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13 avril 2009

Un programme encourage les étudiants défavorisés à exceller en chimie

Le projet SEED aide des milliers de jeunes Américains à devenir des scientifiques.

 
Cecilia Marzabadi
La chimiste Cecilia Marzabadi avec des étudiants du projet SEED dans un laboratoire de l'université Seton Hall.

Washington – Imaginez-vous avoir grandi dans une famille pauvre, allant peut-être à une école sans ressources suffisantes, avoir étudié la chimie dans le secondaire et donné quelques indications à votre professeur que vous aimeriez vous permettre de faire un rêve, celui d’avoir une carrière de scientifique même si cela ne semblait pas possible. Et puis voilà qu’on vous propose à vous - élève d’école secondaire – une bourse qui vous paie de l’argent réel afin de faire des travaux de recherche sur la formation de complexes macrocycliques de métal à métal ou de créer des dérivés de molécules bioactives pour mettre au point de nouveaux médicaments ou de former de nouveaux polymères ou encore de synthétiser des gènes recombinants.


C’est ce qui arrivera à plusieurs centaines d’élèves d’écoles secondaires cet été dans le cadre d’un programme baptisé Projet SEED (Summer Experiences for the Economically Disavantaged ou Expériences d’été pour les économiquement défavorisés).

Stephanie Chan, qui a travaillé pendant deux étés dans le cadre de ce programme à l’université du Vermont, s’était concentrée sur les liaisons chimiques entre le zirconium et le phosphore, rédigeant en collaboration avec son guide d’études un article scientifique à être publié dans une revue.

« Avant d’entamer ces travaux, j’étais seulement un peu intéressée par la chimie, mais ça a été très amusant », a dit Mlle Chan - qui poursuit maintenant des études supérieures de chimie à Darmouth College dans l’État du New Hampshire - à la revue électronique The View de l’université du Vermont. « J’avais pensé à une carrière médicale mais maintenant je ne suis plus sûre. La recherche, peut-être. »

Il y a plus de quarante ans, certains membres de la Société américaine de chimie (ACS) se sont rendus compte, que bien que les compétences scientifiques existent dans toutes les catégories de la population sans distinction de race, de couleur, de genre ou de revenu, les possibilités ne se trouvaient pas toujours au bon moment pour tous les enfants.

Le programme qu’ils ont créé a récemment obtenu le Prix NSB 2009 pour le service public du Conseil national des sciences (National Science Board ou NSB) pour « avoir promu l’intérêt dans les sciences en tant que carrière et encouragé la réussite dans les sciences, les mathématiques et les études d’ingénieur chez les élèves du secondaire qui viennent de familles défavorisées sur le plan économique ».

La plupart des projets sont suggérés par les guides d’études puis évalués par un comité de l’ACS « dans le but de s’assurer qu’ils sont enthousiasmants, significatifs et faisables par des élèves d’écoles secondaires ».

Plus de 9.000 étudiants ont participé à des activités du projet SEED depuis son lancement il y a plus de quarante ans, a indiqué sa directrice Cecilia Hernandez.

Le projet SEED est réservé aux élèves qui viennent de familles à revenus modestes ; ils font partie des minorités qui sont sous-représentées dans le domaine des sciences tels les Afro-Américains, les Amérindiens et les Hispaniques ; ils vont dans des écoles qui n’ont pas un taux élevé de réussite ; et ils seraient les premiers de leurs familles à aller à l’université.

Le projet SEED comprend trois éléments :

  • Le programme d’été I fournit aux élèves qui participent pour la première fois à SEED l’occasion de travailler sur un projet de recherche en chimie ou dans un domaine afférent sous la supervision d’un chercheur-guide.
  • Le programme d’été II offre à ceux qui ont achevé le premier programme d’été une autre bourse qui leur permet soit de continuer leurs travaux de recherche soit d’entamer un nouveau projet.
  • Les bourses SEED fournissent à ceux qui ont participé à l’un des programmes d’été jusqu’à 5.000 dollars pour les aider à s’inscrire dans une université pour faire des études de chimie ou d’ingénieur.

Les bourses d’été du projet SEED – 2.800 dollars pour 8 à 10 semaines au cours du premier été et 3.000 pour le suivant – visent à fournir à l’étudiant la somme qu’il aurait gagné en se faisant embaucher pour un emploi saisonnier ordinaire.

Plus de la moitié des participants au projet SEED disent que celui-ci les a menés à décider de poursuivre des études universitaires. Bien qu’il n’y ait pas actuellement de données au niveau national sur le pourcentage de participants au projet SEED actuellement inscrits dans des établissements d’enseignement supérieur, le programme pour l’État de la Caroline du Nord offre des données qui indiquent le succès de cette initiative : sur les 100 étudiants qui y ont participé au cours des seize dernières années, 96 % ont fait des études universitaires de deux ou quatre ans, avec 83 % d’entre eux dans les domaines des sciences et des mathématiques, 67 % en chimie, et 75 % d’entre eux ayant obtenu des bourses complètes ou partielles.

La majorité écrasante des participants au projet SEED (72 % d’entre eux) choisissent de se spécialiser dans les sciences à l’université, selon un sondage mené en 2006. Étant donné que 25 % des participants à ce projet font partie de familles dont les revenus sont inférieurs à 7.000 dollars par an et que la plupart d’entre sont les premiers de leur famille à aller à l’université, cela représente un accomplissement remarquable.

Le projet SEED peut aussi être une expérience de la vie pour les guides d’études.

« Participer à ce projet va au-delà des sciences », a affirmé Teri Gertsman, qui était devenu guide bénévole du projet SEED à l’université d’État de San Francisco « sur un coup de tête » au cours de l’été qui a précédé sa première année d’études de droit. « J’ai été tellement touchée par cette expérience que j’ai décidé tout de suite de changer de voie dans ma vie », a déclaré Mlle Gertsman au quotidien de son université. Elle a continué à faire du bénévolat en tant que guide tout en étudiant pour obtenir sa maîtrise en chimie avant que ses études doctorales ne la conduisent dans un autre État.

Certains guides bénévoles travaillent depuis plus de trente ans avec les participants au projet SEED. Certains coordinateurs locaux gèrent les réseaux de guides et de participants depuis plus de trente-cinq ans. « Ils sont attachés à ce programme », affirme Mme Hernandez. Certains anciens étudiants sont devenus guides ou coordinateurs ou font partie du comité national qui évalue tous les projets et s’assure que les étudiants remplissent les conditions du programme

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