22 janvier 2009
Les relations sociales en ligne peuvent aussi leur permettre de changer le monde.

Oakland (Californie) - Chaque matin, lorsque je lance mon explorateur d'Internet, je suis la même routine : je lis mes courriels et les gros titres de l'information, puis je consulte Facebook. Je consacre quelques minutes à prendre des nouvelles de mes amis et je me mets au travail. Dans toute l'Amérique, les jeunes d'une vingtaine d'année font la même chose à leur bureau. Qu'ils préfèrent MySpace, Facebook ou un autre site social, ils prennent tous une minute chaque jour pour saluer leurs copains. Cela s'appelle le « réseautage social », le terme consacré aux interactions et au développement de cercles sociaux en ligne.
Aujourd'hui, les jeunes Américains s'adonnent en masse à ce phénomène, utilisant leurs relations nouées en ligne pour construire leur vie, voire changer le monde réel. Les réseaux sociaux en ligne servent à tout : dénicher une petite amie, organiser des manifestations et trouver des emplois pour les pauvres.
Selon une étude réalisée par Rubicon Consulting sur la vie sociale et les communautés sur le Web, les adolescents et les jeunes d'une vingtaine d'année sont les utilisateurs les plus assidus de MySpace et Facebook, les principaux sites de réseautage social. Michael Mace, rédacteur du blogue de Rubicon, a récemment écrit que ces sites sociaux en ligne avaient un effet important sur les jeunes utilisateurs de l'Internet. « L'Internet a acquis un rôle important dans la vie sociale des surfeurs du Web », a-t-il écrit dans la conclusion de son étude.
Ce rôle consiste à maintenir les relations avec les autres réseauteurs et avec toutes les personnes qu'ils connaissent, qu'il s'agisse de membres de leur famille, d'amis ou de collègues professionnels. Les réseaux sociaux ne sont pas une simple version moderne du vieux carnet d'adresses de maman. Ces jeunes ont grandi avec le courrier électronique, les organisateurs numériques et les téléphones portables. Ils savent se connecter sur l'Internet partout où ils se trouvent, à l'aide d'un portable ou d'un iPod. Au lieu de vous demander votre carte de visite, ils se contentent de vous ajouter à la liste de leurs amis sur Facebook.
Selon Seth Porges, rédacteur adjoint de Popular Mechanics, le Web est en train de devenir plus social - et de faciliter la sociabilité - du fait de la portabilité. « Du fait de la nature mobile des appareils utilisés, la distinction entre activité sociale en ligne et dans le monde réel se fait de plus en plus ténue. »
M. Porges est en outre d'avis qu'au fur et à mesure de la migration de l'activité sociale fondée sur l'Internet de l'ordinateur de bureau à l'ordinateur portable puis aux appareils nomades, de plus en plus de gens vont adopter des programmes qui leur permettent d'utiliser le Système mondial de positionnement (GPS) à partir de leurs portables pour rester en contact avec d'autres. D'ici deux ans, estime-t-il, « diverses applications permettront aux gens de voir quels amis sont dans les parages de façon à les retrouver. Loin de se substituer aux interactions personnelles, ce phénomène va les faciliter. Au lieu de me contenter de bavarder avec un ami de chez moi, je vais pouvoir savoir s'il est en train de se balader dans le coin et aller boire un café avec lui. »
Même sans les téléphones permettant l'utilisation du GPS, les jeunes utilisateurs de l'Internet ont les moyens de faire savoir aux autres, à tout moment, exactement où ils se trouvent et ce qu'ils font. Cela s'appelle du microblogage.
M. Porges est d'avis que cette tendance « est évidente sur des services tels que Twitter, qui permettent aux utilisateurs de diffuser de courtes mises à jour sur leurs faits et gestes. Le microblogue n'est lié à aucune page Web en particulier, et des sites tels que Twitter permettent aux utilisateurs de mettre à jour leur blogue par des messages textes. Ces mises à jour sont ensuite diffusées sur les réseaux sociaux tels que Facebook. On obtient ainsi à la fois du blogage et du réseautage. Un microblogue peut se comporter comme un arbre téléphonique shooté aux stéroïdes, affirme M. Porges : lorsqu'une personne diffuse une information sur un événement quelconque, une manifestation ou une vidéo sur son réseau, cette information peut continuer de s'afficher jusqu'à ce qu'elle soit très éloignée de sa source d'origine.
Ben Rogers, responsable du projet CU Tomorrow du Filene Research Institute, a récemment rédigé un rapport sur la façon dont les caisses d'épargne se servent des réseaux sociaux en ligne pour attirer les jeunes. Pourtant, pour la plupart de ces institutions, qui sont souvent locales et de petite taille, les médias sociaux sont du chinois. Mais les choses commencent à changer. En recourant à des initiatives sociales telles que les blogues et en permettant à leurs membres de donner leur avis sur divers produits financiers, (un peu comme les clients évaluent leurs achats sur Amazon.com), ces banques montrent qu'elles sont familières avec la culture de leurs jeunes clients. Et M. Rogers d'affirmer : « Cela montre que l'institution en question a compris : le réseautage social est le moyen par lequel les jeunes adultes communiquent, et c'est par ce même moyen que les entreprises vraiment compétentes peuvent les attirer. »
Pour un jeune professionnel tel que M. Rogers, âgé de 29 ans, Twitter est un moyen rapide et satisfaisant de maintenir le contact avec des collègues, des amis et des membres de la famille. « Pour ceux d'entre nous qui bloguons, Twitter est un vecteur pratique des nouvelles informations que nous affichons en ligne. Pour celui qui travaille de la maison, c'est comme s'il était dans un bureau rempli de gens intelligents qui échangent des nouvelles et discutent souvent de politique ou d'économie. »