14 septembre 2009

Allan E. Goodman
Le fait de poursuivre ses études à l'étranger offre aux jeunes l'occasion de développer les compétences qui leur permettront de devenir des citoyens du monde efficaces et productifs. Allan Goodman est président directeur général de l'Institute of International Education, l'organisation sans but lucratif la plus importante dans le domaine des programmes d'échanges éducatifs et de formation au développement dans le monde.
L'idée selon laquelle les habitants de la planète devraient s'efforcer de se comporter en citoyens du monde a commencé à s'implanter à un degré sans précédent à travers le monde. On la retrouve partout :
• L'association Oxfam, qui lutte contre la pauvreté, affirme qu'un citoyen du monde est « conscient de la plénitude du monde et (…) respecte et chérit la diversité ».
• En 2009, la secrétaire d'État des États-Unis, Mme Hillary Rodham Clinton, a exhorté des étudiants nouvellement diplômés à devenir « les envoyés spéciaux de vos idéaux » en assumant le rôle « d'ambassadeurs-citoyens prêts à mettre leur vie personnelle et professionnelle au service de la création de partenariats mondiaux ».
• Le gouvernement chinois a inventé le slogan « Un monde, un rêve » pour les Jeux olympiques tenus à Pékin en 2008.
L'Institute of International Education (IIE) administre plus de deux cent cinquante programmes qui permettent chaque année à plus de vingt mille personnes de participer à des échanges d'ordre universitaire ou professionnel. Un bon nombre de ces programmes offrent à des étudiants étrangers l'occasion de venir étudier aux États-Unis. L'un des plus connus est le programme de bourses Fulbright, que parraine le Bureau des affaires éducatives et culturelles du département d'État. Il a pour but d'accroître la compréhension mutuelle entre le peuple des États-Unis et celui d'autres pays. Par lui, des êtres humains et des idées sont transformées.
Dans un monde en mutation constante, être un citoyen du monde exige une faculté d'adaptation continue à de nouvelles idées, à de nouvelles circonstances. C'est dire l'importance de ce processus de transformation que vivent les étudiants étrangers dans le cadre de la poursuite de leurs études aux États-Unis : il les prépare aux mutations constantes qui seront exigées au vingt et unième siècle tout au long de leur carrière. Récemment, un ancien participant au programme de bourses Fulbright, S.M. Krishna, a été nommé ministre des relations extérieures de l'Inde. La presse a salué en lui l'homme qui a aidé à faire de Bangalore la plaque-tournante technologique la plus réputée du pays et elle a aussi évoqué les études universitaires qu'il a suivies aux États-Unis pour prouver qu'il serait capable de négocier les défis diplomatiques complexes de l'Inde. La technologie et les relations étrangères revêtent aujourd'hui en Inde des aspects bien différents de ceux qui prévalaient vers la fin des années 1950 et le début des années 1960, à l'époque où M. Krishna était boursier Fulbright. Pour autant, les études qu'il a faites aux États-Unis, à savoir à l'université George Washington et à la Southern Methodist University, ont joué un rôle crucial dans la mesure où elles l'ont préparé à s'adapter aux défis du monde contemporain.
En venant aux États-Unis, vous aurez l'occasion de réévaluer vos convictions les plus fermes et de jeter un regard neuf sur le domaine d'études auquel vous vous intéressez le plus. Ce faisant, vous jouirez d'un double avantage : l'un économique, parce que vous vous doterez des techniques de communication interculturelle tant prisées par les employeurs de notre époque, et l'autre intellectuel, parce que vous parviendrez à comprendre plus à fond vos propres valeurs et à voir le monde qui vous entoure sous un angle plus vaste. L'intégration d'une composante « internationale » à un programme de cours dénote un revirement profond dans nos attentes en matière d'enseignement supérieur. Une telle démarche affecte non seulement ce que nous disons, mais aussi ce que nous choisissons de lire et de discuter, et même notre façon de penser. Elle peut aider les pays à devenir de meilleurs amis et le monde à être un lieu moins dangereux.

Dans le discours qu'il a prononcé au Caire en juin 2009, le président Barack Obama a souligné que l'éducation et l'innovation seraient la monnaie du vingt et unième siècle. Dès lors, a-t-il ajouté, « nous allons élargir les programmes d'échanges et augmenter les bourses, comme celle qui a permis à mon père de venir en Amérique ». Il estime que l'éducation et les programmes d'échanges jouent un rôle clé pour rapprocher les peuples du monde : « Et je suis convaincu que l'Amérique contient en elle la proposition vraie qu'indépendamment de notre race, de notre religion ou de notre condition sociale nous aspirons tous à la même chose - vivre dans la paix et la sécurité ; faire des études et travailler dans la dignité ; aimer notre famille, notre communauté et notre Dieu. C'est cela que nous avons en commun. C'est l'espoir de l'humanité tout entière. »
La communication au-delà des frontières
Si les étudiants étrangers sont nombreux à être conscients des avantages économiques et personnels qu'offrent des études en dehors de leur pays, beaucoup viennent aux États-Unis non pas tant pour devenir des citoyens du monde que pour acquérir une formation dans un domaine précis, par exemple celui des études commerciales ou d'ingénieur. En fait, ces deux domaines sont choisis par plus de 36 % de tous les étudiants étrangers aux États-Unis, selon le rapport « Open Doors 2008 » de l'IIE.
