05 février 2009

Stephen Breyer
M. Stephen Breyer, juge à la Cour suprême des États-Unis, a pris la parole en 2005 à la cérémonie de remise de diplômes de la New School University de New York. (Extrait reproduit avec son autorisation.)
Le meilleur conseil que j'aie reçu, quand j'avais votre âge, me fut donné par un ancien doyen de ma faculté de droit, Bayless Manning. Et je vais vous le répéter. Bayless savait que, comme vous, je m'interrogeais avec inquiétude : Que vais-je faire maintenant ? Il me soulignait que, lorsque nous prenons une importante décision personnelle, nous connaissons rarement plus de dix pour cent de tout ce que nous voudrions connaître. Nous savons que nos décisions nous ouvriront certaines portes, mais ignorons souvent quelles portes elles nous fermeront. Nous sommes au supplice à l'idée de prendre une décision mais être au supplice n'aide pas toujours. Parfois, nous devons simplement choisir. Une fois notre décision prise, notre vie prend forme en fonction des choix que nous avons faits. Ces choix écrivent ensuite une histoire - c'est une métaphore que j'ai jugée utile. La vie de chaque personne est l'histoire d'une passion, avec ses moments de joie et de bonheur, de tragédie et de chagrin. Et l'histoire de chaque personne est différente de celle des autres.
Ce que nous faisons et la façon dont nous expliquons nos choix nous disent qui nous sommes. Nous ne pouvons pas échapper à la signification négative qu'un manque d'intégrité - le fait de ne pas nous montrer à la hauteur de nos propres critères concernant le bien et le mal - donnera aux histoires que nous façonnons. Je suis d'accord avec le philosophe qui a dit que l'argent peut disparaître du jour au lendemain, le pouvoir peut disparaitre, la réputation s'évaporer mais que le caractère - l'intégrité personnelle - est un roc immuable.