26 août 2008
La Russie et les armes nucléaires restent les deux grands sujets pour MM. McCain et Obama.
Washington - Bien que les deux principaux candidats à la présidence des États-Unis, MM. John McCain (républicain) et Barack Obama (démocrate), aient des points de vue différents sur certaines questions de sécurité nationale telles que la guerre en Irak, leurs positions relatives à l'Europe sont très peu différentes et à peu près conformes à la politique européenne traditionnelle des États-Unis.
Du fait du conflit russo-géorgien qui a éclaté le 7 août, les relations avec la Russie occupent de nouveau une place importante dans la politique étrangère américaine. Ce regain d'attention se traduit dans les déclarations des candidats à la présidence tant au sujet du conflit qu'à propos de ce que devrait être la réaction des États-Unis et des autres États membres de l'OTAN.
Le 9 août, deux jours après le début des affrontements, M. Obama a déclaré : « Je condamne les attaques de la Russie et renouvelle mon appel en faveur d'un cessez-le-feu immédiat. Des diplomates de très haut rang des États-Unis, de l'Union européenne et de l'ONU doivent jouer un rôle direct en vue d'arbitrer ce conflit armé et d'entamer un processus destiné à résoudre les différends politiques relatifs aux territoires de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. »
Deux jours plus tard, il a indiqué qu'il convenait de réexaminer les accords bilatéraux et multilatéraux avec la Russie ainsi que la demande d'adhésion de cette dernière à l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
« Nous voulons, a-t-il dit, que la Russie joue le rôle qui lui revient en tant que grande nation, mais ce rôle s'accompagne de l'obligation d'agir en tant que force favorable au progrès en ce nouveau siècle et non pas au retour des conflits du passé. »
Pour sa part, M. McCain, qui s'est rendu en Géorgie à plusieurs reprises, a condamné avec encore plus de vigueur l'action de la Russie. Il a déclaré le 11 août que les implications de cette action allaient au-delà de l'atteinte à l'intégrité territoriale d'une Géorgie démocratique et à son indépendance. « La Russie, a-t-il dit, se sert de la violence contre la Géorgie, en partie pour dissuader d'autres pays voisins tels que l'Ukraine de choisir de s'associer avec l'Occident et d'adhérer aux principes politiques et économiques occidentaux. »
Le président de la Russie, M. Dimitri Medvedev, et le premier ministre russe, M. Vladimir Poutine, « doivent comprendre les graves conséquences négatives durables que l'action de leur gouvernement aura sur les relations de leur pays avec les États-Unis et l'Europe ». Le 13 août, il a ajouté que les États-Unis et leurs partenaires au sein de l'OTAN devaient se demander s'il était bon que la Russie continue à faire partie du groupe des Huit (G8) et s'il convenait de satisfaire ses aspirations en ce qui concerne son adhésion à l'OMC.
Aussi bien M. McCain que M. Obama se sont prononcés en faveur de l'adoption par l'OTAN d'un plan d'action en vue de l'adhésion de la Géorgie à cette organisation. M. McCain est aussi favorable à une éventuelle adhésion de l'Ukraine à l'OTAN.
La défense antimissile
Les deux candidats ont des opinions divergentes en ce qui concerne le degré de préparation que les États-Unis devraient atteindre pour la défense contre les missiles de théâtre en Europe, question qui est devenue d'actualité à la suite de conclusion le 20 août d'un accord entre les États-Unis et la Pologne autorisant la création sur le sol polonais d'une base des États-Unis équipée de dix intercepteurs de missiles. Les États-Unis ont aussi conclu, le 8 juillet, un accord avec la République tchèque qui autorise l'installation dans ce dernier pays d'un radar de défense antimissile. Ces deux accords doivent être ratifiés par le Parlement de chacun de ces deux pays avant de pouvoir entrer en vigueur.
M. McCain est très en faveur de cette défense antimissile qu'il considère comme nécessaire pour se protéger contre le lancement de missiles par des pays tels que l'Iran. M. Obama a déclaré que les États-Unis devaient envisager la possibilité de mettre en place des systèmes de défense antimissile en Europe, mais ils ne devraient le faire que si ces systèmes se fondaient sur une technologie qui fonctionnait bien.
Les deux candidats reconnaissent que le conflit en Géorgie, l'expansion de l'OTAN et la défense antimissile sont des questions sur lesquelles les États-Unis et la Russie diffèrent fortement, mais ils les considèrent aussi comme des domaines de coopération et d'intérêt commun entre les deux pays, en particulier en ce qui concerne la réduction des armes nucléaires et éventuellement leur suppression.
Le contrôle des armements
MM. McCain et Obama ont le même objectif au sujet des armes nucléaires, à savoir un monde sans armes nucléaires, mais tous les deux estiment que les États-Unis doivent conserver de grands moyens de dissuasion tant que ces armes existent.
M. Obama a indiqué que, pour atteindre cet objectif, il mettrait fin à la mise au point de nouvelles armes nucléaires, chercherait à réduire considérablement les stocks américains et russes d'armes nucléaires et de vecteurs et œuvrerait de concert avec la Russie afin que les missiles balistiques des deux pays ne soient plus en état d'alerte.
Pour sa part, M. McCain s'est dit prêt à conclure un nouvel accord avec la Russie en vue de réduire les armes nucléaires et à envisager avec elle les moyens de réduire ou de supprimer les armes nucléaires tactiques en Europe. Il a également préconisé que les États-Unis et la Russie redoublent leurs efforts communs en vue de diminuer le risque que les armes de destruction massive ne tombent entre les mains de terroristes ou d'États hostiles.