Ils sont peut-être plus nombreux encore à aspirer à des diplômes prestigieux, par exemple un « M.B.A. » (Master of Business Administration, maîtrise en gestion commerciale) de l'université Harvard ou un « PhD » (doctorat) de l'Institut de technologie de Californie, sans pouvoir jamais quitter leur pays pour poursuivre leur rêve. Divers obstacles, liés notamment aux coûts élevés et aux critères de sélection extrêmement rigoureux de ces programmes, peuvent décourager plus d'un de faire ses études à l'étranger. « Après tout, pourrait se dire un étudiant chinois ou indien, les techniques de l'ingénieur sont les mêmes partout, et ces dernières années les universités de mon pays ont amélioré leurs programmes. »
Mais si les ingénieurs veulent réaliser des percées en physique ou en chimie, voire dans d'autres disciplines, ils doivent opérer dans un monde sans frontières et dans lequel les pays se communiquent leurs problèmes et leurs solutions. Le CERN, par exemple, le laboratoire de physique des particules le plus grand au monde et l'une des institutions scientifiques les plus respectées au monde, est administré par vingt États membres de l'Union européenne, et beaucoup d'autres pays y envoient des scientifiques. Les compétences linguistiques, la compréhension des facteurs culturels et le respect mutuel sont obligatoires pour les équipes diversifiées de recherche qui travaillent dans ce genre d'établissements. D'un point de vue plus commercial, la fabrication d'un produit concurrentiel exige que l'on comprenne le marché mondial du produit en question et la chaîne mondiale d'approvisionnement qui rend possible sa production en série.
Certains problèmes d'ingénierie transcendent littéralement les frontières internationales. Les communications par satellite et les progrès réalisés en matière d'exploration spatiale dépassent le cadre d'un seul pays ; dans ces domaines, la collaboration d'un grand nombre de partenaires internationaux répond de plus en plus souvent à une nécessité. La consommation d'énergie provenant de combustibles fossiles change l'atmosphère qui est la nôtre à tous, indépendamment de l'endroit où ces combustibles sont consommés. Motivés par le spectre du changement climatique, trois étudiants - un Indien et deux Américains - ont participé à la conception d'une voiture à alimentation électrique et par pile solaire, au volant de laquelle ils ont ensuite fait un trajet de près de 3 400 kilomètres, de Chennai à New-Dehli. Alexis Ringwald, étudiant américain qui a pu aller en Inde pour y étudier le financement de l'énergie propre parce qu'il avait reçu une bourse Fulbright, faisait partie de l'équipe qui s'est lancée dans cette aventure, baptisée « Climate Solutions Road Tour ». Pendant leur tournée, les membres du groupe ont montré à des étudiants indiens comment intervenir dans le dossier du changement climatique.
La capacité d'accueil des étudiants étrangers
Les États-Unis comptent plus de 4.000 établissements d'enseignement supérieur homologués et qui offrent une gamme incroyable de diplômes et de programmes. Si les programmes les mieux cotés aux États-Unis figurent parmi les meilleurs au monde, c'est la diversité de l'enseignement supérieur qui fait la force du système américain ; pour autant, 60 % des étudiants étrangers qui viennent dans notre pays fréquentent seulement 156 établissements. Autrement dit, même s'il accueille déjà 22 % des étudiants étrangers qui étudient hors de leurs frontières, le système d'enseignement supérieur des États-Unis peut encore en absorber davantage.
À mon avis, les États-Unis pourraient faire mieux encore en misant sur la capacité des « community colleges », établissements qui dispensent un enseignement postsecondaire sur deux ans et qui donnent accès à l'enseignement supérieur classique. Les étudiants étrangers peuvent commencer leurs études dans ces « collèges communautaires », qui coûtent beaucoup moins cher, puis continuer leur parcours dans l'une des dizaines d'universités qui ont conclu des accords d'équivalence avec ces établissements par lesquels elles s'engagent à accepter les unités de valeurs octroyés par ces derniers. Nous notons dans notre rapport « Open Doors » qu'environ 14 % seulement des étudiants étrangers aux États-Unis passent par cette filière. Il me paraît tout à fait concevable que ce chiffre puisse passer à 40 % dans les dix années à venir si les étudiants étrangers comprennent que ces établissements leur permettront d'accéder au système d'enseignement supérieur des États-Unis, d'améliorer leur anglais, de se familiariser avec la culture américaine et de poursuivre ensuite leurs études dans l'une des nombreuses universités prestigieuses du pays.
Pour les aider à se renseigner sur cette option et sur d'autres aspects de l'enseignement supérieur aux États-Unis, le département d'État met à la disposition des étudiants étrangers une ressource à laquelle ils ont accès sans avoir à quitter leur pays. Il s'agit d'EducationUSA, un réseau mondial de plus de 450 centres d'orientation pédagogique qui fournit des renseignements fiables, détaillés, objectifs et opportuns sur les choix qui existent aux États-Unis en la matière - sans que cela ne coûte un centime aux étudiants ou à leurs parents. En outre, EducationUSA offre des conseils aux candidats qualifiés quant à la meilleure façon d'exploiter ces possibilités. Pour tout renseignement complémentaire, le lecteur est invité à consulter le site http://www.educationusa.state.gov.
Que vous ayez l'intention de faire carrière dans l'administration, les affaires, les sciences et la technologie, le milieu universitaire, les arts et la culture, ou dans plus d'un de ces domaines, la citoyenneté mondiale que vous aurez acquise par le biais de votre éducation internationale vous sera d'une grande utilité dans les années et les décennies à venir.
Les opinions exprimées dans le présent article ne reflètent pas nécessairement les vues ni les politiques du gouvernement des États-Unis.