05 février 2009

Entretien avec Mike Rowe
Une émission de télévision quelque peu saugrenue jouit aujourd'hui aux États-Unis d'un succès inattendu et réunit un groupe de fidèles irréductibles : « Dirty Jobs » [Métiers salissants], diffusé sur la chaîne Discovery, en est à présent à sa quatrième saison et figure en tête de liste des programmes diffusés par cette chaîne aux États-Unis depuis ses débuts en 2005. Dans chaque épisode, le présentateur attitré de l'émission, Mike Rowe, se rend à un différent poste de travail, retrousse ses manches et met la main à l'ouvrage aux côtés de ceux qui pratiquent le métier en question pour gagner leur vie. Les réalisateurs recherchent volontairement les métiers très salissants et peu connus, certains dépassant parfois les limites de l'imagination des gens qui exercent des professions plus orthodoxes.
Mike Rowe avait à son actif près de 20 ans de carrière dans le domaine du spectacle et de la télévision avant de concevoir le projet « Dirty Jobs » et il a su convaincre la chaîne Discovery de l'accepter. Il s'est entretenu avec la rédactrice d' eJournal USA Charlene Porter.
Q. : Toutes les émissions ont la même intro : voulez-vous nous la réciter et nous expliquer en quoi elle reflète votre haute opinion des métiers salissants et des travaux manuels ?
Mike Rowe : « Je m'appelle Mike Rowe. Mon métier : je parcours le pays à la recherche de gens qui ne craignent pas les métiers salissants, de gens durs à l'ouvrage, hommes et femmes, qui exercent des professions grâce auxquelles nous pouvons, le reste d'entre nous, mener une vie civilisée. Préparez-vous à vous salir les mains. »
C'est là en quelque sorte la déclaration de mission du programme. Nous trouvons des gens qui exercent des métiers que la plupart d'entre nous évitent coûte que coûte. Je passe une journée d'apprentissage avec eux, en essayant de les imiter et de suivre leur cadence, ce qui donne parfois des résultats assez cocasses. L'émission doit son succès, je crois, à ces thèmes du travail auxquels nous revenons constamment, et pas simplement aux toilettes qui explosent et aux mésaventures en reproduction animale.
Q. : Il se passe beaucoup de choses dans votre émission. Vous présentez au public des métiers qui sont invisibles, inconnus même, pour les millions d'Américains qui mènent une existence bien agréable, bien propre, en milieu périurbain. Et vous mettez simultanément en évidence les aptitudes, la dignité, l'humour des gens qui exercent ces métiers. Cette dualité est-elle voulue ?
Mike Rowe : C'est un choix délibéré. L'émission a commencé en tant que segment d'une émission locale à San Francisco. J'ai pu procéder à un certain nombre d'expériences pour déterminer ce à quoi le public réagissait avant de proposer le programme à un grand réseau télévisuel. Ce que ces profils plus limités m'ont appris, c'est qu'il y a vraiment un double intérêt du public, pour le métier lui-même d'une part et d'autre part pour les gens qui le pratiquent.
Il n'y a pas de dignité dans le travail considéré isolément. La dignité vient des gens. On ne peut pas faire, sur un travail donné, une émission qui en souligne les aspects positifs sans y inclure aussi les aspects positifs des travailleurs.
Q. : Combien de métiers salissants avez-vous pratiqués depuis le début du programme ? Et pourriez-vous nous en donner des exemples ?
Mike Rowe : Je suis arrivé au numéro 200 il y a quelques mois. Nous en sommes à notre quatrième saison et quand nous avons commencé, nous avions l'intention de présenter 12 émissions, 12 métiers. Je suis arrivé à court d'idées aux environs du 50e et, depuis, nous nous tournons vers les téléspectateurs pour la programmation. La plupart des idées viennent maintenant des gens qui suivent nos émissions.
J'ai fait de tout : ramasseur d'animaux écrasés, sexeur de poussins, inséminateur de vaches, maçon, tanneur de cuir, couvreur - tous les gens qui travaillent dans le goudron chaud et l'asphalte méritent une médaille. La liste comprend toutes les professions qui vous viennent à l'esprit immédiatement et un tas d'autres auxquelles vous n'auriez jamais pensé.
Q. : Je vous ai entendu déclarer dans une émission : « Comme le disait mon grand-père, ne faites jamais confiance à quelqu'un qui a des chaussures propres ». L'a-t-il vraiment dit et quel était son métier ?
