09 mai 2008
L'Afrique, l'Inde, le Bangladesh, l'Azerbaïdjan, et Haïti ont désormais une bibliothèque numérique « eGranary ».
Washington - Depuis sept ans, l'université de l'Iowa s'efforce d'étendre les avantages de l'Internet aux régions du monde où le branchement à ce service informatique est très difficile ou très onéreux.
Dans le cadre de son projet WiderNet, cette université gère les bibliothèques numériques eGranary qui placent des informations disponibles sur l'Internet sur des serveurs internes d'universités de pays en développement où l'accès à l'Internet est difficile. Ayant son siège à l'université de l'Iowa, à Iowa City, la bibliothèque numérique eGranary met à jour au moins deux fois par an les documents qu'elle a placés sur les intranets de certains campus universitaires d'Afrique, d'Inde, du Bangladesh, d'Azerbaïdjan et d'Haïti.
C'est M. Cliff Missen, un boursier Fulbright du Nigeria qui, après avoir constaté en 1999 les difficultés qu'avaient les bibliothécaires à transmettre aux clients de leurs institutions des informations d'actualité, a eu l'idée de ces bibliothèques virtuelles. Pour parer à la difficulté, M. Missen, aujourd'hui directeur adjoint du projet WiderNet, a commencé à partager avec l'université nigériane où il enseignait des informations compilées sur des disques compacts (CD), ce qui l'a conduit au concept des bibliothèques numériques eGranary.
« Les populations des pays en développement n'ont pas besoin d'attendre pour profiter de l'Internet. Sept personnes sur huit, dans le monde, n'ont pas accès à l'Internet et les rares personnes qui l'ont dans les pays en développement le paient très cher. Avec les bibliothèques eGranary, elles peuvent avoir accès à 10 millions de documents sans avoir l'Internet », a-t-il souligné.
Ces bibliothèques particulières favorisent l'acquisition de connaissances et, a-t-il dit, « changent véritablement la façon dont les gens pensent à obtenir des informations. »
Le projet WiderNet offre aussi des conseils et une formation au personnel de ses institutions partenaires en Afrique et administre les dons de matériel et de logiciels destinés à ces institutions. Au cours des cinq dernières années, 3.600 personnes ont été formées à l'utilisation des bibliothèques eGranary.
La soif d'information
Certains, dans les pays en développement, ont une connexion Internet très limitée qui leur permet de vérifier les courriels reçus par exemple, mais dès qu'ils partagent cette connexion avec d'autres, la réponse à leur demande d'information devient extrêmement très lente. « Il leur est impossible bien sûr de télécharger des logiciels, d'écouter de la musique ou de regarder une vidéo. Ces documents sont bien trop gros pour une toute petite connexion », a expliqué M. Missen.
Par contre, les informations s'obtiennent très rapidement par le truchement des bibliothèques numériques eGranary, les utilisateurs peuvent télécharger un livre en un clin d'oeil. « Ils peuvent ouvrir un ficher vidéo de 200 méga-octets en cinq secondes (...) En outre, les bibliothécaires peuvent ajouter un point d'accès Wifi et disposer ainsi d'une bibliothèque publique Wifi gratuite », a-t-il précisé.
L'Internet dans une « boîte »
On dit souvent que la bibliothèque numérique eGranary est « l'Internet dans une boîte » car elle permet d'accéder à environ 10 millions de ressources pédagogiques provenant de plus d'un millier de sites Internet sans pour autant avoir à se brancher sur l'Internet, notamment des cours offerts par l'Institut technologique du Massachusetts (MIT), la collection complète de livres classiques dans le cadre du projet Gutenberg et le site complet de Wikipedia. Les interfaces des bibliothèques eGranary sont simplifiées afin de faciliter la recherche d'informations. Tous les fichiers, y compris 40.000 livres complets et entre 150 et 200 publications entières et les documents archivés les concernant, sont inclus avec l'autorisation de leurs auteurs ou de leurs éditeurs, autant d'informations qui seraient sûrement bien trop chères pour une bibliothèque classique d'un pays en développement.
Sous la direction du MIT, le projet relatif aux cours offerts en ligne permet à quiconque d'accéder gratuitement aux informations pédagogiques liées aux quelque 1.800 cours du MIT et d'un nombre croissant d'autres universités. Ces informations comprennent les comptes rendus des cours, la liste de livres à lire, des présentations PowerPoint, l'énoncé de problèmes et leurs solutions, des notes de conférence, des examens et parfois des vidéos de conférences.
Créé en 1971, le Projet Gutenberg permet de télécharger gratuitement deux millions de livres par mois par des personnes habitant dans une centaine de pays et ainsi d'encourager l'alphabétisme. La protection du copyright a expiré aux États-Unis pour la plupart de ces livres.
Pour plus d'informations (en anglais) concernant la bibliothèque numérique eGranary, voir le site : http://www.widernet.org/digitallibrary/