29 août 2008
Le candidat à la présidence souligne qu'il est temps de changer la politique du pays.

Denver - Barack Obama a accepté officiellement l'investiture du parti démocrate comme candidat à la présidence des États-Unis le 28 août, à l'occasion du quarante-cinquième anniversaire du célèbre discours de Martin Luther King intitulé « J'ai un rêve ».
Alors que la foule criait « Oui, nous le pouvons » et brandissait des pancartes en faveur du changement, M. Obama a déclaré : « C'est avec une profonde gratitude et une grande humilité que j'accepte votre investiture pour la présidence des États-Unis. »
Dans son discours, il a dit : « Il est temps pour nous de changer les États-Unis » en ajoutant que l'élection présidentielle de 2008 était destinée à donner une nouvelle vie à la promesse américaine.
« Nous sommes à un de ces moments déterminants, à un moment où notre pays est en guerre et notre économie dans la tourmente et où la promesse américaine est menacée. »
Sa conception de la présidence
M. Obama a indiqué qu'il changerait la vie des Américains en réduisant les impôts de 95 % des ménages qui tiraient leur revenu de leur travail, en généralisant l'assurance maladie, en garantissant l'égalité de rémunération entre les hommes et les femmes et en offrant à tout jeune Américain qui sert la collectivité des moyens financiers lui permettant de faire des études universitaires.
En cette année électorale où les prix élevés des carburants constitue une des grands sujets de la campagne des deux candidats, le candidat démocrate a déclaré que, s'il était élu, il établirait un objectif clair dans ce domaine, à savoir mettre fin dans dix ans à la dépendance des États-Unis envers le pétrole provenant du Moyen-Orient. Il a indiqué qu'à cet effet il chercherait les moyens d'exploiter l'énergie nucléaire de façon sûre et qu'il investirait dans le secteur des sources d'énergie renouvelables.
« Alors que nous tiendrons notre promesse envers la prochaine génération dans notre pays, il nous faudra tenir la promesse des États-Unis à l'étranger », a-t-il dit en indiquant qu'il mettrait fin à la guerre en Irak et qu'il lutterait contre le réseau Al-Qaïda et les talibans en Afghanistan.
« Nous établirons des partenariats pour faire face aux menaces du XXIe siècle », notamment la prolifération des armes nucléaires, la pauvreté, le génocide et les changements climatiques.

M. Obama a consacré une grande partie de son discours à ce qu'il considère comme les échecs de la politique du président Bush ainsi qu'à la critique du programme politique proposé par le candidat républicain, M. John McCain.
« Nous aimons trop notre pays pour laisser les quatre prochaines années ressembler aux huit dernières », a-t-il dit. Tout au long de sa campagne électorale, il a souligné que M. McCain suivrait une politique semblable à celle du gouvernement Bush. Le candidat républicain ne comprend pas les difficultés auxquelles se heurte actuellement la classe moyenne, a-t-il dit en critiquant ses propositions relatives à l'octroi d'avantages fiscaux aux sociétés pétrolières, à l'assurance maladie et à l'enseignement.
Le candidat démocrate a aussi critiqué la position de M. McCain au sujet de la guerre en Irak et de la guerre en Afghanistan. « Il nous faut un président qui puisse faire face aux menaces de l'avenir et non pas un président qui continue de s'en tenir aux idées du passé. »
Premier candidat afro-américain à être investi par un des deux grands partis politiques du pays, M. Obama a parlé de la célèbre Marche sur Washington organisée par Martin Luther King le 28 août 1963.
Évoquant ceux qui avaient participé à cette marche et écouté le discours « J'ai un rêve », il a dit : « Ils auraient pu entendre des mots de colère et de discorde. On aurait pu leur dire de succomber à la peur et aux sentiments de frustration dus à la non-réalisation de tant d'aspirations. Au lieu de cela, ils ont entendu (…) qu'aux États-Unis notre destin était lié inextricablement, qu'ensemble nos aspirations pouvaient former un tout. »
Ceux qui ont participé à cette marche, a-t-il dit, se sont engagés à aller de l'avant. Dans le cadre de la prochaine élection, « il nous faut nous engager une fois de plus à marcher vers l'avenir ».
Plus de 80.000 personnes ont assisté à son discours
Le discours de M. Obama a été le couronnement d'une soirée de discours politiques, de vidéos et d'interprétations musicales au stade de football américain Invesco, qui comprend 76.000 sièges. La plupart du programme de la convention du parti démocrate était réservé aux délégués et aux responsables du parti, alors que le stade était ouvert au public, c'est-à-dire aux personnes qui avaient obtenu un ticket il y a des mois. Le dernier candidat à prononcer son discours d'acceptation en dehors du lieu de la convention avait été John Kennedy en 1960.
Ceux qui avaient réussi à obtenir un ticket ont dû attendre des heures au soleil pour entendre le candidat démocrate, mais peu se sont plaints. Un grand nombre d'entre eux étaient convaincus qu'ils assistaient à un événement historique.
Par exemple, Tom et Patty Ballowe étaient venus du Nouveau-Mexique. « C'est passionnant de faire partie d'un événement historique », a dit Tom, qui avec son épouse travaillent comme bénévoles dans la campagne électorale du candidat démocrate depuis des mois. Ils considèrent tous les deux que cet événement constitue une sorte de reconnaissance pour le grand travail qu'ils ont fait jusqu'ici.
Dale Fish, de Pueblo (Colorado), a fait 160 km pour voir M. Obama. Ancien combattant de la guerre du Vietnam, il est en faveur du candidat démocrate parce qu'il ne veut pas voir d'autres jeunes mourir dans une nouvelle guerre. M. Obama lui rappelle le président Kennedy, son enthousiasme et sa capacité à frapper l'imagination, a-t-il dit.
En 1960, « tout le pays était las », mais John Kennedy et Martin Luther King ont aidé la génération de cette période à croire en ses dirigeants, a-t-il fait remarquer. À l'heure actuelle, M. Obama « nous donne de nouveaux rêves, une nouvelle direction, un nouvel enthousiasme ».