Mike Rowe : Sans mon grand-père, il n'y aurait pas d'émission « Dirty Jobs ». Il a arrêté ses études à l'âge de 12 ans, mais c'était le genre d'homme qui avait une compréhension innée des métiers et des techniques de la construction. Il a construit ma première voiture. Il a construit la maison où je suis né, sans faire de plan. Arrivé à l'âge de 50 ans, il était maître plombier, maître électricien, maçon et tailleur de pierre. Il savait, dans sa tête, comment les choses fonctionnent, du point de vue mécanique, du point de vue technique.
Je n'ai pas hérité de ce gène.
C'était un homme d'une intelligence naturelle qui avait toujours les mains sales, qui réparait toujours des choses, qui bricolait sans cesse. Mes premiers souvenirs de lui et de mon père, qui travaillait avec lui comme apprenti, sont de les voir commencer leur journée propres pour revenir à la maison sales après avoir résolu divers problèmes dans l'entretemps.
Q. : Il est clair, d'après ce que vous dites, au ton de votre voix aussi, que vous avez une grande admiration pour lui.
Mike Rowe : Oui.
Q. : Mais il y a aujourd'hui des gens qui méprisent ceux dont les chaussures sont sales. Comment cela s'explique-t-il ?
Mike Rowe : Après m'être essayé personnellement à 200 métiers, j'ai formulé quelques théories sur la question. Je ne crois pas qu'au niveau individuel personne ait jamais décidé de mépriser les travailleurs, mais en tant que société, nous avons déclaré, de multiples manières, une sorte de guerre froide contre les notions traditionnelles concernant le travail manuel. À la télévision, je l'ai remarqué la première fois dans « Lifestyles of the Rich and Famous » [Styles de vie des gens riches et célèbres], qui est la première émission à prendre le contrepied de l'éthique puritaine du travail. Aujourd'hui les ouvriers sont présentés à la télévision de manière très prévisible : les plombiers pèsent dans les 150 kg et ils ont un pantalon tombant, les livreurs sont des gens énormes et paresseux dont tout le monde se moque.
Et puis l'industrie de la publicité émet le message que nous ne sommes pas aussi heureux que nous pourrions l'être parce que nous devons travailler trop dur. Nous travaillons trop et on nous rappelle sans cesse que nous voulons faire arriver le week-end plus vite, quitter le travail un peu plus tôt et prendre notre retraite plus tôt aussi.
Les notions traditionnelles liées au travail sont prises en cible. La guerre contre le travail fait des victimes : les échanges commerciaux qui diminuent, l'infrastructure qui s'effrite, et nous en subissons tous les conséquences.
Et il y a aussi les grandes tendances nationales : les politiques qui aboutissent à la délocalisation de milliers d'emplois dans les usines américaines, l'invention de la puce électronique et d'autres outils technologiques qui remplacent la boîte à outils traditionnelle.
Q. : Vous impliquez par là le passage d'une économie fondée sur la production industrielle à une économie fondée sur l'information ?
Mike Rowe : Exactement. Et nous avons donc redéfini ce qui constitue un bon métier. Cela ne veut pas dire que les gens qui ont de la boue sur les chaussures sont considérés comme mauvais : on les a seulement marginalisés. Nous ne célébrons plus les gens comme mon grand-père. Nous ne les dénigrons pas nécessairement. Nous nous contentons de les ignorer.
Il faut mener une campagne de relations publiques en faveur du travail, du vrai labeur. C'est pourquoi je me suis créé un site web, pour attirer l'attention sur ces problèmes, un site que j'ai appelé MikeRoweWORKS ™, [http://www.mikeroweWORKS.com] et je pense le structurer un peu comme la campagne « Rock the Vote » [qui visait à encourager les Américains à voter], mais sur le thème « Back to Work ! » [Retournons au travail !]

Q. : Vous avez été acteur, chanteur, acteur de télévision, qui sont tous des métiers plutôt propres. Quand vous êtes arrivé à l'âge de décider ce que vous feriez quand vous seriez grand, est-ce que vous avez choisi consciemment un métier propre ?
Mike Rowe : J'ai choisi volontairement quand j'avais 18 ans. Mon grand-père habitait juste à côté de chez nous et il était aussi présent dans ma vie que mon père. Je n'arrivais pas à faire tout ce que mon grand-père faisait, et j'en ai eu assez d'échouer tout le temps. J'appréciais et je respectais le genre de travail qu'il faisait, mais j'ai décidé de m'en éloigner autant que je le pourrais et de trouver quelque chose qui me viendrait aussi naturellement à moi que la construction lui venait à lui.
