du Congrès. Un sondage effectué récemment par NBC News/Wall Street Journal révèle que 52 % de la population préfère que le Congrès soit dominé par des démocrates, contre 33 % pour les républicains.
À l'heure actuelle, les démocrates sont majoritaires aussi bien dans la Chambre des représentants qu'au Sénat, ayant remporté de grosses victoires lors des élections de mi-mandat en 2006. Les politicologues prédisent que les démocrates resteront majoritaires dans les deux chambres en 2009.
« Pour l'instant il semble que ce sera une victoire écrasante absolue pour les démocrates, » déclara Jefrey Pollock, président du Global Strategy Group, au Centre de la presse étrangère à New York le 24 juin. Le Global Strategy Group effectue des sondages d'opinion pour de nombreux leaders démocrates.
Les prochaines élections législatives
Au Sénat, 12 démocrates en exercice cherchent à être réélus et un seul s'attend à ce que la course soit serrée. Les républicains par contre devront défendre 23 sièges. Cinq de ces sièges appartiennent à des membres qui vont se retirer du Congrès et un grand nombre des autres membres en exercice vont devoir faire face à des batailles difficiles pour être réélus. Beaucoup de sénateurs républicains dont Gordon Smith de l'Oregon et Norm Coleman du Minnesota sont déjà en plein milieu de courses serrées et, côté démocrate, on est en passe de remporter les sièges actuellement détenus par des républicains dans des États tels que la Virginie et le Nouveau-Mexique.
Dans la Chambre des représentants, plus de 24 républicains vont se retirer, donnant ainsi aux démocrates bien plus de chances de gagner ces sièges bientôt vacants qu'ils ne l'auraient probablement eu s'ils devaient s'opposer à des membres en exercice.
Les républicains ont déjà essuyé trois défaites en 2007 « dans des endroits où les démocrates n'auraient pas dû gagner, » a affirmé M. Pollack. Au cours d'élections spéciales du Congrès au Mississippi, en Louisiane et dans l'Illinois, les électeurs ont voté pour des candidats démocrates malgré les tendances conservatrices de leurs districts.
Plusieurs facteurs sont à l'origine des difficultés des candidats républicains au Congrès. L'histoire montre que lorsque les Américains sont contrariés, comme beaucoup le sont aujourd'hui avec la situation en Irak et l'économie, leur appui en faveur du parti qui a mainmise sur la Maison-Blanche baisse. Par ailleurs, le comité républicain national du Congrès, créé pour aider les candidats républicains pour le Congrès, a mobilisé des ressources financières en quantité nettement plus faible ces derniers mois que le même comité du parti démocrate.
Cependant, pas tous les démocrates auront des élections faciles. En effet, le représentant Jason Atlmire de Pennsylvanie se heurte à une réélection difficile contre un adversaire qu'il connaît bien, l'ancienne députée Melissa Hart, qu'il a vaincue en 2006.
D'après M. Pollack, les démocrates pourraient remporter 25 sièges supplémentaires à la Chambre et ont la possibilité d'obtenir ce « numéro magique de 60 sièges » au Sénat. D'autres experts politiques sont moins convaincus. Soixante sièges est un nombre important car il faut 60 votes pour mettre fin à l'obstruction systématique dite « filibuster » (procédure parlementaire qui permet aux sénateurs de bloquer ou de retarder le vote sur une mesure ou une nomination.) A l'heure actuelle, 48 sénateurs démocrates et Joe Liberman et Bernie Sanders, des démocrates qui se sont présentés aux caucus en tant qu'indépendants, donnent aux démocrates leur marge étroite.
Kellyanne Conway, présidente de la société de sondage ™ Inc., un organisme qui effectue des sondages d'opinion pour les parti républicain, explique que l'une des raisons pour lesquelles les démocrates ont remporté les dernières élections législatives est qu'un grand nombre des nouveaux candidats sont contre l'avortement, contre des impôts supplémentaires et en faveur du port d'armes - des positions qui ont traditionnellement caractérisé le parti républicain. Ces démocrates « ont agi comme des républicains pendant ces élections importantes où l'électorat était sensiblement plus conservateur. »
Des perspectives moroses pour les candidats républicains aux législatives ne vont pas nécessairement entraver la campagne présidentielle de John McCain, candidat républicain présumé. La majorité des sondages à l'échelle nationale révèlent que M. Obama et M. McCain sont actuellement dans une course très serrée, probablement du fait que les électeurs considèrent McCain une sorte de cavalier seul, ou maverick, et comme un indépendant, plutôt qu'un républicain type, affirme Mme. Conway.