11 avril 2008
Le pouvoir du Congrès de légiférer confère à ces élections une importance capitale.
(L'article ci-après est extrait de la publication du département d'État intitulée : Les élections en bref.)
L'élection des membres du Congrès des États-Unis peut être aussi disputée et importante que l'élection présidentielle. Et cela tient au rôle central que joue le Congrès dans l'élaboration des lois.
À la différence du régime parlementaire où le chef de l'exécutif est issu du parlement, le système américain sépare le corps législatif de la présidence. Le président et les parlementaires sont élus séparément. Un président en exercice peut soumettre des lois au Congrès, mais elles doivent être rédigées par ses alliés siégeant au sein de cette institution et adoptées avant d'être transmises au président pour signature. La Chambre et le Sénat sont légalement et politiquement indépendants de la volonté du président.
Au Congrès des États-Unis, la discipline de parti obéit à des règles moins strictes que dans les régimes parlementaires. Il est relativement simple pour un membre du Congrès de voter des orientations comme il lui semble bon et notamment ce qui lui paraît le mieux servir ses intérêts en vue de sa réélection. Il en résulte que les chefs de file au Congrès doivent constituer des coalitions au coup par coup pour l'emporter plutôt que de compter sur le soutien automatique de partis fortement disciplinés. De ce fait, chaque victoire législative au Congrès se conquiert de haute lutte. Ainsi, les élections législatives revêtent une grande importance pour la nation, car le Congrès est une institution puissante et difficilement prévisible, constat qui vaut pour les membres du Congrès pris individuellement.
Les différences entre la Chambre et le Sénat
La Chambre et le Sénat disposent de pouvoirs quasiment identiques, mais leurs modes d'élection diffèrent totalement. L'intention des fondateurs de la république américaine était d'assurer la proximité des membres de la Chambre des représentants avec le public, afin d'en refléter les souhaits et les ambitions. Par conséquent, les Fondateurs ont conçu une Chambre relativement vaste de façon à y accueillir un grand nombre de représentants de petites circonscriptions électorales, et ont prévu des scrutins fréquents (tous les deux ans). À l'origine, un mandat de deux ans paraissait trop long à certains. À l'époque des transports à cheval, un mandat d'une telle durée à Washington pouvait tenir un membre du Congrès à l'écart de ses électeurs pendant toute la législature. Aujourd'hui, le problème se pose différemment : un scrutin bisannuel oblige les membres du Congrès à se rendre dans leur circonscription tous les week-ends pour conforter leur soutien politique.
Chaque siège à la Chambre représente une seule circonscription et, comme cela vient d'être mentionné, chaque membre est élu au scrutin uninominal à un tour selon la règle de la majorité relative. Chacun des 50 États est assuré de détenir au moins un siège à la Chambre, auquel d'autres viennent s'ajouter au prorata de la population. L'Alaska, par exemple, dont la population est très faible, ne dispose que d'un siège. La Californie, l'État le plus peuplé, en détient 53. Après chaque recensement décennal, le nombre des sièges attribués à chaque État est recalculé pour prendre en compte l'évolution démographique au cours des dix années écoulées ; les assemblées des États redessinent alors les contours des circonscriptions parlementaires à l'intérieur de chaque État afin de refléter les changements en nombre de sièges attribués à cet État ou les mouvements de population au sein de l'État.
Le Sénat fut conçu pour que ses membres représentent de vastes circonscriptions - l'État dans sa totalité - et pour assurer l'égale représentation de chaque État au sein de cette institution, quelle que soit sa population. Ainsi, les petits États ont le même poids (deux sénateurs) au sein du Sénat que les grands États.
À l'origine, les sénateurs étaient désignés par les assemblées législatives des États. Il fallut attendre l'adoption en 1913 du Dix-septième Amendement à la Constitution pour que les sénateurs soient directement élus par les citoyens de l'État. Chaque État dispose de deux sénateurs élus pour un mandat de six ans, et le Sénat est renouvelable par tiers tous les deux ans. Un sénateur est élu à la majorité relative par les électeurs de l'État.
La fidélité à un parti ou à une personne
Dans le passé, les élections législatives étaient « axées sur les partis », car de nombreux électeurs étaient traditionnellement attachés à l'un ou l'autre des deux partis politiques et votaient généralement en conséquence. La personnalité ou l'action individuelle n'avaient guère d'influence sur le soutien ou la désaffection de l'électorat. Au cours des dernières décennies, la personnalité et les opinions des candidats se sont imposées dans le débat électoral, ce qui a eu pour effet d'atténuer quelque peu l'importance de la fidélité à un parti.
Certes, depuis les années 1960, les élections nationales accordent un intérêt accru au candidat. Le développement des médias et de l'Internet, l'importance de pratiques agressives de collecte de fonds, l'omniprésence des sondages d'opinion et d'autres aspects des méthodes modernes de campagne font que l'électeur est plus attentif à la personnalité du candidat. Il en résulte que, en plus de la fidélité à un parti, les électeurs prennent plus souvent en compte les forces et les faiblesses des candidats au moment de leur choix. La généralisation au début du XXe siècle de l'enseignement public et après la Seconde Guerre mondiale de l'enseignement supérieur a eu pour effet d'accroître la confiance des électeurs dans leur capacité de jugement et de leur permettre de se démarquer des consignes du parti en matière de choix électoraux.
Dans ce nouveau contexte, les membres du Congrès sortants obtiennent d'excellents résultats et connaissent des taux de réélection largement supérieurs à 90 %. Cela s'explique en partie par une couverture médiatique souvent peu polémique des activités du Congrès, et notamment par l'attention accordée à chacun des membres par la presse locale de leur État ou de leur circonscription parlementaire. Grâce à cette exposition souvent favorable dans les médias et au contact quotidien avec les dossiers de politique publique - et avec les personnes et les groupes qui cherchent à influencer cette politique - les candidats sortants parviennent aussi généralement à collecter beaucoup plus de fonds pour financer leur campagne. Pour ces raisons et d'autres encore, les membres du Congrès qui briguent un nouveau mandat ont toutes les chances d'être réélus, quel que soit le parti auquel ils appartiennent.