Q. : Que voulez-vous dire par échouer ? Votre grand-père vous donnait un marteau mais vous n'arriviez pas à taper sur le clou ?
Mike Rowe : J'arrivais à enfoncer le clou, mais ce n'était pas facile. Je sais poser du placoplâtre, mais j'y mets le temps. Je me débattais constamment, je devais m'acharner pour faire ce qu'ils faisaient sans effort. J'en ai eu assez. Je ne connaissais rien aux métiers des loisirs, aux métiers du spectacle, mais je savais que je devrais me servir d'une partie de mon cerveau complètement différente. Comme l'a dit [le poète américain] Robert Frost, « Le chemin mène à un chemin » [dans « La voie ignorée »], n'est-ce-pas ? Et pratiquement du jour au lendemain, je me retrouve en costume de Viking, et je chante à l'Opéra national. Après quoi je vends des trucs au milieu de la nuit sur QVC [chaîne télévisuelle d'achats]. Et puis je produis pour American Airlines une vidéo diffusée sur tous les vols de la compagnie. Et puis je travaille avec Dick Clark, et avec Joan Rivers ; ensuite je fais des programmes de voyage en indépendant ; et enfin j'arrive à la chaîne Discovery.
L'ironie du sort, c'est qu'après 18 ans de travail en free-lance dans la télévision, je trouve finalement le succès sur une chaîne internationale qui est le principal fournisseur mondial d'émissions divertissantes autres que de fiction. Tout ce que j'ai eu à faire pour y arriver, ça a été de revenir précisément aux choses que j'avais systématiquement évitées dans ma vie adulte.
Je les évitais parce que je ne voulais pas échouer devant mon père et mon grand-père. Aujourd'hui, quelque succès que je puisse avoir s'accompagne d'un prix très spécifique à payer, et c'est que je sois disposé à échouer tous les jours, pas seulement devant eux deux, mais devant des millions de gens de 173 pays. La seule façon de rendre hommage à un excellent jardinier-paysagiste, par exemple, c'est de mettre un novice à côté de lui et de laisser les téléspectateurs les observer exécuter tous deux le même travail de base. C'est comme cela que l'émission rend hommage à ces gens. En me regardant faire le travail avec le jardinier-paysagiste, ou tout autre travailleur dont nous présentons le métier, les téléspectateurs peuvent faire des comparaisons point par point et se rendre compte que la plupart des métiers sont plus complexes qu'ils ne le paraissent.
Q. : Vous avez également dit dans votre émission que certains des gens les plus heureux que vous ayez jamais rencontrés rentrent chez eux tous les jours en sentant mauvais, parce qu'ils passent leur journée dans les eaux d'égouts et les ordures. Voulez-vous dire que parmi les travailleurs que vous rencontrez, ceux qui font des métiers salissants sont généralement plus heureux que ceux qui font des métiers plus propres ?
Mike Rowe : C'est une généralisation, mais je dirais que oui. Le bonheur n'est pas facile à définir ; c'est quelque chose de très subjectif. Mais je peux dire qu'après environ deux cents exemples, ce que je trouve chez les gens que je rencontre, c'est un équilibre. Les gens qui ont un métier salissant ont dans leur vie un équilibre que je ne vois pas chez mes amis qui sont actuaires et banquiers d'investissement. Les autres partent de chez propres, rentrent chez eux sales le soir, mais il semblerait qu'ils s'amusent davantage que nous.
J'ai un certain nombre de théories là-dessus, mais à la base, il y a une relation avec le sentiment d'avoir achevé une tâche. Il y a tant de « bons métiers » aujourd'hui qui ne procurent pas de sentiment d'accomplissement. Pour beaucoup d'employés d'administration, leur bureau, leur surface de travail, est le même à 18 heures qu'à 6 heures du matin. Comment peuvent-ils se rendre compte qu'ils ont fini leur travail ?
Les gens que je rencontre, bon, il y a un chevreuil écrasé sur la route, ils font leur travail, et il n'y a plus de chevreuil. Vous avez un fossé à creuser. Le matin, il n'y a pas de fossé ; le soir, il y en a un. Les gens qui font des travaux salissants vivent dans un monde qui les informe constamment sur ce qu'ils font. Que ce soit bien ou mal, ils savent toujours où ils en sont. C'est important.
