29 août 2008
L'amélioration des relations internationales est essentielle, affirme un conseiller du candidat démocrate.

Denver (Colorado) - Les chefs de file du parti démocrate et les représentants de la campagne de M. Obama soulignent l'importance que leur candidat accorde au multilatéralisme en matière de politique étrangère, et affirment que le sénateur de l'Illinois va améliorer l'image des États-Unis à l'étranger.
« Notre prestige et notre influence dans le monde ont diminué », a déclaré Joe Lockhart, ancien secrétaire de presse du gouvernement Clinton, lors d'une conférence de presse du département d'État organisée le 26 août au Centre de la presse étrangère de Washington. « Je pense que vous constaterez que la méthode du président Obama est différente. Il est d'avis que si nous sommes une puissance mondiale, nous voulons néanmoins coopérer avec les peuples. »
« Nous pensons que les autres pays sont importants, et qu'il est tout aussi capital d'écouter que d'imposer ses vues. Je pense que vous assisterez à un changement considérable et constaterez que le monde est plus ouvert à un gouvernement américain différent. »
M. Lockhart ne s'exprimait pas au nom de la campagne de M. Obama, mais ceux qui représentent le sénateur de l'Illinois ont tenu des propos semblables.
Selon Wendy Sherman, conseillère en politique étrangère auprès de M. Obama, les priorités de ce dernier dans ce domaine sont de retirer les troupes américaines d'Irak, d'augmenter les ressources consacrées à la lutte contre les talibans et Al-Qaïda en Afghanistan, renforcer la sécurité des armes nucléaires et améliorer la sécurité énergétique.
Or des alliances internationales plus solides sont essentielles pour atteindre ces objectifs. « Nous ne pouvons pas faire le travail seuls », a dit Mme Sherman lors d'une autre conférence de presse tenue le 25 août.
Résumé des vues de M. Obama en matière de politique étrangère
Mme Sherman a affirmé que M. Obama réclamait depuis longtemps le retrait des forces américaines d'Irak et le renforcement des troupes en Afghanistan. Toutefois, a-t-elle ajouté, il faut déployer un effort diplomatique pour s'assurer que les voisins de l'Irak l'aideront à maintenir sa sécurité et à stimuler son développement économique. « Un Irak puissant et doté d'un État reposant sur des bases économiques solides est sans doute le meilleur antidote à l'ingérence de l'Iran dans ses affaires. »
M. Obama pense qu'il est essentiel de déployer des troupes américaines supplémentaires en Afghanistan et d'intensifier l'engagement de l'OTAN dans la région, a expliqué Mme Sherman. Il souhaite également augmenter l'aide au Pakistan afin d'aider ce pays à améliorer son système médical, ses infrastructures et sa sécurité. « Il y a un large éventail de mesures à prendre (…) afin de s'assurer que les talibans (…) ne prennent pas le contrôle et qu'Al-Qaïda est diminuée. »
Un gouvernement Obama ferait également très attention à l'Iran. M. Obama veut que ce pays cesse de soutenir le terrorisme et accepte Israël, mais comprend que les États-Unis doivent coopérer avec leurs alliés et engager un dialogue franc au sujet de ce pays.
Passant à la Chine, Mme Sherman a dit que ce pays était une puissance montante non seulement en Asie, mais dans le monde entier. Si la Chine et les États-Unis coopèrent dans de nombreux domaines, « le sénateur Obama n'hésitera pas, comme le font de bons amis, à exprimer directement les inquiétudes des Américains concernant les agissements de la Chine dans les domaines de la liberté et des droits de l'homme ».
Quant au conflit entre la Russie et la Géorgie, M. Obama a clairement signifié que la Russie avait complètement tort et que ses actions étaient inappropriées et allaient à l'encontre de ses intérêts en tant que membre « responsable » de la communauté internationale.
M. Obama pense que les États-Unis devraient « évaluer cette relation au jour le jour, en fonction du comportement de la Russie (…) Il ne fait aucun doute que nous devons coopérer étroitement avec la Russie sur de nombreux dossiers », notamment l'Iran et la Corée du Nord, ainsi que la sécurité des armes nucléaires. Les États-Unis vont donc continuer de coopérer avec la Russie chaque fois que c'est dans leur intérêt. « Mais même dans ce contexte, le sénateur Obama a très clairement déclaré qu'il fallait évaluer cette relation. »
Sur le continent américain, la priorité du gouvernement Obama sera de lutter contre le crime organisé, ce qui est « crucial non seulement pour stopper les conflits résultant du trafic de stupéfiants, mais aussi les guerres civiles ».
Questions commerciales
Même si M. Obama a critiqué l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) durant sa campagne pour la nomination, « les démocrates sont pour le commerce ; ils sont pour un commerce équitable ».
« Il ne fait aucun doute que dans une économie mondialisée, tout le monde n'a pas bénéficié du libre-échange. » M. Obama veut faire en sorte que le fossé entre les riches et les pauvres diminue, et créer un cadre qui permettra à tous de bénéficier des échanges. « Les démocrates croient à l'équité des règles du jeu de façon à ce que tous les peuples puissent faire l'expérience de la prospérité. »
Par ailleurs, M. Obama est favorable à l'aide au continent africain, et tout particulièrement à ses démocraties naissantes. Il évoque souvent l'importance du commerce avec l'Afrique et du soutien à ce continent.
Mme Sherman a également prédit qu'un président Obama ferait sans doute de nombreux déplacements à l'étranger, signe de l'importance que son gouvernement accorderait à la politique étrangère.