25 août 2008
Il a à son actif une longue expérience au Sénat en matière d'affaires étrangères.

Washington - Le candidat démocrate présumé à l'élection présidentielle, M. Barack Obama, a désigné le sénateur du Delaware Joe Biden comme son colistier, affirmant que, mieux qu'un « bon » vice-président, il ferait un « grand » vice-président.
L'annonce de son choix constituait en soi-même une première : M. Obama a révélé l'identité de son colistier dans un texto envoyé le 23 août à 3 heures du matin à quelques milliers de correspondants. Elle a été suivie d'une apparition des deux hommes lors d'un rassemblement tenu devant quelque trente mille partisans à Springfield, la capitale de l'Illinois, Etat dont M. Obama est sénateur et d'où il a lancé sa campagne présidentielle.
« Joe Biden est une espèce rare : pendant trente ans, il a apporté des changements à Washington, pourtant Washington ne l'a pas changé », a souligné M. Obama.
« Expert en politique étrangère, il a le cœur et l'âme solidement ancrés dans la classe moyenne. Il a tenu tête à des dictateurs et a défendu la cause de nos agents de police et de nos pompiers. Il est singulièrement bien placé pour devenir mon partenaire alors que nous chercherons à remettre notre pays sur le bon chemin. »
Agé de soixante-cinq ans, M. Biden représente son petit Etat de la côte atlantique depuis trente-six ans. Connu surtout pour son expérience en relations extérieures et en sécurité nationale, il préside actuellement la commission sénatoriale des relations étrangères, qui joue un puissant rôle dans l'élaboration de la politique extérieure des États-Unis. Il s'est rendu dans de nombreux pays, et tout récemment en Géorgie, où il a été reçu par le président.

Joe Biden a brigué lui-même la présidence en 1988 et de nouveau en 2008, lorsqu'il s'est retiré de la course après un résultat décevant dans les caucus de l'Iowa. Les politologues le considéraient comme « vice-présidentiable » du fait notamment que, fort de sa spécialité en affaires étrangères, il pourrait en tant que colistier rassurer certains électeurs qui craignent que M. Obama n'ait pas l'expérience nécessaire pour aborder des dossiers internationaux délicats.
Une décision personnelle et stratégique
Un candidat à la présidence cherche souvent à recruter un colistier appartenant à un Etat dit « charnière », dont le public, jusque-là indécis, pencherait alors en sa faveur puisqu'il souhaiterait que soit élu un enfant du pays. Or, le Delaware est un Etat résolument démocrate dont les troix voix de grands électeurs n'apporteraient pas un nouvel avantage important à M. Obama. Néanmoins, l'état-major du camp démocrate espère sans doute que l'influence de M. Biden s'étendra au grand Etat charnière de Pennsylvanie, où Joe Biden est né. De plus, M. Biden est catholique et les catholiques sont souvent des électeurs « charnière », c'est-à-dire capables de basculer dans l'un ou l'autre camp.
Dans son premier discours en tant que colistier présumé, M. Biden s'est dit honoré d'être aux côtés de M. Obama pour parcourir cette « longue route ». Il a centré son propos sur une critique des positions de son collègue républicain au Sénat, le candidat républicain présumé John McCain, mais il n'a pas omis de souligner le thème central de la campagne démocrate, axé sur le « changement ».
« Je n'ai jamais, de toute ma vie, vu Washington aussi brisé qu'il ne l'est aujourd'hui... Notre situation appelle à un changement total de la vision du monde professée par Washington. Elle exige plus qu'un vaillant soldat. Elle exige un chef réfléchi, un chef... capable d'agir en faveur de ce changement dont nous avons besoin », a affirmé M. Biden.
Ce dernier a fait l'éloge de M. Obama, disant qu'il avait appris à le connaître lors des élections primaires, alors qu'ils étaient adversaires durant la course à l'investiture.
« Personne ne sait mieux que moi qu'une campagne présidentielle est un parcours du combattant, où les attaques et les défis fusent chaque jour. Depuis dix-huit mois, j'ai vu Barack Obama triompher de ces difficultés avec habileté, avec intelligence et avec cran. »