Les ouvriers du bâtiment, le maçon tailleur de pierre qui peut vous emmener dans les rues de la ville et vous montrer les bâtiments qu'il a créés, ça représente un patrimoine qui leur est dû. Même les travaux spécialisés en usine, quand on en arrive à un niveau vraiment professionnel, sont une source de grande satisfaction. Et c'est ça précisément que nous ne représentons pas fidèlement dans notre culture actuelle. La plupart des travaux manuels sont présentés aujourd'hui comme des corvées.
Nous devrions nous garder d'établir des distinctions nettes entre propre et sale, facile et difficile. Ce ne sont pas des propriétés contraires mais différents aspects des mêmes choses. Les gens qui font un métier salissant semblent comprendre cela de manière innée et trouver un meilleur équilibre dans leur vie.
Q. : En plus des métiers salissants, vous présentez aussi des métiers dangereux. Je vous ai vu nager avec des requins, attraper des alligators, travailler suspendu à des nacelles de téléphérique en haut d'une paroi rocheuse à 3.000 mètres d'altitude. Vous pratiquez ces métiers pendant un jour et vous espérez que la chance sera de votre côté. Mais selon vous, quels sont les facteurs qui motivent les gens qui font des métiers dangereux jour après jour ?
Mike Rowe : Je vais vous raconter une anecdote. Vous venez de parler de nager avec les requins. Je travaillais ce jour-là avec Jeremiah Sullivan, l'inventeur de la combinaison anti-requins, celle que portent les plongeurs pour se mettre à l'eau quand il y a des requins qui rôdent et pour en ressortir entiers. J'étais debout dans le bateau avec Jeremiah, prêt à plonger au milieu des requins en pleine frénésie alimentaire. Je porte une combinaison anti-requins, comme les cotes de maille des chevaliers du Moyen-Âge. Je suis terrorisé, je dois le dire. Juste avant de sauter à l'eau, Jeremiah me dit, sur un ton parfaitement normal : « Dis donc, Mike, d'homme à homme, je dois être franc avec toi. »
« Oui », je lui réponds.
Et il me dit : « Ça va te faire mal. Tu ne vas pas en mourir, mais ça va te faire mal à en hurler, et ça, il faut que tu le saches. » Cela a été un moment extraordinairement sérieux, parce qu'en un instant, il m'a fait prendre conscience de la réalité et il m'a fait accepter personnellement la pleine responsabilité de mes actes.
Q. : Ça fait mal, les requins vous agressent, vous mordillent, et Jeremiah y retourne quand même, jour après jour ?
Mike Rowe : Jour après jour. Chose intéressante, dans les situations où je me suis trouvé, que vous qualifiez à juste titre de dangereuses, il y a une très faible proportion d'accidents de travail, parce que les gens qui pratiquent ces métiers sont très conscients de l'importance de la sécurité personnelle. Ils ne se permettent pas d'être négligents. Je crois que cela se produit dans les usines ou les établissements où la direction affiche des panneaux pour proclamer « la sécurité d'abord » ; cela devient une platitude, une formule vide, et c'est alors que les gens ont des accidents. Il y a une chose à ne pas perdre de vue, c'est que la sécurité personnelle est une affaire de responsabilité personnelle.
Q. : Rétrospectivement, et en considérant le cours sinueux de votre carrière, que diriez-vous à quelqu'un qui arrive à l'âge adulte et qui se demande ce qu'il pourra bien faire dans la vie ?
Mike Rowe : On emploie un terme, en littérature grecque, pour désigner un changement de fortune. On parle de péripétie. C'est le moment où le personnage se rend compte qu'il se trompait sur tout, le moment où Œdipe comprend qu'il a couché avec sa mère. Bruce Willis réalise à la fin du Sixième sens qu'en fait il est mort depuis le début du film. C'est une découverte qui constitue un coup de théâtre. Et ce que je dirais donc, à un garçon ou à une fille de 19 ans, c'est qu'il n'y a rien de mal à se rendre compte que l'on se trompait du tout au tout sur quelque chose.
J'ai eu un de ces moments il y a deux ou trois ans : je me trompais sur tout ce que je croyais savoir sur le travail. La vérité, c'était ce que j'avais vu en grandissant. Je me suis rendu compte que j'avais réagi à l'extrême en essayant de m'en éloigner autant que je le pouvais, et que par un effet du sort, par chance ou par hasard, j'y avais été ramené et que j'étais entouré de ces mêmes gens au milieu desquels j'avais grandi. J'avais passé 20 ans à éviter quelque chose qui, aujourd'hui, semble constituer ma destinée, et tout est bien qui finit bien. Tout se passe comme cela devait se passer.
