16 septembre 2009

Mangala P.B. Yapa
En envoyant sa fille faire des études à l'American University de Washington DC, Mangala Yapa savait qu'il pourrait lui téléphoner sans problème depuis le Sri Lanka. Quel changement depuis l'époque où il avait lui-même étudié à l'étranger, il y a seulement trente ans ! M. Yapa est dirigeant d'une société de transit à Colombo (Sri Lanka).
La décision de ma fille Shanika de faire ses études à l'étranger me rappelle la démarche similaire que j'ai entreprise dans les années 70.
Alors âgé de 17 ans, je suis parti au Canada dans le cadre d'un programme d'échanges d'une durée de trois mois, organisé par le programme Jeunesse Canada Monde. J'avais énormément apprécié cette expérience en dépit de sa brièveté et j'avais beaucoup appris sur l'Amérique du Nord.
De retour au Sri Lanka, j'ai fait de mon mieux pour continuer mes études supérieures. À cette époque, les jeunes de mon pays ne disposaient pas des possibilités qui s'offrent à eux aujourd'hui. Ils ne pouvaient pas choisir le pays où ils feraient leurs études supérieures. Le choix qui me fut offert se résumait à la Russie. On pourrait se demander « pourquoi la Russie » ? Quoi qu'il en soit, c'était ce qui m'était proposé, avec heureusement une bourse totale. Mes parents n'auraient pas eu les moyens de m'envoyer étudier à l'étranger s'ils avaient dû payer.
C'est ainsi que j'ai fait mes études supérieures en Russie, une expérience qui m'a fait découvrir la vie sous des perspectives totalement nouvelles : c'était l'époque de la guerre froide, naturellement, et mes séjours en Amérique du Nord et en Russie m'ont permis d'appréhender le monde de manière différente et plus complète que cela n'aurait été le cas autrement. J'ai vu les deux côtés de la médaille.
J'ai beaucoup voyagé durant mon séjour en Russie. Ma fiancée et future épouse poursuivait des études et travaillait au Royaume-Unis alors que je finissais mes propres études en Russie. Elle est aujourd'hui médecin. Nous nous rencontrions au Royaume-Uni ou dans d'autres pays européens. Ces voyages et ces expériences nous ont permis de porter un regard plus ouvert sur le monde. Nous savions relativement bien ce qui s'y passait.
Un monde différent
Nous rappelant nos propres expériences, ma femme et moi-même avons encouragé Shanika lorsqu'elle nous a informés de son désir d'aller étudier à l'étranger. Nous étions heureux qu'elle aille découvrir d'autres cultures. Son départ du Sri Lanka était une décision importante pour notre famille, mais nous n'étions pas inquiets.
Le monde d'aujourd'hui est très différent de celui que nous avons connu lorsque nous étions étudiants à l'étranger. Ma famille m'a beaucoup manqué lorsque j'étais au Canada et en Russie à l'âge de Shanika. Les communications étaient très difficiles : il était quasiment impossible de téléphoner et le courrier électronique n'existait pas. Nous ne pouvions qu'écrire des lettres et le courrier prenait plusieurs semaines pour arriver. C'était très dur. Les communications sont beaucoup plus aisées aujourd'hui. On peut se téléphoner facilement. On peut même se voir par visioconférence. Ma fille peut me téléphoner ou envoyer un texto ou un courriel lorsqu'elle a besoin de moi. Les ressources sont infinies. Elle peut sauter dans un avion et rentrer très rapidement au Sri Lanka en cas d'urgence. Autrefois, il était très difficile de transférer de l'argent ou d'obtenir un billet d'avion rapidement. C'était beaucoup trop coûteux. Les obstacles étaient partout. Même lorsque les moyens de communication existaient, ils n'étaient pas accessibles à tous. Aujourd'hui, je pense que la mondialisation a véritablement révolutionné le monde. Ce progrès fantastique facilite la vie de tous.
Et il est possible que, lorsqu'elle commencera à travailler, ma fille découvre qu'un monde totalement nouveau est en train de se créer. La mondialisation et la citoyenneté mondiale sont l'avenir de notre planète. Les États-Unis sont un endroit formidable pour vivre ces évolutions : elle pourra s'y préparer et accompagner les changements à venir. Le changement est le thème phare du président Obama. Pourquoi ne pas y participer ?
Je suis donc très heureux que Shanika puisse vivre en Amérique à l'heure de ces transformations. J'ai également encouragé ma seconde fille à suivre un parcours similaire pour ses études. Dès cet automne, elle commencera des études de design et d'architecture au Pratt Institute de New York.