Donc le conseil pratique à en tirer pour les gens qui ont 19 ans, c'est de ne pas limiter leurs options. Évitez cela. Aujourd'hui, il y a un tas de jeunes de 18, 19 ans, à qui l'on n'a pas dit qu'ils pourraient faire une carrière lucrative dans un domaine technique. Ce n'est pas le chemin sur lequel la plupart des parents souhaitent que leurs enfants s'orientent. Le chemin de l'université, le métier « idéal », les vêtements « idéaux », le style de vie souhaitable, tout ce que nous célébrons dans notre culture, tout cela laisse de côté le plombier, l'électricien, le monteur d'appareils de chauffage. Il y a des possibilités offertes dans tous ces domaines. Les rangs se sont considérablement éclaircis dans ces métiers aux États-Unis. Notre infrastructure s'effrite. Il existe de réelles possibilités si vous apprenez un métier manuel ; vous pouvez soit vous lancer en travailleur indépendant, soit trouver un emploi dans une bonne entreprise, toucher un bon salaire, élever vos enfants, être entraîneur pour leur équipe de baseball, et avoir une existence équilibrée.
Libre à vous de considérer ce genre d'existence et de dire : non, je préfère devenir cadre d'entreprise. Très bien. Tout ce que je vous suggère, c'est d'examiner toutes vos options avant de prendre ce genre de décision.
Je voudrais que mon site web, mikeroweWORKS, aide vraiment les jeunes à prendre ces décisions, en leur présentant les options possibles dans les travaux manuels spécialisés. J'ai déjà reçu des retours d'information très encourageants, pour beaucoup provenant des parents qui souhaitent trouver une source où ils peuvent, eux et leurs enfants, se renseigner sur des carrières possibles qui n'exigent pas nécessairement des études universitaires. Je voudrais que les jeunes puissent faire cela et il y a des plombiers, des électriciens et différents entrepreneurs qui disent qu'ils souhaitent avoir un endroit où ils peuvent bavarder, échanger des histoires et des expériences. À terme, je vois mikeroweWORKS comme étant un site robuste où les gens peuvent se réunir pour partager, célébrer les activités du travail manuel et éduquer.
Nager avec les requins
Dans son blogue, Mike Rowe a parlé de l'un de ses travaux les plus dangereux.
[Le programme de la journée était] de fabriquer une combinaison anti-requins en cote de mailles, c'est-à-dire en plusieurs centaines de milliers de petits anneaux de métal, qu'il faut souder à la main, et de la tester. Pour tester la combinaison, je suis parti en mer, accompagné par Jeremiah Sullivan, un fou authentique, bon teint, qui n'a peur de rien et qui devrait avoir sa propre émission de télévision. Nous avons donc, Jeremiah et moi, versé du sang et des morceaux de thon autour du bateau et dans cette immense mare rouge, nous avons été soudain entourés de dizaines de requins, en pleine frénésie, qui se sont mis à happer le poisson ; l'eau est devenue une masse de peau grise, de sang rouge et de dents blanches, en ébullition. Revêtus chacun de notre combinaison anti-requins et munis de notre matériel de plongée, nous avons sauté à l'eau, Jeremiah d'abord, moi après. Nous sommes descendus ensemble jusqu'au fond, à 15 mètres, je me suis agenouillé près de lui et il a ouvert une boîte d'appât pleine de bonitos [poisson d'une taille intermédiaire entre le maquereau et le thon, et du même genre]. Les requins adorent le bonito. En quelques instants, la meute frénétique qui s'activait à la surface est descendue à notre niveau. C'est là que nous nous sommes mis au travail, qui était de tester l'efficacité des combinaisons que nous portions. En d'autres termes, nous devions nous faire mordre par les requins. Volontairement.
Quand je dis que nous étions encerclés par des dizaines de requins affamés, je n'exagère pas. Quand je dis que nous avons été mordus, culbutés et plaqués sur le fond sablonneux à de multiples reprises, ce n'est pas une hyperbole poétique. Et quand je vous dis que j'étais terrifié et que je craignais de ne pas en sortir vivant, je ne plaisante absolument pas.
J'ai été mordu quatre ou cinq fois ; Jeremiah bien davantage. Mais nous allons bien, un peu contusionnés seulement. Test réussi pour la combinaison. Alléluia !
Mike Rowe décrit ses diverses expériences sur son blogue à http://dsc.discovery.com/fansites/dirtyjobs/dirtyjobs.html.
Les opinions exprimées dans la présente interview ne représentent pas nécessairement les vues ou la politique du gouvernement des États-Unis.